lundi 27 février 2023
The Joy and Light Bus Company de Alexander McCall Smith
jeudi 17 mars 2022
Regardez-nous danser (Le pays des autres 2) de Leïla Slimani
Un bon roman agréable à lire, plaisant et prenant ; j'avais dévoré le premier volume et me suis plongée avec régal dans ce deuxième opus d'une trilogie dont j'attends maintenant l'épilogue. Un choix de publication presque en "feuilleton", en trois tranches plutôt qu'en "pavé" pour couvrir trois périodes et changer la perspective générationnelle.
lundi 14 mars 2022
Le pays des autres de Leïla Slimani
mercredi 9 mars 2022
La belle de Jérusalem / The Beauty Queen of Jerusalem de Sarit Yishai-Levi
dimanche 27 juin 2021
La soeur disparue / The Missing Sister de Lucinda Riley
La soeur de la lune / The moon sister
Les sept soeurs / The seven sisters
dimanche 13 décembre 2020
Kaé ou les deux rivales / The Doctor's Wife de Sawako Ariyoshi
mercredi 9 septembre 2020
Les dames de Kimoto / The River Ki de Sawako Ariyoshi
Japon, fin du XIXè siècle aux années 1950
Hana a 20 ans lorsqu'elle quitte sa grand-mère Toyono qui l'a élevée, pour se marier. Après les derniers rituels au temple, elle descend la rivière Ki en grande pompe pour rejoindre la famille du mari qui a été choisi pour elle, un propriétaire terrien, l'aîné d'une famille, un bon parti. Nous sommes à la fin du XIXè siècle à une époque charnière car le Japon est entré dans l'ère Meiji en faisant le choix de la modernité et Hana, une enfant de son temps, a tout à la fois fréquenté l'école secondaire et reçu une éducation classique pour maitriser les arts ménagers et artistiques - littérature, musique, cérémonie du thé, etc. Calme, diplomate, respectueuse des traditions, Hana se met au service de sa nouvelle famille, de la carrière de son mari, moins cultivé qu'elle mais prometteur et dévoué à sa région.
mercredi 2 septembre 2020
Les cinq quartiers de la lune de Gilbert Sinoué
mercredi 26 août 2020
La bâtarde d'Istanbul / The Bastard of Istanbul de Elif Shafak
Tirés du texte :
mardi 7 juillet 2020
La cloche d'Islande / Iceland's Bell de Halldor Laxness
Après Gens Indépendants/Independent People, je me suis plongée dans cet autre "roman culte" d'Halldor Laxness, auteur islandais prix Nobel de littérature 1955, souvent présenté comme un "classique incontournable" de la culture locale.
Le livre constitue une sorte de boucle et fait porter l'emphase sur un personnage différent dans chacune des trois parties qui le constituent :
- Dans La Cloche d'Islande / Iceland's Bell, on suit d'abord le sort de Jon Hreggvidsson, paysan islandais misérable, condamné à mort pour meurtre, qui se retrouve à errer sur les routes de Hollande et du Danemark afin de quémander une audiance auprès du roi du Danemark et demander sa grâce,
- Dans La Vierge Claire / The Fair Maiden, on découvre Snaefrid, la beauté elfique qui le libéra, fille du magistrat qui le condamna, trahie par l'amour de sa vie (Arnas Arnaeus), finalement mariée contre l'avis de sa famille à un fils de famille ivrogne pathétique dilapidant son héritage et avec lequel elle entretien d'étranges rapports,
- En passant à L'Incendie de Copenhague / Fire in Copenhague, on termine enfin par Arnas Arnaeus* qui préféra se consacrer à sa quête des livres plutôt que de répondre à son amour pour Snaefrid, érudit collectionneur de manuscrits sur l'Islande qui viennent enrichir sa bibliothèque de Copenhague, la puissance danoise dominant alors l'Islande, une île exploitée sans scrupules et en laissant ses habitants vivre dans une misère crasse en situation de quasi-esclavage.
(*inspiré d'un personnage réel, Arni Magnisson).
L'écriture n'est pas toujours facile avec des formules quelques fois désuètes et, malgré des aspects tragico-comiques, l'histoire se révèle déroutante et parfois compliquée à suivre si bien que j'ai eu du mal à y entrer sans être sûre d'y être totalement parvenu.
Il ne ressort pas moins de cette lecture une impression forte marquée par un sentiment de fierté nationale alimentée par une tradition littéraire et parlementaire anciennes faisant fi de la domination continentale qui en prend pour son grade. Les personnages principaux ne sont pas particulièrement sympathiques ou lisibles / compréhensibles, leur psychologie nous échappant parfois alors qu'ils sont entourés d'individus pas toujours des plus plaisants, parfois amusants, bigots, roublards, saoulards ou incultes, bref, une galerie de portraits cocasses.
Un peu ardu mais une tranche de culture islandaise importante.
Titre français : La cloche d'Islande
Titre anglais : Iceland's Bell
Auteur : Halldor Laxness
Première édition : 1943
lundi 11 mai 2020
Gens indépendants / Independent people de Halldor Laxness
Islande, début du XXème siècle.
Pendant 18 ans, Bjartur à travaillé dur pour gagner son indépendance. Une liberté qui se concrétise par l'achat d'une terre bien à lui, une lande marécageuse "hantée" au fond d'un fjord que le régisseur local fini par lui céder en accompagnant sa vente d'un mariage rapide à une jeune servante devenue un peu trop encombrante chez le notable.
Bjartur ne croit pas aux fantômes, seulement en son indépendance alors il ne s'encombre pas de sentiments et s'installe avec sa nouvelle épouse dans une hutte de terre sur sa propriété qu'il rebaptise "Summerhouses". Désormais, il va se consacrer envers et contre tout à ses moutons, la clé de son indépendance, le coeur de son univers... tout le reste n'est que périphérique : une première épouse, une deuxième épouse et sa mère, des enfants et un monde qui change avec l'indépendance du pays, ses marchands et l'ouverture à la concurrence , les coopératives, la première guerre mondiale, l'émigration, etc.
Dans cette chronique paysanne islandaise, rien ne semble affecter cet éleveur fier qui veut ne surtout rien devoir à personne. Un homme rude, buté, exigeant, tenace, endurant qui ne veut jamais rien changer à ses habitudes et à son mode de vie quitte à laisser sa famille crever de faim. Un personnage brut à l'esprit pourtant subtilement imprégné de poésie et de sagas islandaises.
Une vie de misère dans l'isolement de paysages immuables, réglée sur le rythme des saisons avec des hivers interminables et des étés courts et intenses, imbibée de pluies incessantes et une humidité permanente qui imprègne tout. Un quotidien répétitif ne laissant aucune place au désoeuvrement ... et pourtant, au cœur de cet univers misérable qui frise le désespoir, il y a de la vie, la persévérance, un certain espoir de résilience et des sentiments qui, s'ils ne s'expriment pas n'en sont pas moins là.
Un texte épique, poétique et parfois même humoristique, qui s'étire avec "lenteur" pour révéler une Islande tout à la fois sombre et lumineuse. Un "classique" de la littérature islandaise publié en 1934 qui reste à la fois accessible et pertinent, aussi bien sur le plan historique que littéraire. Je l'ai lu lentement et apprécié durant un temps qui lui aussi s'étirait, comme une fenêtre ouverte sur une autre époque et un autre lieu.
L'auteur, Halldor Laxness, a reçu le prix Nobel de littérature en 1955 et deux de ses romans, gens indépendants et la cloche d'Islande figurent très souvent comme des "incontournables" sur les listes de découverte de la littérature islandaise.
À découvrir.
Tirés du livre :
It was no child's play having such a father, and yet she would never,
never wish for any father other than him.
The covers must not get dirty, nor the spines slit, books are the nation's most precious possession, books have preserved the nation's life through monopoly, pestilence and volcanic eruption, not to mention the tons of snow which have lain over the country's widely scattered homesteads for the major part of every one of its thousands years.
What the devil do you think you know about any bloody world? What is a world?
This is the world, the world is here, Summerhouses, my land, my farm is the world.
It is a mark of weakness to try to talk anyone over. An Independent man thinks only of himself and lets others do as they please.
The strongest man is he who stands alone. A man is born alone. A man dies alone. Then why shouldn't he live alone?
Titre anglais : Independent People
Titre français : Gens indépendants
Auteur : Halldor Laxness
Première édition : 1934
vendredi 24 janvier 2020
La frontière / The Border de Don Winslow
Alors que le mystère subsiste sur le sort d'Adan Barrera, une trève précaire est établie entre les trafiquants de drogues, un statu quo durant lequel chacun évalue ses chances de prendre le dessus au cas où le baron ne réapparaitrait pas. Pour la population, "Adan vive" : l'homme "vit" tellement qu'il en est sanctifié ; pour "los hijos"-la nouvelle génération des "fils de narcotrafiquants"- le vent de la relève commence à souffler et les affaires n'ont jamais été aussi bonnes. Et puis la drogue n'étant finalement qu'un business, il faut sans cesse innover pour garder ses parts de marché avec l'introduction du fentanyl, de l'héroïne pas chère, produite chimiquement, à l'origine d'une véritable "épidémie d'overdoses".
Dans ce contexte, Art Keller accepte de reprendre du service à la direction de la DEA (Drug Enforcement Agency) avec l'espoir de véritablement impacter la guerre contre la drogue même si ce n'est pas évident dans le contexte très politique de Washington : son objectif est de démonter toute la filière, jusqu'à l'argent sale et le blanchiment qui en est fait dans les plus hautes sphères des milieux financiers, des affaires et du pouvoir. Il va devoir avancer dans l'ombre en s'associant secrètement avec deux policiers de New York.
Ce roman s'inspire encore une fois librement d'une foultitude d'éléments piochés dans l'actualité avec des transpositions parfois un peu osées qui permettent de comprendre les avis très divisés portés sur ce livre par les lecteurs outre Atlantique, notamment au regard des deux personnages de Dennisson- candidat originaire de New York, puis nouveau président qui veut construire un mur et est un forcené de twitter- et de Jason Lerner, son gendre (Dans le livre, la question de l'enquête sur les intérêts Russes est remplacée par une association aux cartels de la drogue... évidemment, ça peut déranger une opinion publique très divisée même s'il ne faut pas perdre de vue que tout cela n'est qu'une fiction).
La trame de ce dernier volet est encore plus ambitieuse que les deux volumes précédents mais du coup, elle se disperse beaucoup plus, que ce soit géographiquement--le Mexique, les États-Unis, d'autres pays d'Amérique du Sud- ou qu'il s'agisse de la narration, des personnages et des sujets traités- la guerre des cartels au Mexique, la question des gangs et des Migrants, celle des consommateurs / junkies, les aspects politiques et financiers, le système carcéral américain, le traitement judiciaire du problème de la drogue, les clivages raciaux, etc.
Pour s'y retrouver, l'auteur fait pas mal de retours en arrière et de résumés des tomes précédents, pas inutiles si on a laissé passer un peu de temps entre deux livres ou si on ne les a pas lu mais un peu redondants si on les enchaine.
On suit les personnages récurrents, Marisol, Anna, Eddie Ruiz, Caro, etc ; certains ont grandi et deviennent acteurs (Los "hijos" mais aussi Hugo Hidalgo, le fils d'Ernie, l'adjoint d'Art Keller torturé et exécuté par les trafiquants dans le premier tome) ; on en retrouve d'autres avec plaisir, Nora et Sean Callan disparus à la fin du premier tome et on en découvre de nouveaux, Jaquie la junkie, Mullen et Cirello les policiers New-Yorkais, Nico et Flor les petits Migrants guatemaltèques qui s'embarquent sur "la Bestia", etc.
Un "pavé" édifiant sur ce problème complexe de drogue dont on ne voit finalement pas trop l'issue même si l'auteur offre ses pistes, très politiques, en soulèvant surtout de vraies questions de société. (Avec au passage un autre effet clivant auprès d'une partie du lectorat américains en désaccord avec les positions jugées politiquement trop "gauchisantes" du personnage d'Art Keller... On n'est pas obligé d'être d'accord ! ).
En bonus en postface, Don Winslow donne quelques éléments sur cette saga, ce qui l'a amené à vivre et à faire vivre son personnage de Art Keller pendant plus de vingt ans, l'addiction " qui l'a saisi pour ce qui ne devait être qu'un simple sujet de livre : à l'exception de sa femme et de son fils, il explique avoir" passé plus de temps avec Art Keller qu'avec n'importe quel véritable être humain" et précise que la trilogie est "l'œuvre de sa vie". Il indique encore "Je suis d'abord entré dans ce monde comme simple touriste, pour une simple visite, et il m'a fallu 6 ans pour écrire La Griffe du Chien. Plus j'en apprenais, plus j'étais en colère ; et plus je creusais, plus je voulais raconter cette histoire de la guerre américaine contre les drogues et l'impact réel qu'elle a sur la vie des gens."
Un objectif ambitieux et pour ma part réussi car cette trilogie m'a non seulement passionné, elle a aussi aiguisé ma curiosité que j'essaye d'assouvir par des recherches complémentaires, articles de presse, reportages et autres informations qui ne manquent pas. Le contexte européen n'est sans doute pas tout à fait le même mais la menace est bien réelle, nécessitant une vraie réflexion sur les politiques à adopter en termes de santé publique, sur le plan judiciaire, la légalisation ou pas de certaines drogues, les salles de shoot, etc.
Une trilogie en coup de massue, brillantissime.
Tirés du texte :
When it was black and Porto Ricans, it wasn't an illness, it was a crime.
The war on drugs is big business.
The war on drugs has become a self-sustaining economic machine. Towns that once competed for factories now vie to build prisons. In " prison privatisation" - one of the ugliest combination of words I can imagine - we have capitalised corrections; corporations now make profits keeping human beings behind bars. Courts, lawyers, police, prisons - we are now addicted to the war on drugs.
La griffe du chien / Power of the dog (tome 1)
Cartel / The Cartel (tome 2)
Titre original : The border
Titre français : La frontière
Série The Power of the dog (3) / La griffe du chien (3)
Auteur : Don Winslow
Première édition : 2019
lundi 16 décembre 2019
Cartel / The cartel de Don Winslow
2004-2012, Mexique.
Après la Griffe du chien/The Power of the dog, nous retrouvons Art Keller cherchant la sérénité dans un monastère et Adan Barrera servant son temps dans une prison américaine. À la mort de sa fille chérie, le trafiquant obtient son extradition vers une prison fédérale mexicaine en "échange" de quelques informations choisies sur ses rivaux, désormais bien décidé à reprendre le contrôle de son empire. Le jeu du chat et de la souris peut reprendre entre les deux ennemis jurés alors que de nouveaux protagonistes (Les Zetas, les frères Tapia, Magda, Crazy Eddie Ruiz, Chuy, Pablo, etc), font leur apparition en apportant dans leur sillage une vague de violence sans précédent, dépassant l'imaginable, n'épargnant rien, ni personne. Le trafic de drogue n'est plus que le rouage presque anecdotique d'une machine infernale et totalement folle entraînant dans son mécanisme chantage, extorsions, kidnappings, prostitution, meurtres, tortures, viols, terreur, etc.: seul un pacte avec le diable pourra peut-être arrêter son emballement.
Le deuxiėme tome de cette trilogie de la griffe du chien nous emporte dans un rythme encore plus endiablé que le premier volume qui paraîtrait presque fade à la lecture de ce nouvel opus. Certaines scènes sont d'une violence tellement insoutenable et incroyable que je me suis parfois interrogée sur l'imagination de l'auteur et la "vérité" de certains épisodes. Quelques recherches rapides montrent qu'elles ne sont malheureusement souvent que le reflet de la réalité, la reprise de faits débordants sur le quotidien de "civils" mexicains innocents, les plus pauvres, les plus démunis, des victimes collatérales au service des intérêts de l'argent et du pouvoir. Ainsi, et pour ne donner que quelques exemples, ont véritablement existés :
- les redoutables "Zetas" (anciens des troupes d'élite reconvertis dans les trafics en tous genres),
- la guerre sanguinaire des gangs pour le contrôle de Juarez,
- l'attentat du casino Royale de Monterrey et ses 53 morts,
- ou encore le blog dénonçant les atrocités des narcotrafiquants ("Blog del Narco" dans la réalité).
Certains éléments historiques mis en scène dans le livre, comme l'élection présidentielle de Calderon sont également facilement vérifiables : un président issu d'un scrutin controversé qui a amené la population à manifester et à demander un recomptage des voix.
L'auteur a donc su composer avec la réalité pour nous livrer ce thriller d'une intensité rare, une véritable plongée dans l'univers absolu du mal. Il nous donne quelques indications sur ses sources dans ses remerciements et dédie ce "roman" aux journalistes assassinés pour avoir voulu dénoncer les crimes liés à cette guerre des gangs sans merci : trois pages non exhaustives de noms, un hommage bien troublant... Et un livre tout aussi troublant au regard d'une certaine actualité, sueurs froides garanties.
Extraits du texte :
Voir aussi :
La griffe du chien / The Power of the Dog
Titre original : The Cartel
Titre français : Cartel
Deuxième volume de la trilogie "La griffe du chien"
Auteur : Don Winslow
Première édition : 2015
vendredi 6 décembre 2019
D'ailleurs les poissons n'ont pas de pieds de Jon Kalman Stefansson
Après dix ans d'un exil choisi, au Danemark, Ari rentre en Islande avec une lettre de sa belle mère et un diplôme et une vieille photo envoyés par son père malade. Nous voilà plongés dans son histoire, ses souvenirs, sa mère morte alors qu'il était tout jeune, son père avec lequel il n' arrive pas à communiquer, une famille -sa femme et ses trois enfants- qu'il a quitté sur un coup de tête, dépassé par un mouvement de colère et d'humeur un matin au petit déjeuner.
Le roman "saute" d'une époque à une autre, comme des pensées, sans chercher à les relier (les périodes du retour, de l'adolescence et celle plus lointaine des grands parents Margret et Oddur), un récit "vécu" par Ari d'une part et "raconté" d'autre part par un narrateur très proche mais dont on n'arrive pas à établir le lien exact avec le personnage central.
Une histoire presque statique et sans véritablement d'action (Réflexion autobiographique ? Suite à venir dans un autre livre ?), nourrie de réflexions sur la vie, la mort, la société actuelle et plus ancienne, les rapports humains, la sexualité.
Une lecture parfois difficile, parfois déroutante ou frustrante parce qu'elle laisse un goût d'inachevé et l'envie d'en savoir plus : on reste sur sa faim avec l'impression de suivre un chemin dans le brouillard parsemé de petits cailloux mais en se demandant où tout cela va bien pouvoir nous mener sans jamais avoir de réponse.
L'écriture est belle et riche, pleine de digressions et magnifiquement évocatrice des réalités de l'Islande aussi bien historiques que sociales ou géographiques, différentes de la superficialité des images de cartes postales.
Un roman peu conventionnel et intrigant, efficace pour stimuler les méninges en couvrant un large spectre de sujets de réflexion liés à la condition humaine.
"Challenging"!
Extraits du texte :
Du même auteur :
Entre ciel et terre
Titre français : D'ailleurs, les poissons n'ont pas de pieds
Titre anglais : Fish have no feet
Auteur : Jon Kalman Stefansson
Première édition : 2013
lundi 11 novembre 2019
La soeur du soleil / The sun sister de Lucinda Riley
Sixième et avant dernier volet de la saga des sept soeurs qui commence presque comme les autres et se termine en annonçant le suivant...
Cette fois, nous voici partis à la découverte du destin d'Électra, la plus jeune des sœurs d'Aplièse, toutes adoptées aux quatre coins de la planète par Pa, leur père charismatique et énigmatique, dont le décès marque le point de départ de chacune des histoires. Pour ce qui est d'Électra, jeune femme sculpturale et top modèle de renommée internationale, ce décès reste un moment de confusion lié à l'abus de substances, alcool et drogues ; elle porte encore le poids de la déception qu'elle pense avoir causé à son père et beaucoup de colère qu'elle va devoir apprendre à comprendre et à contrôler.
Dans ce roman ambitieux, l'auteur nous promène dans l'univers d'Électra, l'argent qui coule à flôt, l'hyper médiatisation, l'abus des substances et les centres/ traitements pour s'en détacher. La jeune femme est à la croisée des chemins et doit réagir pour éviter de se perdre, axée sur elle-même. L'histoire de ses origines lui sera rapportée par sa grand-mère qui la retrouve et elle nous fera voyager dans le temps, entre États-Unis et Kenya, des milieux nantis new-yorkais d'avant-guerre aux luttes afro-américaines des droits civiques des années soixante, en passant par le Kenya colonial et l'évocation des tribus Masaï. Il est aussi question de ségrégation, de racisme, de drogue, de SIDA...
Alors même si l'écriture reste comme toujours très agréable et pleine de bons sentiments, à vouloir couvrir autant de sujets en même temps, je trouve que l'auteur en perd en efficacité si bien que j'ai été moins emportée par ce volet que par les précédents. Je reste toutefois fidèle à la série dont j'attends bien sûr le dénouement, rendez-vous en 2020 ! ...2021 ?
Du même auteur, voir aussi :
La soeur de la lune / The moon sister
Les sept soeurs / The seven sisters
Mise à jour 22/2/2021
Tome 6 de la saga de sept soeurs
Auteur : Lucinda Riley
Première édition : 2019
samedi 9 novembre 2019
Le gang des rêves de Luca di Fulvio
Malgré les précautions prises par sa mère pour la protéger, la jolie Cetta Luminata est violée dans un champ de la campagne italienne et se retrouve mère d'un petit garçon qu'elle prénomme Natale. Mais Cetta a de la volonté et pour échapper à une vie de quasi esclavage, sans issue, la jeune fille décide de s'enfuir et de tenter sa chance en Amérique en payant de sa personne le prix de la traversée.
À son arrivée à Ellis Island, le bébé est enregistré sous le nom anglicisé de "Christmas", un petit blond "au nom de nègre" auquel Cetta n'aura de cesse de donner un meilleur avenir, celui d'un "Américain". À la fois résignée, pragmatique et volontaire, Cetta se retrouve placée sous la protection de Sal qui la fait travailler chaque nuit comme prostituée dans un bordel avant de la reconduire chaque jour dans son quartier auprès de son fils.
C'est ainsi que Christmas grandit, dans la pauvreté, auprès des immigrants italiens de l'East side New Yorkais et d'une mère attentive, se rêvant caïd et chef de bande à l'adolescence.
Une nuit, il ramasse dans la rue une jeune fille ensanglantée qu'il porte jusqu'à l'hôpital, c'est Ruth : la jeune fille juive de bonne famille vient de vivre un calvaire, battue, violée et mutilée par Bill, le jardinier qui a pris la fuite... Mais pour Christmas, les yeux verts de Ruth ouvrent son cœur à un amour inconditionnel.
Ainsi commence cette fresque qui nous plonge dans la frénésie de l'Amérique des années 1920, portée par le rêve américain et le bagou irrésistible de Christmas. C'est l'époque de la prohibition, des gangsters, des quartiers grouillants où se retrouve parqués les immigrants à New York, de la radio, du cinéma qui devient parlant ...
On retrouve certains ressorts utilisés dans les enfants de Venise (ou inversement) : l'amour de deux adolescents d'origines différentes, une séparation et la promesse de se retrouver, l'éducation sentimentale. Les personnages "secondaires" sont plus truculents les uns que les autres, remarquablement travaillés par l'auteur qui a su leur donner une vraie substance : outre les deux héros, j'ai aimé la détermination et la dignité de Cetta et adoré le côté macho-bourru de son protecteur, Sal, j'ai aussi aimé le grand-père de Ruth, les copains de Christmas... On arrive à s'attacher à certains personnages plus faibles et même les "méchants" ont du relief...
L'ensemble est super rythmé, drôle, enlevé comme un film, avec parfois des impressions de "Il était une fois en Amérique", entre tragédie et comédie.
Un "pavé" dont on tourne les pages en regrettant d'arriver à la dernière tant les personnages restent avec nous... bref, l'assurance d'une belle évasion romanesque.
❤️❤️❤️
Du même auteur, voir aussi :
Les enfants de Venise
Titre : le gang des rêves
Auteur : Luca Di Fulvio
Première édition : 2016
jeudi 17 octobre 2019
Once a midwife de Patricia Hartman
La narration revient de nouveau à Patience car le rythme des naissances continue à faire battte le coeur de cette saga. Je ne m'en lasse pas car ces mises au monde sont des moments intimistes forts, presque toujours synonymes de "délivrance" (un mot qui prend véritablement sens), de joie ou d'espoir.
On retrouve les personnages des deux premiers tomes comme de vieux amis pour lesquels on vient aux nouvelles, content de savoir où ils en sont et par où le destin les a mené : c'est par exemple le cas avec Bitsy, l'assistante noire de Patience qui avait disparu à la fin du premier tome et qui nous revient dans ce troisième volet.
Et puis il ne faut pas oublier le contexte de l'époque que l'auteur sait si bien faire vivre, cette Amérique qui renait après dix ans de crise, portée par l'enthousiasme d'une nouvelle génération qui s'engage et part se battre la fleur au fusil, bien trop sûre d'elle.
La naissance et la mort, la vie et l'Histoire ramenée au quotidien d'une communauté ordinaire, voilà les clés de cette saga très réussie.
Voir aussi :
La sage-femme des Appalaches / The Midwife of Hope River (tome 1)
The Reluctant Midwife (tome 2)
Titre original : Once a Midwife
Pas encore de traduction française.
Troisième tome de la saga de la sage-femme des Appalaches
Auteur : Patricia Hartman
Première édition : 2018
mercredi 16 octobre 2019
The Reluctant Midwife de Patricia Harman
Alors que l'Amérique est dévastée par la Grande Dépression, nous retrouvons notre petite ville rurale frappée par le marasme, où chacun essaye de survivre au jour le jour mais où la vie suit aussi son cours avec de nouvelles naissances à accompagner. Parience, désormais mariée au vétérinaire Daniel est elle même enceinte et immobilisée si bien que c'est Becky, l'infirmière, qui n'a pas d'autre choix que de prendre le relais afin d'assurer le rôle de sage-femme, bien malgré elle. Il faut dire que Becky a eu son lot de misères et qu'elle est de retour dans la région accompagnée du docteur Blum dont elle s'occupe, un homme brisé depuis la mort de sa femme et enfermé dans le mutisme depuis des mois.
Sage-femme à temps partiel, l'infirmière va aussi avoir l'opportunité de travailler dans un camp gouvernemental semi-militaire CCC (Civilian Conservation Corp) qui emploie de jeunes hommes pour revitaliser l'économie rurale dans le cadre d'un des tous premiers projets du New Deal lancé par le président Rossevelt afin de redresser le pays.
Un roman et une saga faciles à lire, qu'on dévore avec plaisir, plongé dans cette Amérique profonde au moment de la mise en place du New Deal. L'acte de la mise au monde reste au coeur du livre si bien que la narration est désormais relayée par Becky et non plus par Patience qui reste un personnage important, placé au second plan pour veiller au grain.Une histoire qui non seulement nous emporte mais nous enrichit pour sa part historique et humaine, réaliste, crédible et si bien rendue.
J'aime vraiment cette combinaison, alors hop, je n'attends pas : au suivant ...
Extraits tirés du texte :
Voir aussi :
La sage-femme des Appalache / The Midwife of Hope River (Tome 1)
Once a Midwife (Tome 3)
Titre original : The Reluctant Midwife
Pans encore de traduction française
Deuxième volet de la saga "La sage-femme des Appalaches"
Auteur : Patricia Harman
Première édition : 2015














