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samedi 9 décembre 2017
Moitessier, le long sillage d'un homme libre / A sailing Legend de Jean-Michel Barrault
Une parenthèse de rêve dans les îles du Pacifique et voilà le nom de "Moitessier" qui revient comme un leitmotiv, un nom iconique auprès des tourdumondistes qu'il a inspirés et de locaux qui l'ont cotoyé si bien que j'ai voulu en savoir plus sur ce personnage mythique des milieux de la navigation que ce soit en Polynésie française ou ailleurs. Ses nombreux ouvrages n'étant malheureusement pas disponibles en version digitale, je me suis attaquée à sa biographie la plus récente, publiée par Jean-Michel Barrault, son ami de longue date, "écrivain de marine, circumnavigateur, journaliste et éditorialiste".
Certains passages de cette biographie m'ont parfois agacée du fait des petites références mettant surtout en valeur l'auteur du livre dans sa relation avec le personnage de Moitessier, sans réellement apporter un plus à la narration. Cette réserve mise à part, le livre rempli parfaitement sa fonction puisqu'il permet de découvrir le parcours hors du commun de cette légende des mers, racontée à n'en pas douter avec un grand soucis d'honnêteté et d'exhaustivité ainsi qu'une certaine admiration. Du fait de sa propre expérience de "circumnavigateur" et d'homme d'écriture, l'ami-auteur est en mesure de rendre compte de toutes les dimensions de Moitessier : sa vie personnelle, les questions de la mer avec les problèmes/joies du bateau et de la navigation, sa relation à l'écriture avec ses blocages, ses réflexions et ses avancements, etc.
Une biographie qui ne se résume évidemment pas et qu'il faut lire pour en saisir tous les détails : l'enfance au Vietnam avec l'inspiration et les déchirures qu'elles ont causées, l'irrésistible appel du large, les galères, les rencontres qui façonnent une vie, les quatre femmes et les enfants, les convictions et le développement spirituel, la liberté et son prix, les expériences, les livres qu'il a écrit et la façon dont il les a rédigés, la course du Golden Globe et son renoncement à la victoire, la mer et la navigation, les îles du Pacifique, les convictions, la maladie, etc.
... une vraie belle découverte qui donne un éclairage très intéressant à des discussions et à une courte expérience de navigation en Polynésie, sur la fascination et le rôle de gourou que Moitessier continue d'exercer, sur la vie et la société en général, sur la liberté ...
Et puis aussi l'éveil d'une envie, celle de découvrir Moitessier, non plus à travers un biographe mais de ses propres écrits, notamment son dernier récit-testament, Tamata et l'Alliance. ...ajouté à "ma liste d'envies", pour un de ces jours, c'est sûr, quand j'aurai accès à une librairie !
Tiré du livre (...et encore, je me suis limitée ! ...) :
- Lorsqu'on navigue autour du monde, il est fréquent d'entendre dire : " Je suis là grâce à Moitessier." Plusieurs raisons expliquent que (...) Bernard reste présent dans les esprits bien au-delà des milieux nautiques. La première est sa prodigieuse aptitude à rebondir. (...) Autre enseignement que délivre Moitessier : il n'est pas indispensable d'être riche pour partir en mer. (...) Mais c'est sa décision d'abandonner une course qu'il allait gagner, de mépriser la gloire et l'argent, qui stupéfia le monde. Son parcours d'homme exceptionnel prend alors sa véritable dimension. Vivant en Polynésie puis en Californie, Bernard affichera ensuite des préoccupations plus universelles. L'une d'elles est la préservation de la planète.
- Il est le porteur de nos rêves. Il incarne ce que beaucoup aimeraient réaliser : partir, être libre, tourner le dos aux contraintes de la vie quotidienne, visiter les splendeurs du monde, rencontrer les habitants des pays lointains.
- Ce qui pour l'immense majorité des plaisanciers, est un agréable loisir, est pour Bernard une passion, un art de vivre, le moyen de partir à la découverte de la planète, la clé de la liberté.
- "Je suis heureux, repu, émerveillé. Je vis intensément.[...] Qu'il est doux de se laisser vivre paisiblement , de pouvoir lire, écrire, cuisiner, écouter la musique, ou, tout simplement rêver sous les étoiles en regardant s'allonger derrière son bateau le sillage phosphorescent."
- Il n'y a pas beaucoup à faire sur un bateau. Mais il y a beaucoup à sentir.
- Il y a eu l'immense fatigue après Bonne-Espérance. Puis, aidée par la découverte et la pratique du yoga, la paix intérieure, une profonde sérénité. (...) Sa navigation devient la poursuite d'un long cheminement moral, "la recherche d'une vérité que j'avais peut-être perdue mais qui renaît peu à peu dans le sillage."
-"Je ne fais rien. Je vis, tout simplement, je vis."
- S'il avait achevé la course du Golden Globe, selon toute probabilité, Bernard Moitessier serait entré dans les annales de l'Histoire, premier navigateur à avoir réussi un tour du monde en solitaire et sans escale. En tournant le dos à l'Europe, à ce qu'il appelle ses faux dieux, il devient une sorte de gourou. S'il en fallait une preuve, l'ouvrage que, trente ans plus tard, l'Américain Peter Nichols consacre au Golden Globe porte, en couverture, non pas la photo du vainqueur de l'épreuve, Knox-Johnston, ou son ketch Suhaili, mais celle de Joshua avec, en filigramme, la reproduction de la première page de l'Aurote datée du 20 mars 1969 portant le titre : "Moitessier renonce à une victoire pratiquement acquise". Parce qu'il a eu le courage de dire non, en sage nourri de philosophie asiatique, Bernard va exercer une influence déterminante sur toute une génération.
- À Papeete (...) il a fulminé contre les revendications d'autonomie de politiciens locaux : "la vraie indépendance, elle commence par la bouffe. En Polynésie, les dirigeants ont la bouche pleine de grands projets économiques et sociaux, mais je n'ai jamais entendu prononcer le mot d'agriculture. Et en attendant, les Polynésiens mangent ce qu'ils ne produisent pas."
Titre original : Moitessier, le long sillage d'un homme libre
Titre anglais : Moitessier, A Sailing Legend
Auteur : Jean-Michel Barrault
Édition originale : 2004
samedi 11 novembre 2017
La Terre de brumes / Land of Mists de Garry Kilworth
Dernier volet de la trilogie des Rois Navigateurs. Kieto va accomplir sa destinée en se lançant, à la tête d'une puissante flotte océanienne, à la conquête de la lointaine "terre de Brume" où vivent les redoutables Scots et Picts mais aussi, leurs voisins, les Angles. Cette confrontation de peuples et de cultures est accompagnée d'une autre lutte toute aussi brutale, celles des Dieux qui ont décidé de se joindre aux humains qui les vénèrent et dont le sort va lui aussi se retrouver irrémédiablement transformé ...
Ce dernier opus de la trilogie fantastique est peut-être celui où l'auteur laisse le plus libre court à son imagination, celui dans lequel les peuples de polynésie affronteraient une Grande Bretagne revisitée, un véritable clash des cultures avec tout ce qui peut les séparer mais aussi, ce qui finalement les rapproche. Encore beaucoup de mythes et de magie, des rivalités, des trahisons, des ambitions, de l'amour et un ensemble bien enlevé pour conclure cette histoire qui est un véritable hommage aux peuples du Pacifique. Une façon "fantastique" de s'initier à leur culture et d'en apprécier "in vivo" un peu toutes les composantes traditionnelles.
Tiré du livre :
- In Oceania, you shared what you had with neighbours and strangers alike. It was not unknown for a childless couple to ask parents of a large family for one of their offspring and expect to be offered a baby or an infant. Certainly if you had food and someone asked for some, you gave it without question. If a person asked for hospitality, you gave it willingly and would not dream of requesting payment for it.
Voir aussi :
Le manteau des Étoiles / The Roof of Voyaging ICI
Le temps des guerriers / The Princely Flower ICI
Titre original : Land of Mists
Titre français : La Terre de brumes
Volume 3 de la trilogie des Rois Navigateurs (The Navigator Kings)
Auteur : Garry Kilworth
Première publication : 1998
mercredi 8 novembre 2017
Le temps des guerriers / The Princely Flower de Garry Kilworth
Dans "le temps des guerriers", on retrouve les personnages principaux du "manteau des étoiles" maintenant établis depuis presqu'une vingtaine d'année sur leur nouvelle île de Rarotonga. Ils vont reprendre la mer à bord de la Fleur Princière aux côté de Kieto pour apprendre l'art de la guerre avant que celui ci ne puisse accomplir sa destinée, la conquête d'Albainn, la terre de Brume d'où sont originaires Seumas et Dorchas. Ce sera une nouvelle épopée héroïque à travers l'océan pour découvrir la porte qui leur permettra d'accéder au monde des redoutables guerriers maoris ...
Dans le même temps, on découvre que Seumas a eu un fils qui, sans le connaitre, lui porte une haine farouche et a promis de supprimer son père. Son parcours de vengeance lui fera intégrer une flotille arioi qui sillonne l'océan d'île en île, troupe artistique prestigieuse qui apporte dans son sillage le meilleur du spectacle et des art traditionnels océaniens : chant, musique, poésie, danses, combats, acrobaties, etc.
En plus des ambitions, amitiés, amours, jalousies, rivalités et autres relations de nature purement humaines, le récit fait la part belle aux mythes et aux légendes peuplées de dieux, monstres, fées et autres maléfices que les héros devront affronter.
Un livre "intermédiaire" dans la trilogie des Rois Navigateurs, dans la même veine que le premier tome mais en peut être moins passionnant parce qu'il n'a plus l'attrait de la nouveauté et que certains éléments font trop échos aux aventures déjà vécues précédemment. Le livre reste cependant très intéressant pour la mise en scène des mythes et légendes polynésiennes desquelles il s'inspire mais aussi et surtout pour la connaissance et la description qu'il donne des arioi qui existaient en polynésie jusqu'à ce que les missionnaires bien pensant s'attachent à les faire disparaitre parce qu'ils les jugeaient dépravés.
Le livre reste une bonne référence pour la découverte des mythes et légendes du Pacifique et de la vie traditionnelle en Polynésie.
Tiré du livre :
- A community worshiped the gods, but an individual worshiped the spirits of his ancestors.
- Tangiia chose, in the Tahitian-Raiatean way, to emphasize his divine origins. He was thus a remote figure to the people, appearing mostly at night since commoners were obliged to sit with bowed heads when he passed (...). Karika, however, remained very much a man of the people. This was the Samoan custom. Samoan kings did not trace their line back to the gods, or if they did it was not public knowledge. Karika was strong on dignity, could be stern and challenging, but did not stand on pomp. (...) With king Tangiia's divine heritage came colourful ceremonies, music and dancing and a strong sense of religious fervour.
- The Arioi was a unique society of dancers and singers, players and entertainers, who travelled Oceania building enormous stages on which to perform their various acts. There would be musicians and comedians amongst them toot, and other kinds of performers. There were seven grades of performers, the highest being the Avai parai, the Painted Leg, and the lowest the novitiates, the Poofaarearea, known as flappers.
Arioi shows included such diverse acts as histrionic oration, spear fighting, satirical plays, sparkling dialogues, chants on ancient history, laudatory songs of heroes and heroines, and provocative hura dances.
- Ao, the God of Clouds, was very important to seafarers in Oceania, for in the shapes and colours of the clouds the seamen recognized certain navigational signs. One particular cloud formation might indicate the presence of land beneath, another a dangerous reef below shallow water. Red clouds, grey clouds, white clouds, black clouds : all had significance when predicting future weather patterns. The reflection of sea colours, from lagoons and shallows, could be seen from several hundred miles away on the base of a cloud.
- The Arioi was essentially Tahitian and 95% of its players were from the Tahitian island group. (...) The Tongan were pirates and sea raiders, the Samoans were too starchy and conservative and the Fijians were too fond of fighting to find time to develop such a marvelous troupe. Other island groups were either too remote, or too small, or just too busy living ordinary lives. (..) The Hivan islands, had a smaller, looser circle of traveling players than the Arioi, called the Hoki, a wandering set of musicians, poets and dancers. (...) The Hawaiians loved gambling too.
- There seemed to be three groups of pa: pa with terraces only, promontory or ridge pa with short transverse ditches, and finally, ring-ditch pa. Each was best for a certain type of terrain.
- He reflected on the Maori, on their greatness. They were a fascinating people with a true feeling for the artist, both in their wooden carvings (...) In the science of war too.
Voir aussi :
Le Manteau des Étoiles / The Roof of Voyaging ICI
Titre original : The Princely Flower
Titre français : Le Temps des guerriers
Volume 2 de la trilogie des Rois Navigateurs (The Navigator Kings)
Auteur : Garry Kilworth
Première publication : 1997
lundi 6 novembre 2017
Tiare / Tiare in Bloom Célestibe Hitiura Vaire
Troisième et dernier volume de la trilogie tahitienne de Materana. L'ancienne "femme de ménage professionnelle" est devenue vedette de radio mais elle sait garder la tête sur les épaules ainsi que toute sa fraîcheur et sa simplicité. Sa fille Leilani est partie étudier en France pour devenir médecin alors que les hommes de la famille prennent du bon temps dans une société encore profondemment machiste. Dans ce volume, c'est leurs rapports aux femmes et à la famille ainsi que leur attitude face aux responsabilités qui va être mise à l'épreuve pour former le coeur de l'intrigue ...
Un livre qui se dévore comme le reste de la trilogie, drole, tendre et plein de bon sens caché sous une apparente simplicité. Une très jolie évocation des "petites gens" de Tahiti et de leur place dans la société, encore une fois décrits avec beaucoup de soin et de tendresse.
Un rayon de soleil sans prétention, pour se mettre du beaume au coeur !
Dans le livre :
-Ah, il ne faut pas grand-chose à un homme pour être heureux. Un peu de ma'a*, un peu de zizi-panpan, un peu de calme le soir, et il peut respirer.
- Quant Materana a eu son boulot à la radio, Pito a eu peur qu'elle se mette à parler high class, qu'elle devienne une "Madame-Moi-Je", mais elle est restée la Materana avec qui Pito vit depuis presque un quart de siècle. Elle court tout partout dans la maison avec son balai, peut-être pas tout à fait autant qu'autrefois - au moins, le balai peut se reposer de temps en temps. Elle prête des oeufs aux cousines qui n'ont pas le temps d'aller chez le Chinois avant qu'il ferme. Elle fait la cuisine, elle rit, elle râle, elle ratisse les feuilles et elle angoisse quant son gateau-banane sort du four avec un air bizarre. Elle va à la messe, elle discute avec les taties, elle va tirer l'herbe sur les tombes des ancêtres, elle rend visite à sa mère régulièrement ... c'est une vahine tahiti assez typique.
- Pourquoi est-ce qu'on veut tous que nos gosses grandissent si vite ?
- Ce que les femmes devraient faire, selon Pito en tout cas, c'est de foutre le camp pendant un week-end entier de temps en temps. Se barrer, laisser les gosses avec leur père, disparaître, mais sans rien dire au père ce qu'il faut faire et ce qu'il faut pas faire. Juste sortir de la maison et fermer la porte.
*ma'a : nourriture
Voir aussi :
L'arbre à pain / Breadfruit ICI
Frangipanier / Frangipani ICI
Titre original : Tiare in bloom
Titre français : Tiare
Deuxième volume d'une trilogie Tahitienne avec l'Arbre à Pain et Frangipanier
Auteur : Célestine Hitiura Vaite
Traduction : Henri Theureau
Première édition : 2006
jeudi 2 novembre 2017
Frangipanier / Frangipani de Célestine Hitiura Vaite
Après l'arbre à pain, Frangipanier permet de retrouver Materana et toute sa famille tahitienne, avec son mari Pito, ses trois enfants et sa multitude d'oncles, tantes, cousins et cousines. Cette fois, le projecteur est dirigé plus particulièrement sur les relations de Materana avec sa fille Leilani, de la naissance de celle-ci à sa vie de jeune femme. L'amour et l'admiration d'une mère pour sa petite fille, brillante écolière particulièrement intelligente, les tensions de l'adolescence, les premiers amours, l'épanouissement et les ambitions d'une jeune femme bien dans sa peau, etc. Une relation qui façonne et inspire aussi Materana, l'héroine de la série qui en vient à s'affirmer pour trouver une nouvelle voie après des années à oeuvrer consciencieusement comme "femme de ménage professionnelle" ...
On retrouve la même fraîcheur que dans l'arbre à pain, une petite bulle de bonheur, une histoire a priori toute simple qui fait du bien et qui évoque avec beaucoup de tendresse et de justesse la vie d'une famille de Faa'a, en périphérie de Papeete. Les expressions et la façon de parler des personnages ainsi que le ressenti de l'histoire sont d'une grande justesse. C'est drole, bien écrit et on apprend au passage plein de petites choses sur la culture locale. On sent l'amour de l'auteur pour son île et ses habitants riches de leurs sourires, de leur simplicité et de leur bienveillance.
Un vrai régal !
Tiré du livre :
- À sa fille qui n'est pas encore née, Materana parle de Tahiti pour lui donner une idée du pays qui sera bientôt le sien (...) les tiare tahiti blancs que les gens portent à l'oreille, à droite pour : je suis libre, à gauche pour : j'ai déjà un amour à moi. Elle lui montre les arbres qu'on a planté le jour où un enfant est venu au monde, le jour où quelqu'un qu'on aime s'en est allé, pour qu'on parle encore de ce jour-là dans cent ans. (...)
- Elle parle d'elle-même maintenant. Alors, pour commencer, elle aime balayer. Quant elle est fâchée, elle balaye (vite), quand elle est triste, elle balaye (lentement), quand elle ne sait plus où elle en est, elle balaye (moitié vite et moitié lentement). Mais le résultat est toujours le même : chez elle, c'est propre par terre et elle est heureuse.
- Materana (...) essaye de se détendre en pensant à toutes les "règles de l'accouchement tahitien traditionnel". Première règle : ne pas crier en poussant pour mettre l'enfant au monde parce que si tu cries le bébé va avoir peur en naissant, et c'est pas bon pour lui. (...) Deuxième règle : ne pas pleurer en braillant quand tu pousses pour mettre l'enfant au monde, parce que si tu pleures le bébé va être tout triste en naissant et c'est pas bon pour lui. Ca fera un bébé qui pleure pour rien, et ça deviendra un adulte qui pleure pour rien (...) Troisième règle : ne pas hurler de gros mots en poussant pour mettre ton enfant au monde, parce que si tu hurles des gros mots, le bébé dans ton ventre il va être fâché et c'est pas bon pour lui. Ca va faire un bébé qui se fâche pour rien, et ça deviendra un adulte qui se fâche pour rien (...)
- Materana a déjà choisi l'arbre de Leilani, un beau frangipanier qu'on va planter avec le placenta de Leilani la semaine prochaine, après son baptême.(...) Quand un enfant naît à Tahiti, on enterre son placenta au pied d'un arbre jeune, et ensuite l'enfant et l'arbre grandissent ensemble. Un arbre sain veut dire que l'enfant est en bonne santé, de même qu'un arbre malade veut dire que l'enfant va mal. Quand l'arbre de l'enfant est malade, la mère emmène l'enfant voir le docteur.
- Mets la maison en ordre avant d'aller te coucher, parce que si la première chose que tu vois le matin c'est le bordel, ça va te mettre de mauvaise humeur.
Voir aussi :
L'arbre à pain / Breadfruit ICI
Titre original : Frangipani
Titre français : Frangipanier
Deuxième volume de la trilogie Tahitienne de Materana, avec l'Arbre à Pain et Tiare
Auteur : Célestine Hitiura Vaite
Traduction : Henri Theureau
Première édition : 2004
lundi 9 octobre 2017
Le Manteau des Étoiles / The Roof of Voyaging de Garry Kilworth
À la mort du vieux roi de l'île de Raiatea, afin d'éviter une guerre de succession avec son frère Tutapu, Tangua quitte le paradis dans lequel il a grandi pour rechercher une nouvelle île où s'installer. Après des préparations menées dans le plus grand secret, il part à la tête d'une flottille de trois vaisseaux, accompagné d'une communauté de 200 personnes et de Seuma, un "gobelin à la peau blanche" ramené quelques années plus tôt par le grand navigateur Kuppe lors d'une expédition vers des îles lointaines mystérieuses possédant la maîtrise du fer. Commence alors une épopée rappelant par certains côtés épiques l'Odyssée d'Homère...
Il y a bien longtemps que je n'avais pas ouvert un livre "fantastique" mais celui-ci a la particularité de s'appuyer sur les mythes et légendes des civilisations polynésiennes. L'histoire donne un magnifique aperçu culturel avec beaucoup choses sur le vocabulaire, les croyances, les traditions ou encore les capacités de navigation exceptionnelles, sans doute jamais égalées, des peuples de Polynésie.
Une magnifique introduction et un hommage à la culture de ces peuples du Pacifique, idéal avant (ou pendant) un voyage vers les îles de paradis et leurs cocotiers parce que quand même, derrière les paysages de rêve il y aussi des hommes et une histoire !
Premier volume d'une trilogie, à suivre donc !
Tiré du livre :
- He had memorized the way across the roof of the heavens, and across the many-islanded sea, to where they were now. (...) It was in their nature, in their instinct, to memory-map their path as they voyaged. What was more, on returning home they would describe their journeys so accurately to those who had never made the trip, the voyages could be repeated without them. Kupe knew where he was from the shape of the waves, the star paths, the Long Shark At Dawn which was the rash of white stars across the roof of voyaging, the underwater volcanoes, the sea birds, the swell and the drift, the passing islands, the trade winds, and a thousand other things that were like signpost to him and his men. (...) He could smell his home. At the same time he kept a record of his voyage on a piece of cord in the form of knots. The size, type and distances between the knots enabled him to recall certain sightings as well as to mark the distances between islands.
- Tiki was our first ancestor, who led us out of the darkness into the light.
- In the land of the Dead it is the women who are supreme, with their strong wisdom, their deep intelligence, and their understanding of emotion. It is a place where infinity and eternity mingle and there is time to ponder the puzzles of the world. The men there are lost for a time, having to come to terms with their spiritual feelings, while the women have already spent a lifetime doing doing just that and are already prepared for death.
Voir aussi :
Le Temps des guerriers / The Princely Flower ICI
Titre original : The Roof of Voyaging
Titre français : Le Manteau des Étoiles
Volume 1 de la trilogie des Rois Navigateurs (The Navigator Kings)
Auteur : Garry Kilworth
Première publication : 1996
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