Affichage des articles dont le libellé est Livre de Référence. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Livre de Référence. Afficher tous les articles

vendredi 25 septembre 2020

Yoga sans dégâts du Dr Bernadette de Gasquet et Jean-Paul Bouteloup

 

Voici un bon livre de référence pour les adeptes du yoga, pas tellement pour la lecture que l'on peut en faire en soi mais plutôt dans une optique de pratique et d'expérimentation afin de reprendre un certain nombre de "basiques" sur lesquels on n'est malheureusement pas toujours suffisamment sensibilisé dans un cours collectif. 
 
Un livre qui "dormait" dans ma bibliothèque et que j'ai rouvert, décortiqué, annoté et surtout utilisé pour mieux comprendre, percevoir et intégrer certains mouvements de base et asana au moment d'un retour sur le tapis!
 
Rédigé par des professeurs de yoga dont l'un est aussi médecin, les auteurs partent de la biomécanique pour expliquer le pourquoi des mauvaises postures et le comment adopter les bonnes afin d'en tirer tous les bénéfices. Ils donnent quelques règles simples à comprendre, des piliers essentiels et faciles à adopter. 
Par exemple :   
Ne jamais rapporcher les ceintures (épaules, bassin)
Etirer un côté sans raccourcir l'autre. 

Le livre reprend d'abord les cinq placements simples de base : les positions assises, à quatre pattes, couchées, accroupies et debout. Il aborde ensuite les questions de la respiration, de l'auto-agrandissement - en passant par la nuque, les mouvements de têtes, le périnée et les abdominaux - des flexions, des inflexions latérales, des torsions et des inversions.
 
L'ensemble est illustré de nombreuses photos montrant précisément ce qu'il ne faut pas faire et ce qu'on recherche; l'approche de chaque mouvement passe par ses bénéfices, les erreurs habituelles, les risques et les contre-indications, les bons aménagements, les étapes pour bien se placer avec au passage quelques "astuces". 
Un chapitre final décrit quelques postures originales, spécifiques à Jacques Thiébault, maitre cité en référence tout au long du livre. 

La pratique du yoga demande de l'humilité et ce retour "pas à pas" à quelques notions de base m'ont semblé tout à fait bénéfiques pour la "bonne pratique" que je peux faire de cette discipline quotidienne.
 
Titre : Yoga sans dégâts
Auteurs : Dr Bernadette de Gasquet et Jean-Paul Bouteloup
Première édition : 2015
 

jeudi 30 avril 2020

Embers de Richard Wagamese

 The words in this book are Amber's from the tribal fires that used to burn in our villages.
 They are embers from the spiritual fires burning in the hearts, minds and souls of great writers on healing and love.
 They are embers from every story I have ever heard. 
They are embers from all the relationships that have sustained and defined me. They are heart songs.
 And, shared with you, they become honor songs for the ritual ways that spawned them. 
Bring these words into your life. Feel them. Sit with them. Use them. 
For this is morning, excellent and fair...

Tous les matins, Richard Wagamese commençait sa journée en s'adonnant au rituel de la méditation : quelques herbes brûlées et un temps à lui après lequel il jetait sur le papier ses réflexions du jour dont ce livre est le recueil. Un ouvrage composé de textes courts regroupés sous sept thèmes : calme (stillness), harmonie (harmony), confiance (trust), respect (reverence), persévérance (persistence), gratitude (gratitude) et joie (joy).

Sur chaque page, quelques lignes chargées de sens et de sagesse ne formant souvent qu'un paragraphe, parfois un dialogue avec une vieille femme ou un vieil homme, guides spirituels de Richard Wagamese, absents mais si présents, d'autres fois encore, des souvenirs revisités.

Un vagabondage intime et spirituel de la plume et de l'esprit, celui d'un être qui s'est trouvé et se recentre chaque matin dans ce rituel pour accueillir le jour, le monde, s'y immerger et s'en émerveiller. Un cheminement personnel à valeur universelle qui nous est offert en partage, à lire une fois, ou deux, ou trois, en picorant ou d'une traite selon les envies, maintenant ou plus tard pour y revenir, de ci, de là.

À un moment où il m'était difficile de me plonger dans un roman, j'ai particulièrement apprécié de pouvoir "grappiller" chaque jour quelques lignes de réflexions quotidiennes nourrissantes grâce à cet auteur canadien, malheureusement trop peu traduit en français, dont j'avais découvert le talent dans Jeu blanc / Indian Horse.

À découvrir, à méditer, à apprécier.

Dédicace spéciale de cette revue à Mouna Yoga qui nous a offert un temps de méditation quotidien pendant le confinement covid19. Il émane de son blog magnifique le même type d'énergie que j'ai trouvé dans ce livre. Merci Mouna Yoga / Réflections on my yoga journey.

Tirés du livre :
 There is such a powerful eloquence in silence. True genius is knowing when to say nothing, to allow the experience, the moment itself, to carry the message, to say what needs to be said. Words are less important, less effective than feelings. When you can sit in perfect silence with someone, you truly know how to communicate. 

Nothing in the universe ever grew outside in. 

The sound of silence. The sound of self emerging. 

Stillness is more enriching than motion, listening is more empowering than distraction
 and slow, measured steps feel more graceful than speed. 

To breath is to take in the wind of all breath. To exhale slowly is to open myself and glide over everything. 

Love is the energy of Creation (...) it takes love to create love. 

Returning is a wonderful thing when great friends are involved. Years dissolve and time is irrelevant in the light of true reunion. It means to become one again. It means to be joined. It means to be one spirit, one energy, one song. It means to be returned to the balance you find when friendship are struck - and the entryway is a hug. 

There are a thousand ways to say "no", "but", "I can't", "it's impossible", "it's too late", but there's only one wat to say "yes". With your whole being. When you do that, when you choose that word, it becomes the most spiritual word in the universe... And your world can change.

Remember to remember.

What's needed are eyes that focus with the soul. What's needed are spirits open to everything. What's needed are the belief that wonder is the glue of the universe and the desire to seek more of it. Be filled with wonder. 

Me : You always repeat things three times. 
Old woman : Just the important things. 
Me : Why? I hear you the first time. 
Old woman : No. You listen the first time. You hear the second time. And you feel the third time. 
Me : I don't get it. 
Old woman : When you listen, you become aware. That's for your head. When you hear, you awaken. That's for your heart. When you feel, it becomes a part of you. Three times. It's so you learn to listen with your whole being. That's how you learn

Knowledge is not wisdom. But wisdom is knowledge in action. 

Deciding is not doing and wanting is not choosing. 

Happiness is an emotion that's a result of circumstances. Joy though, is a spiritual engagement with the world based on gratitude. It's not the big things that make me grateful and bring me joy. It's more the glory of the small : a touch, a smile, a kind word spoken or received, that first morning hug, the sound of friend talking in our home (...)

Can you think of a better way to live than in gratitude? Can you think of a better way to be than to be kind, compassionate, respectful, courageous, truthful, and forgiving? Even if we're wrong, can you think of a better way to breathe than through all that? 

Missing someone is feeling a piece of your heart gone as try. Sure, it keeps beating, and sure, you keep breathing, but there is a gap in the rhythm of it, and in the rhythm of the everyday things around you. You seem to move a little less gracefully. But you still move, and that's the critical thing. Because missing someone doesn't mean things grind to a halt. Instead, it means you live out of gratitude for the gift of their presence in your life. You live to keep experiencing, to keep confronting life head-on, so that your return allows you to reunite with them as more human, more alive, more real.

Du même auteur, voir aussi :
Jeu blanc /IIndian Horse

Titre original : Embers, one Ojibway'sMeditation
Pas de traduction française
Auteur : Richard Wagamese
Première édition : 2016

dimanche 15 mars 2020

Histoire de l'Islande de Michel Sallé et Aesa Sigurjonsdottir

Cet ouvrage récent (2018) publié en français donne en une dizaine de chapitres plaisants à lire, une bonne base de l'histoire islandaise avec ses particularismes souvent liés à sa géographie. C'est un ouvrage bien documenté pour faire la part des légendes et de la réalité, offrant une introduction utile au voyage ou à la simple découverte du pays.

Ce panorama complet couvre ainsi la colonisation de l'île (874-930) et l'organisation des débuts, l'adoption du christianisme puis celle du protestantisme, le rattachement à la Norvège, la domination Danoise puis le processus d'indépendance, l'occupation anglaise puis américaine et l'époque moderne, les guerres de la morue, la crise de 2008 et ses conséquences jusqu'en 2017... Un livre qui traite aussi les aspects culturels, sociologiques, politiques et économiques de ce petit pays de 350'000 habitants farouchement créatifs et indépendants.

Un livre de référence équilibré, très abordable et complet, sans être trop dense.

Quelques extraits du prologue et du texte :
La publication de cet ouvrage coïncide avec le centenaire de la souveraineté islandaise, constituant le jalon le plus important vers son indépendance, ainsi qu'un tournant dans l'histoire de l'Islande. Depuis mille ans, l'agriculture était à la base de son économie, mais en 1918, la pêche, avec une flotte qui peu à peu se modernisant, la supplanté, de sorte qu'en cent ans, l'Islande, de l'un des pays les plus pauvres, devint l'un des pays les plus prospères de la planète.

Du passé, les Islandais ont gardé une particularité abandonnée ailleurs dans le monde nordique ; 
la quasi-absence de noms de famille.

La littérature, ensuite élargie à d'autres disciplines artistiques, est (...) , avec l'ouverture au monde, le deuxième levier du développement de l'Islande.

Le fait que personne, hormis quelques moines, ne se soient installés avant le IXème siècle sur cette île de plus de 100'000 kilomètres carrés, à quelques jours seulement de navigation de la Norvège, demeure une énigme pour beaucoup d'historiens. 
Mais à ce jour, aucun indice archéologique ne propose une autre histoire.

Traditionnellement, la colonisation est considérée comme achevée en 930, année de l'ouverture de l'Alpingi. En un demi-siècle, l'Islande, qui n'a connu ni Préhistoire ni Antiquité, entre de plain-pied dans le Moyen-âge et va développer une organisation unique en son genre qui met au service d'un individualisme farouche une vie communautaire rendue nécessaire par les conditions très particulières de l'île.

Il n'y aura pas d'autorité exécutive centrale, ni roi, ni armée, ni même impôts jusqu'à la dîme imposée par l'Église en 1096.
(...) Là est la grande originalité du système islandais : pas de roi ou de chef suprême, pas de police, pas d'administration centrale... Pas d'armée non plus, car aucune invasion n'est à craindre.

L'Alpingi, qui fonctionne aujourd'hui encore (...) est souvent qualifié de parlement le plus ancien d'Europe. Passons sur le fait qu'il a été dessaisi de tout pouvoir législatif pendant plusieurs siècles avant d'être supprimé en 1800 par les Danois, pour reprendre ses activités en 1843. Mais surtout, il ne peut faire figure de parlement moderne, c'est-à-dire de lieu d'expression d'une nation ou au moins d'une majorité de ses membres pour faire les lois et contrôler leur exécution, sa composition n'est guère démocratique.

Si les dieux sont partout, la religion ne paraît pas une réelle préoccupation et ne le deviendra que pour des raisons politiques.

Le mouvement migratoire de cette fin du XIXème siècles s'inscrit dans celui, plus vaste, des Scandinaves vers l'Amérique du Nord, mais il a une double originalité : les Islandais s'installent au Canada et ils obtiennent des autorités locales de créer une véritable communauté. Celles-ci proposent un territoire occupé seulement par des Indiens au bord du lac Winnipeg (Manitoba) qu'elles appellent Nouvelle-Islande, et qui aura pour capitale Gimli. Les islandais seront citoyens canadiens mais pourront garder leur langue et leur nationalité d'origine. En fait, le territoire octroyé s'avère peu hospitalier et beaucoup migrent au sud vers la ville de Winnipeg. Aujourd'hui encore, les "Islandais de l'ouest" ont gardé des liens étroits avec le pays de leurs ancêtres. Ils ont leurs propres paroisses avec des pasteurs islandais et des périodiques publiés en islandais. 

Dès 1925, une loi établit le principe d'une médiation dans les conflits sociaux lorsqu'elle est nécessaire. Elle est organisée avec précision en 1938 et c'est cette loi qui, pour l'essentiel, régit aujourd'hui encore le droit de grève 
et l'obligation de médiation avant tout arrêt de travail.

L'Islande n'a pas d'armée hormis les équipages des garde-côtes. Ce pacifisme est un choix clairement assumé, mais c'est aussi une manifestation de réalisme : que serait cette armée face à une mise en cause de la souveraineté de l'Islande ? 
Il lui faut s'en remettre à d'autres pour sa défense. 

Sur ses 338'349 habitants, 218'000 vivent à Reykjavik et autour, soit près des deux tiers de l'ensemble, alors que ce taux n'était que de 50% en 1950 (...) Sur une île où la densité moyenne est trois habitants au kilomètre carré, l'enjeu est d'importance à la fois pour la qualité de vie, la répartition de l'activité économique et l'entretien des équipements collectifs, routes, écoles, hôpitaux... Or, malgré des efforts en termes de création d'emploi et d'amélioration du réseau routier afin que celui-ci soit utilisable toute l'année, le mouvement semble irréversible tant la vie est différente dans la capitale et ailleurs. 
Se dessinerait donc une Islande dont toute la population serait concentrée dans le sud-ouest, abandonnant le reste du territoire à la construction d'immenses parcs de loisirs pour touristes, propriétés de fonds de pension, et gérés par des étrangers...

Titre : Histoire de l'Islande, des origines à nos jours
Auteurs : Michel Sallé et Aesa Sigurjonsdottir
Première édition : 2018

vendredi 1 novembre 2019

Chili 1970-1973 de Franck Gaudichaud

Reprenant les éléments d'une thèse universitaire, ce livre, Chili 1970-1973 / Mille jours qui ébranlèrent le monde, est consacré à l'étude socio-politique de l'expérience des Unités Populaires (UP) pendant les trois années qui ont précédé le coup d'état militaire du 11 septembre 1973 au Chili.

La lecture de la synthèse de ce travail de recherche est ardue ; elle permet de replonger dans le contexte d'une époque et d'essayer de comprendre des événements historiques qui ont secoué et transformé durablement ce pays d'Amérique latine.
Une étude basée sur des documents d'époque, d'autres publications universitaires mais aussi sur une large série d'interviews réalisées et analysées par l'auteur plus de trente ans après les événements afin d'apporter des éléments du vécu, de l'intérieur, donnant voix à ceux "d'en bas".

Vraiment pas un ouvrage de vulgarisation, la lecture est difficile et le sujet si complexe qu'il n'intéressera que des passionnés et initiés souhaitant véritablement s'y plonger de manière analytique et détaillée.

Dans ma série le "Chili dans les livres", un livre certainement "trop" poussé pour l'accompagnement d'un simple voyage touristique.

Titre : Chili 1970-1973, mille jours qui ébranlèrent le monde
Auteur : Franck Gaudichaud
Premiere edition : 2013

jeudi 25 juillet 2019

L'île de la fin du monde - Collectif

Endroit le plus isolé de la planète, l'île de Pâques ou "'île de la fin du monde" n'en finit pas d'alimenter l'imaginaire et pour le voyageur ou le simple curieux qui souhaite se documenter, cet ouvrage rassemble toute une série de témoignages apportés par ceux* qui y sont allés et/ou en ont fait un objet d'étude, des premiers "découvreurs" aux archéologues et anthropologues contemporains, en passant par les voyageurs.

Un regroupement de textes originaux édités par le centre d'études sur l'île de Pâques et la Polynésie, organisés de façon chronologique pour faire le point sur ce qui a été écrit à différentes époques et sur les mystères de l'île dont certains sont aujourd'hui expliqués alors que d'autres demeurent et font toujours l'objet d'études.

Facile à lire et instructif, un livre de référence idéal.
Dans le cadre d'un voyage, c'est un excellent complément à la visite du Museo de Rapa Nui.

* Principaux textes du livre :
- Extrait du journal de Jacob Roggeveen qui "découvrit" l'île le jour de Pâques 1722.
- Témoignage de Cook en 1771
- Témoignage de Lapérouse en 1785
- Témoignage d'Axel du Petit-Thouars en 1838
- Témoignage de Pierre-Lionel Ovigny
- Témoignage de Julien Vaud (Pierre Loti) en 1872
- Témoignage de Florentin-Etienne Jaussen sur l'écriture rongo-ongo
- Résultats des recherches de Katharine et William Routledge effectuées en 1914-1915    
- Alfred Métraud (mission française de recherche sur l'île de Pâques 1934)
- André Valenta (fondateur du centre d'étude sur l'île de Pâques et la Polynésie) 1981
- Études des rongo-rongo (hieroglyphes de l'île de Pâques)
- John Flenley - Études palynologiques (des pollens)

Titre : L'île de la fin du monde
Auteurs : recueil de plusieurs auteurs
Première édition : 2015

samedi 24 novembre 2018

La maison aux esprits / The house of the spirits d'Isabel Allende


Dans un pays qui n'est pas nommé - mais que tout lecteur averti sait être le Chili - sur trois générations, la saga d'une famille qui traverse le XXème siècle.
Le pivot et témoin de l'histoire, c'est Esteban le patriarche qui fut d'abord un jeune homme issu de pas grand chose mais dont la hargne lui a permis de faire fructifier un domaine agricole à l'abandon, une fortune, une réputation et des ambitions politiques. Beaucoup plus singulière et semblant flotter entre deux mondes, celui du réel et celui des esprits, sa femme Clara est la seule qui arrive le tempérer. Une famille très particulière avec des personnalités fortes et variées, des destinées relativement atypiques et touchantes, la dernière étant celle d'Alba, la petite fille adorée du patriarche engagée pour l'avenir révolutionnaire du pays ...

Une saga très intéressante, très bien écrite, avec des personnages forts, riches et singuliers, qu'on déteste pour les uns ou qu'on adore pour les autres. Des vies qui permettent de traverser les époques, les régions et les différents milieux sociaux. Un soupçon de magie. La recette est vraiment réussie pour ce livre d'Isabel Allende (nièce de Salavdor Allende), considéré comme un classique de la littérature sud américaine.
Une fresque romanesque envoutante permettant de découvrir les grands mouvements de l'histoire et de la société (relativement) contemporaine chilienne, j'ai beaucoup aimé.  

Titre français : La maison aux esprits
Titre anglais : The house of the spirits
Auteur : Isabel Allende
Première édition : 1982

jeudi 23 novembre 2017

Retour à Lemberg / East West Street de Philippe Sands



Quatre hommes :
- Léon, le grand-père de l'auteur, parti avec ses secrets mais dont les quelques papiers, photos, lettres et autres documents conservés sont autant d'indices permettant de reconstituer une vie pour remonter la piste familiale,
- Herst Lauterpacht, juriste à qui est attribuée la paternité de la notion de "crime contre l'humanité" qu'il a développée dans le but de protéger les individus au niveau supranational et qui a été mise en oeuvre la première fois au tribunal de Nuremberg,
- Raphael Lemkins, autre juriste qui a inventé le terme de "génocide" et ce qu'il recouvre dans le but de protéger les "groupes". Une notion difficile à cerner juridiquement qui n'a pas trouvé son aboutissement à Nuremberg mais un peu plus tard, dans la charte des Nations Unies puis au moment de la création du TGI (Tribunal de Grande Instance) de la Haye,
- Hans Franck, ancien avocat d'Hitler, haut dignitaire nazi, Gouverneur général des territoires occupés polonais après 1939 où il avait été surnommé "le bourreau de Pologne". Il était l'un des principaux juristes du national-socialisme, artisan de decrets plaçant la communauté nationale au dessus de tout le reste, au détriment des droits des individus et des groupes. Il a été jugé et condamné au procès de Nuremberg.
Le point commun ? Le droit international et une ville, Lemberg aussi appelée Lviv, Lvov ou Lwow selon les époques et l'État l'englobant.

En 2010, à l'occasion d'une conférence faite à l'université de Lemberg pour parler des origines du droit international, Philippe Sands découvre que cette ville où il se rend pour la première fois est tout à la fois le berceau de sa famille et celui où ont vécu et été formés les deux hommes qui ont introduit les notions de "crime contre l'humanité" et de "génocide", fondements de ce droit international. Autre "coïncidence" : cette ville au destin tragique, fut placée sous le joug du bourreau de Pologne, accusé phare au procès de Nuremberg - tout aussi historique en termes de droit international... Avant ces constats de Philippe Sands, personne n'avait fait le rapprochement sur le rôle joué par cette ville au coeur de la création du système moderne de justice internationale.

Dans cet essai, Philippe Sands nous livre le résultat des enquêtes que cette découverte a provoquée chez lui, menées pendant plus de six ans. Il remonte le temps en s'appuyant sur une énorme recherche bibliographique et humaine, il retrouve des témoins, se déplace, soulève toutes les pierres possibles et imaginables dans le soucis de donner réponse à toutes ses interrogations ... Il nous livre les portraits exhaustifs de quatre hommes, non seulement sur le plan académique mais aussi profondément humain pour expliquer leur vécu, leur cheminement intellectuel, leurs valeurs ou leurs motivations ... Derrière les individus, il retrace toute l'histoire du développement du droit international replacé dans son contexte historique, du maladroit traité de Versailles à aujourd'hui, les racines, les questionnements, les freins, les luttes de pouvoirs, les motivations ou encore les limites qui subsistent ... L'ensemble est éclairé par l'expérience familiale qu'il tente de retracer, formant une sorte de cas d'école.      

Je ne suis pas du tout spécialiste des questions juridiques mais comme tout le monde, j'ai entendu parler de ces questions de "crime contre l'humanité" ou de "génocide". Elles sont parfaitement expliquées dans ce livre bien écrit, ni trop ardu ni trop technique, facile à lire malgré quelques longueurs ...mais on peut difficilement reprocher à l'auteur, juriste, sa volonté d'être exhaustif alors qu'il rend par ailleurs tout son discours très humain avec plusieurs passages particulièrement émouvants. C'est un peu la rencontre de la petite et de la grande histoire qui forment le tissu de notre société, de nos tatonements et de nos croyances ... et c'est passionnant !   

Tiré du livre (quelques passages, du prologue seulement ... sinon il me faudrait recopier une trop grande partie du livre !) :
- Retour à Lemberg est un livre sur l'identité et le silence, mais c'est aussi une sorte de roman policier à double entrée : la découverte des secrets de ma propre famille, d'une part, et, d'autre part,l'enquête sur l'origine personnelle de deux crimes internationaux qui m'occupent dans ma vie professionnelle au quotidien, le génocide et le crime contre l'humanité. 
- Lemberg, Lviv, Lvov et Lwow désignent la même ville. Le nom a changé, ainsi que la composition et la nationalité de ses habitants, mais les lieux et ses bâtiments n'ont pas bougés, même si la ville a changé huit fois de mains entre 1914 et 1945. 
- Lauterpacht sera reconnu comme l'un des plus brillants esprits juridiques du XXè siècle et le père du mouvement moderne des droits de l'homme. 
- Lemkin a trouvé une expression pour décrire le crime (...) Il l'a appelé "génocide". Contrairement à Lauterpacht qui s'est focalisé sur les crimes contre l'humanité et la protection des individus, Lemkin s'est davantage intéressé à la protection des groupes. 
- Le procès de Nuremberg avait donné une impulsion très forte au mouvement des droits de l'homme (...) [il] ouvrait la possibilité inédite de voir les dirigeants politiques jugés par une cour internationale, quelque chose qui n'avait jamais existé auparavant. 
- pour prouver le génocide, vous devez montrer que le meurtre est animé par une intention de détruire le groupe, tandis que, pour prouver le crime contre l'humanité, une telle intention n'a pas besoin d'être établie.  (...) La distinction est-elle importante ? (...) La question resta en suspens, elle ne m'a pas quitté depuis.

Titre original : East West Street, On the Origins of "Genocide" and "Crimes Against Humanity"
Titre français : Retour à Lemberg
Traduction : Astrid von Busekist 
Auteur : Philippe Sands
Première édition : 2016

mercredi 4 octobre 2017

Méditer, jour après jour de Christophe André


Méditer jour après jour, 25 leçons pour vivre en pleine conscience : tout est presque dit dans le titre si ce n'est la simplicité, l'abordabilité et la grande qualité de ce magnifique livre de développement personnel, très bien pensé et illustré d'autant de tableaux de maîtres que de chapitres pour donner une dimension visuelle et sensorielle à chaque point expliqué par l'auteur. On peut lire à son rythme et sentir les choses, revenir sur des notions ou les assimiler juste en regardant une image, ce livre est tout simplement un bijou.

Le CD joint dans la jaquette permet d'accompagner la découverte par la mise en pratique de la méditation parce que le but n'est pas tant de lire et de conceptualiser que de faire, méditer ce n'est pas se couper du monde et c'est à la portée de tout de monde.

Alors s'il n'y avait qu'un seul livre à recommander dans ce domaine qui n'en manque pas, ce serait celui là, sans aucune hésitation.
À mettre entre toutes les mains et à méditer !

Titre : Méditer, jour après jour
Auteur : Christophe André
Première édition : 2011

jeudi 8 juin 2017

Votre santé sans risque du Dr Frédéric Saldman


Pas tellement le genre de livre que j'achète mais j'avais vu une interview de ce médecin qui m'a intéressée parce que fervent praticien de la médecine préventive, il expliquait avoir mis dans ce livre tous les conseils qu'il voudrait donner au cours d'une consultation mais n'a pas le temps de couvrir et de développer à ce moment là.   

On y trouve beaucoup d'éléments de bon sens que l'auteur ne se contente pas d'affirmer mais qu'il étaye d'études et de recherches menées dans les différents domaines abordés ... donc très intéressant parce qu'on apprend plein de choses au passage !
Certains conseils recoupent des enseignements liés à la pratique du yoga ou d'autres lectures que j'ai pu faire récemment, comme celle de Caroline Myss et en font donc un bon complément dans le domaine du développement personnel.

Au final, un livre de référence facile à lire, plein de bon conseils simples à mettre en pratique, regroupés en 8 chapitres aux titres un peu accrocheurs et couvrant un peu tous les sujets de la vie, alimentation, hygiène, pratique sportive, relations amoureuses, socialisation, etc.  :
1 - Vrais kilos, fausses calories
2 - L'hygiène qui change tout 
3 - Vous êtes votre meilleur médecin
4 - L'école du bon sens
5 - Le cerveau érotique
6 - Il y a du Einstein en vous
7 - Gagner des années
8 - Le bonheur est dans le livre

Titre : votre santé sans risque
Auteur : Dr Frédérique Salman
Première édition : 2017

samedi 13 mai 2017

Anatomie de l'esprit / Anatomy of the spirit de Caroline Myss


Dotée de capacités exceptionnelles de perception et d'intuition relevant de la médecine des énergies, l'américaine Caroline Myss est capable de diagnostiquer, même à distance, les causes émotionnelles et psychologiques des maladies. Depuis des dizaines d'années, elle exerce, pratique avec des médecins et organise formations, cours et colloques considérant que chacun a la capacité de développer sa propre intuition.

Dans cet ouvrage elle donne des clés pour comprendre de quoi il relève afin que chacun puisse prendre en charge sa santé émotionnelle, énergétique et physique qui forment un seul et même tout.
Elle y montre que les sept forces spirituelles et physiques du corps humain sont connues depuis longtemps et qu'elles existent dans trois des grandes traditions spirituelles, que ce soit les sept chakras de l'hindousime, les sept sacrements du christianisme ou encore les sept branches de l'arbre de vie de la Kabbale. Une présentation globale et la synthèse en sont faite en première partie du livre.

Viennent ensuite des éléments plus détaillés et plus pratiques où elle reprend chacune de ces sept forces, une par une, afin de les identifier précisemment en indiquant la façon dont elles peuvent agir sur nous. Caroline Myss illustre ses propos de nombreux exemples issus de sa pratique en terminant chaque chapitre par des questions, celles qu'on a pas toujours envie de se poser mais par lesquelles il faut parfois passer pour débloquer ce qui l'est afin de permettre au corps et à l'esprit de retrouver santé et plénitude.

Ce n'est pas un roman ... une lecture que je n'ai donc pas faite d'une traite mais en prenant mon temps. Un ouvrage de référence que je garde comme tel, intéressant dans le domaine du développement personnel et qui met en avant la capacité de chacun à se régénérer par l'harmonie de l'esprit et du corps. 

Titre original : Anatomy of the spirit, the seven stages of Power and Healing
Titre français : Anatomie de l'esprit, le sens psychologique et énergétique des maladies
Auteur : Caroline Myss
Première édition : 1996

Plus d'infos :
Site de Caroline Myss  ICI