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samedi 29 janvier 2022

Régression de Fabrice Papillon


Sous les falaises de Bonifacio, les gendarmes découvrent une scène de crime particulièrement morbide, semblant suivre une mise en scène ritualistique avec des traces de cannibalisme. Le capitaine de gendarmerie Vannina Aquaviva est chargé de l'enquête mais elle va devoir travailler avec les services de la police représentés par le commandant Brunier, ancien de la PJ du 36 quai des orfèvres, promu et envoyé "attendre la retraite" en Corse après sa dernière enquête au cours de laquelle il a vu mourir sa fille (voir le dernier Hyver du même auteur). Celui-ci associe très vite la scène du crime avec le site préhistorique de Filitosa situé à 80 km de Bonifacio où le cœur de la victime est retrouvée au creux d'un arbre millénaire, à proximité de stèles gravées de signes mystérieux et d'une fosse remplie de carcasses de béliers. Outre l'aspect anthropologique et les luttes d'influence des services chargés de l'enquête (auxquels s'ajouteront les services secrets !), l'affaire prend une tournure internationale lorsque des scènes similaires sont découvertes en Espagne et en Angleterre à proximité d'autres sites préhistoriques (Sarragosse et site de Atapuerca de l'homo Antecessor / Stonehenge) .

Parallèlement à l'enquête qui nous fait voyager et découvrir les derniers développements des sciences, des biotechnologies et des mystères de l'ADN, le thriller déroule un fil rouge à travers les siècles, de la préhistoire à nos jours, partant de la (quasi) annihilation de néandertal par sapiens et mettant dos à dos "la race de fer dominante des hommes vils et jaloux" à "la race d'or des hommes nobles et vertueux". Au travers de plusieurs "passages de relais", de grands personnages et des récits mythiques seront ainsi mis en valeur : il sera question d'Atlantes, d'Homère et des récits de son Illiade et son Odyssée, de Socrate et Platon, de Yeshoua (Jésus) et de Ponce Pilate, d'une rencontre à Rome entre Michel-Ange et Rabelais et puis plus tard à Paris, d'une opposition à l'académie des sciences entre Cuvier et Saint-Hilaire et Lamarck anciens élèves de Buffon avant un détour par Weimar chez un Nietzsche vieillissant manipulé par sa sœur qui laissera l'héritage de son frère aux nazis. Un habile mélange d'éléments historiques, sociologiques, littéraires, scientifiques et mythiques revisités pour servir l'intrigue du roman.
 
L'apparition d'êtres velus monumentaux apparentés au Yéti, à la Vénus Hottentot, aux hyperboréens de Thulé et la mystérieuse "régression" de certains personnages ajoutent une dimension fantastique à ce thriller très documenté et pour le moins ébouriffant. 
La conclusion ne va pas forcément où on l'attend, surfant sur les grandes questions liées à l'évolution climatique de la planète mais une choses est sûre, comme à la lecture du dernier Hyver, je ne me suis pas ennuyée et j'ai beaucoup appris. 
Souvent intriguée et la curiosité aiguisées, le livre m'a amenée à faire pas mal de recherches complémentaires absolument passionnantes remettant  en cause des théories apprises à l'école, notamment celle de l'évolution de l'homme dont la représentation linéaire n'est plus vraiment de mise remplacée par l'approche "en buisson". 
 
Passionnant !
 
Du même auteur, voir aussi :

Titre : Régression
Auteur : Fabrice Papillon
Première édition :

mercredi 7 avril 2021

Héritage de Miguel Bonnefoy


À la fois saga familiale, chronique historique et galerie de portraits, ce roman nous entraîne sur les traces de la famille Lonsonier, entre France et Chili, de la fin du 19ème siècle à celle du 20ème. Chaque chapitre est consacré à un personnage qui en introduit un autre en partant du patriarche venu de France avec un seul cep survivant des ravages du phylloxéra, une histoire construite en passage de relais. On suit les ramifications familiales des épouses et des enfants sur quatre générations, des destins marqués par les grands événements de leurs époques, les tranchées de la première guerre mondiale, l'épopée des débuts de l'aviation, la seconde guerre mondiale, la dictature. Des personnages parfois excentriques et hauts en couleur, comme celui d'El Maestro et son école de musique montée dans un bled paumé, celui de Thérèse et sa volière, passionnée d'oiseaux, ou celui de Margot, pionnière de l'aviation, sans oublier l'étrange guérisseur Mapuche.

Une lecture facile et rapide d'un texte extrêmement épuré réduit à l'essentiel, soigneusement construit autour de personnages pittoresques et extravagants formant une lignée de déracinés qui doivent tous prendre, à un moment où un autre et dans la douleur, une décision qui change le cours de leur vie. Des franco-chiliens qui ont gardé un rapport privilégié avec la France,  pays d'origine du patriarche et de la famille de son épouse. Des protagonistes tirés pour partie du panthéon familial de l'auteur et pour partie du patrimoine national chilien (personnage de Margot notamment).
Des pages parfois pleines de fantaisie avec des moments drôles et poétiques mais aussi de la noirceur et de la violence, celle des guerres et de la dictature. S'y ajoute une dimension fantastique apportée par un fantôme qui n'est pas sans rappeler la patte de Isabel Allende.
 
J'avoue que si j'ai été absorbée par cette lecture, elle m'a un peu laissée sur ma faim sans que j'arrive à mettre le doigt sur ce qui me gêne exactement: peut-être est-ce à cause de la touche "magique" à laquelle je n'ai pas forcément adhéré parce que trop surréaliste par rapport au reste du récit, mais bon c'est un roman et l'auteur est maître de son récit ... ou alors c'est une réaction personnelle à l'ensemble du texte qui est certes magnifique d'un point de vue littéraire mais tellement travaillé que la profondeur de sentiments des personnages s'en trouve réduite à la substantifique moëlle... 
 
Malgré cette réserve toute personnelle, j'ai aimé cet Héritage parce que c'est non seulement un très beau texte mais aussi un formidable récit couvrant cent ans d'histoire d'une famille pleine de poésie, à la fois très humaine et fantasque, coincée entre rêves et réalité. Un roman qui touche également à la question de l'appartenance et de l'exil et qui nous emmène au cœur d'un Chili pour le moins pittoresque. 
Un coup de cœur ❤️
 
Tirés du texte :
Ils (...) s'étaient établis définitivement dans ce pays bruineux, serré entre une montagne et un océan, où l'on disait que, dans certaines régions, la pluie pouvait tomber pendant un demi-siècle. 

Les enfants qu'ils eurent, dont les veines n'avaient pas une seule goutte de sang latino-américain, furent plus français que les Français. 

Sans jamais y avoir été, le jeune Lazare Lonsonier imagina la France avec la même fantaisie que les chroniqueurs des Indes avaient probablement imaginé le Nouveau Monde. Il passa sa jeunesse dans un univers d'histoires magiques et lointaines, protégé des guerres et des bouleversements politiques, rêvant d'une France qu'on avait dépeint comme une sirène (...) La distance, le déracinement, le temps, avaient embelli ces lieux que ses parents avaient quittés avec amertume, de sorte que,sans la connaître, la France lui manquait. 

À le voir, le ciel était d'une féminité explosive, aux rondeurs corollaire. Cette demeure était faite comme un nid, un sein, prouvant que les premières civilisations des nuages avaient été matriarcales. 

Le Chili devint un pays d'arrestations, d'exécutions sommaires, de procès truqués. La Dina fouilla les universités, les bibliothèques, les laboratoires de recherche, déportant les esprits les plus éclairés du siècle. Trois mille personnes assassinées, trente mille prisonniers politiques, vingt-cinq mille étudiants expulsés, deux cent mille ouvriers renvoyés. Les prisons se remplirent de professeurs émérites, d'intellectuels, de musiciens, d'artistes. Les domaines viticoles se transformèrent en centre d'interrogatoire où on torturait des poètes, des boulangers, des luthiers, des marionnettistes. Marcher dans la rue le soir était interdit, avoir des cheveux longs était un délit, lire la poésie était suspect. Ils voulaient construire un moulin, alors qu'ils interdisaient le vent. 

Ce garçon n'était plus un garçon, c'était le spectre de la dictature, c'était la métaphore rustre, terrifiante, effroyable, d'un peuple déjà meurtri.

Titre : Héritage
Auteur : Miguel Bonnefoy
Première édition :  juillet 2020

 

mercredi 10 mars 2021

Le dernier Hyver de Fabrice Papillon

Le livre commence par l'évocation d'Hypatie, philosophe et mathématicienne sauvagement assassinée à Alexandrie en 415 après JC par des fanatiques chrétiens. Mais avant de mourir,  la savante a eut le temps de protéger un précieux manuscrit, fruit de ses recherches, qui servira de fil rouge au roman dont il tisse la trame en se faufilant à travers les siècles et l'alternance des chapitres, oscillants entre passé et présent.  

Été 2018, Paris. Brillante étudiante en biologie, Marie commence un stage à la police scientifique et se retrouve, dès le premier jour, mélée à une enquête placée sous la responsabilité de Marc Brunier, commandant à la brigade criminelle, vieux de la vieille qui s'accroche encore au légendaire quai des Orfèvres en train de fermer ses portes. Les voilà liés par le meurtre épouvantable d'une très jeune femme dont les restes ont été mis en scène dans une boutique Hermès où ils ont été retrouvés, placés au coeur d'une scène de crime soigneusement aseptisée, sans le moindre indice. D'autres assassinats pareillement ritualisés suivront avec leurs lots d'indices qui prennent, pour Marie, au delà de leur part de mystère scientifique à élucider, une dimension de plus en plus ésotérique et personnelle...

Thriller français historico-ésotérico-biologico-scientifique dont l'ambition et l'ambiance du scénario ne sont pas sans rappeler le Da Vinci Code de Dan Brown. Un roman divertissant, très dans l'air du temps avec une société secrète reposant non pas sur une fraternité mais sur une sororité qui permet de mettre en lumière toute une série de femmes savantes ayant marqué le temps, d'Hypatie à Marie et Irène Currie en passant par Élisabeth I d'Angleterre ou Émilie de Chatelet. 
Certains éléments, en particulier la finalité de la secte ont un côté un peu "jusque boutiste parfois tiré par les cheveux" mais ça n'enlève rien à cette lecture haletante dans laquelle il faut se laisser embarquer sans se poser trop de questions. D'autant moins que le livre est très documenté car en plus des aspects historiques, on découvre aussi le monde fascinant des méandres des sous-sols de Paris ou encore des éléments scientifiques passionnants, relatifs notamment au clonage, aux questions d'éthique et aux finalités de la recherche. Et sur ces derniers aspects, on peut faire confiance à l'auteur pour connaître son sujet, Fabrice Papillon est journaliste et producteur de documentaires scientifiques, c'est sa spécialité ! 

Pour l'anecdote, c'est une tante et le patronime de l'auteur qui m'ont fait ouvrir ce livre parce que ce nom de famille léger est aussi celui d'une de nos ancêtres... Une raison pas plus mauvaise qu'une autre pour découvrir un auteur (un lointain cousin ??) surtout quand le résultat est gagnant : un rythme soutenu, une histoire bien ficelée, une lecture facile, prenante et instructive, des personnages parfois racambolesques mais attachants, des figures féminines du monde de la science nombreuses et (re)-mises à l'honneur (j'ai trouvé le cas de Rosalind Franklin/découvertes sur l'ADN particulièrement intéressant), des lieux qu'on re-découvre d'une autre façon sans oublier toutes les informations qu'on peut grappiller au fil des pages, bref, un excellent thriller français (cocorico), parfait pour les amateurs du genre !

Titre : le dernier hyver
Auteur : Fabrice Papillon
Première édition : 2017

dimanche 17 février 2019

100 ans de solitude / 100 years of solitude de Gabriel Garcia Marquez


Souvent qualifié de "chef-d'oeuvre" de la littérature par les critiques relativement unanimes, je me suis dit qu'il était temps d'ouvrir ces Cent ans de solitude de Gabriel Garcia Marquez.

Peut-être n'était-ce pas le bon moment mais je n'ai pas réussi du tout - mais alors pas du tout et c'est plutôt rare - à entrer dans cette histoire d'un village perdu d'Amérique de Sud créé par un couple consanguin dont on va suivre les descendants sur plusieurs générations. Des noms qui se ressemblent et finissent par se mélanger, des dérives parfois totalement loufoques et à la limite du fantastique, non vraiment, j'ai beau eu m'accrocher, j'ai rapidement perdu le fil et ma volonté de persévérer n'a pas aidé, amenuisant au contraire l'envie de tourner les pages.  

Alors j'ai reposé et mis de côté ce "monument" ... pas pour moi, pas maintenant ...

Titre français : 100 ans de solitude
Titre anglais : 100 years of solitude
Titre original (espagnol) : Cien años de soledad
Auteur : Gabriel Garcia Marquez 
Première édition : 1967

samedi 11 novembre 2017

La Terre de brumes / Land of Mists de Garry Kilworth


Dernier volet de la trilogie des Rois Navigateurs. Kieto va accomplir sa destinée en se lançant, à la tête d'une puissante flotte océanienne, à la conquête de la lointaine "terre de Brume" où vivent les redoutables Scots et Picts mais aussi, leurs voisins, les Angles. Cette confrontation de peuples et de cultures est accompagnée d'une autre lutte toute aussi brutale, celles des Dieux qui ont décidé de se joindre aux humains qui les vénèrent et dont le sort va lui aussi se retrouver irrémédiablement transformé ...          

Ce dernier opus de la trilogie fantastique est peut-être celui où l'auteur laisse le plus libre court à son imagination, celui dans lequel les peuples de polynésie affronteraient une Grande Bretagne revisitée, un véritable clash des cultures avec tout ce qui peut les séparer mais aussi, ce qui finalement les rapproche. Encore beaucoup de mythes et de magie, des rivalités, des trahisons, des ambitions, de l'amour et un ensemble bien enlevé pour conclure cette histoire qui est un véritable hommage aux peuples du Pacifique. Une façon "fantastique" de s'initier à leur culture et d'en apprécier "in vivo" un peu toutes les composantes traditionnelles.

Tiré du livre :
- In Oceania, you shared what you had with neighbours and strangers alike. It was not unknown for a childless couple to ask parents of a large family for one of their offspring and expect to be offered a baby or an infant. Certainly if you had food and someone asked for some, you gave it without question. If a person asked for hospitality, you gave it willingly and would not dream of requesting payment for it.  

Voir aussi :
Le manteau des Étoiles / The Roof of Voyaging ICI
Le temps des guerriers / The Princely Flower ICI

Titre original : Land of Mists
Titre français : La Terre de brumes
Volume 3 de la trilogie des Rois Navigateurs (The Navigator Kings)
Auteur : Garry Kilworth
Première publication : 1998

mercredi 8 novembre 2017

Le temps des guerriers / The Princely Flower de Garry Kilworth


Dans "le temps des guerriers", on retrouve les personnages principaux du "manteau des étoiles" maintenant établis depuis presqu'une vingtaine d'année sur leur nouvelle île de Rarotonga. Ils vont reprendre la mer à bord de la Fleur Princière aux côté de Kieto pour apprendre l'art de la guerre avant que celui ci ne puisse accomplir sa destinée, la conquête d'Albainn, la terre de Brume d'où sont originaires Seumas et Dorchas. Ce sera une nouvelle épopée héroïque à travers l'océan pour découvrir la porte qui leur permettra d'accéder au monde des redoutables guerriers maoris  ...
Dans le même temps, on découvre que Seumas a eu un fils qui, sans le connaitre, lui porte une haine farouche et a promis de supprimer son père. Son parcours de vengeance lui fera intégrer une flotille arioi qui sillonne l'océan d'île en île, troupe artistique prestigieuse qui apporte dans son sillage le meilleur du spectacle et des art traditionnels océaniens : chant, musique, poésie, danses, combats, acrobaties, etc.        
En plus des ambitions, amitiés, amours, jalousies, rivalités et autres relations de nature purement humaines, le récit fait la part belle aux mythes et aux légendes peuplées de dieux, monstres, fées et autres maléfices que les héros devront affronter.

Un livre "intermédiaire" dans la trilogie des Rois Navigateurs, dans la même veine que le premier tome mais en peut être moins passionnant parce qu'il n'a plus l'attrait de la nouveauté et que certains éléments font trop échos aux aventures déjà vécues précédemment. Le livre reste cependant très intéressant pour la mise en scène des mythes et légendes polynésiennes desquelles il s'inspire mais aussi et surtout pour la connaissance et la description qu'il donne des arioi qui existaient en polynésie jusqu'à ce que les missionnaires bien pensant s'attachent à les faire disparaitre parce qu'ils les jugeaient dépravés.

Le livre reste une bonne référence pour la découverte des mythes et légendes du Pacifique et de la vie traditionnelle en Polynésie.

Tiré du livre :
- A community worshiped the gods, but an individual worshiped the spirits of his ancestors. 
- Tangiia chose, in the Tahitian-Raiatean way, to emphasize his divine origins. He was thus a remote figure to the people, appearing mostly at night since commoners were obliged to sit with bowed heads when he passed (...). Karika, however, remained very much a man of the people. This was the Samoan custom. Samoan kings did not trace their line back to the gods, or if they did it was not public knowledge. Karika was strong on dignity, could be stern and challenging, but did not stand on pomp. (...) With king Tangiia's divine heritage came colourful ceremonies, music and dancing and a strong sense of religious fervour.
- The Arioi was a unique society of dancers and singers, players and entertainers, who travelled Oceania building enormous stages on which to perform their various acts. There would be musicians and comedians amongst them toot, and other kinds of performers. There were seven grades of performers, the highest being the Avai parai, the Painted Leg, and the lowest the novitiates, the Poofaarearea, known as flappers. 
Arioi shows included such diverse acts as histrionic oration, spear fighting, satirical plays, sparkling dialogues, chants on ancient history, laudatory songs of heroes and heroines, and provocative hura dances.   
- Ao, the God of Clouds, was very important to seafarers in Oceania, for in the shapes and colours of the clouds the seamen recognized certain navigational signs. One particular cloud formation might indicate the presence of land beneath, another a dangerous reef below shallow water. Red clouds, grey clouds, white clouds, black clouds : all had significance when predicting future weather patterns. The reflection of sea colours, from lagoons and shallows, could be seen from several hundred miles away on the base of a cloud. 
- The Arioi was essentially Tahitian and 95% of its players were from the Tahitian island group. (...) The Tongan were pirates and sea raiders, the Samoans were too starchy and conservative and the Fijians were too fond of fighting to find time to develop such a marvelous troupe. Other island groups were either too remote, or too small, or just too busy living ordinary lives. (..) The Hivan islands, had a smaller, looser circle of traveling players than the Arioi, called the Hoki, a wandering set of musicians, poets and dancers. (...) The Hawaiians loved gambling too.  
- There seemed to be three groups of pa: pa with terraces only, promontory or ridge pa with short transverse ditches, and finally, ring-ditch pa. Each was best for a certain type of terrain. 
- He reflected on the Maori, on their greatness. They were a fascinating people with a true feeling for the artist, both in their wooden carvings (...) In the science of war too. 

Voir aussi :
Le Manteau des Étoiles / The Roof of Voyaging ICI

Titre original : The Princely Flower
Titre français : Le Temps des guerriers
Volume 2 de la trilogie des Rois Navigateurs (The Navigator Kings)
Auteur : Garry Kilworth
Première publication : 1997

lundi 9 octobre 2017

Le Manteau des Étoiles / The Roof of Voyaging de Garry Kilworth


À la mort du vieux roi de l'île de Raiatea,  afin d'éviter une guerre de succession avec son frère Tutapu, Tangua quitte le paradis dans lequel il a grandi pour rechercher une nouvelle île où s'installer. Après des préparations menées dans le plus grand secret, il part à la tête d'une flottille de trois vaisseaux, accompagné d'une communauté de 200 personnes et de Seuma, un "gobelin à la peau blanche" ramené quelques années plus tôt par le grand navigateur Kuppe lors d'une expédition vers des îles lointaines mystérieuses possédant la maîtrise du fer. Commence alors une épopée rappelant par certains côtés épiques l'Odyssée d'Homère...

Il y a bien longtemps que je n'avais pas ouvert un livre "fantastique" mais celui-ci a la particularité de s'appuyer sur les mythes et légendes des civilisations polynésiennes. L'histoire donne un magnifique aperçu culturel avec beaucoup choses sur le vocabulaire, les croyances, les traditions ou encore les capacités de navigation exceptionnelles, sans doute jamais égalées, des peuples de Polynésie.

Une magnifique introduction et un hommage à la culture de ces peuples du Pacifique, idéal avant (ou pendant) un voyage vers les îles de paradis et leurs cocotiers parce que quand même, derrière les paysages de rêve il y aussi des hommes et une histoire !
Premier volume d'une trilogie, à suivre donc !

Tiré du livre :
- He had memorized the way across the roof of the heavens, and across the many-islanded sea, to where they were now. (...) It was in their nature, in their instinct, to memory-map their path as they voyaged. What was more, on returning home they would describe their journeys so accurately to those who had never made the trip, the voyages could be repeated without them. Kupe knew where he was from the shape of the waves, the star paths, the Long Shark At Dawn which was the rash of white stars across the roof of voyaging, the underwater volcanoes, the sea birds, the swell and the drift, the passing islands, the trade winds, and a thousand other things that were like signpost to him and his men. (...) He could smell his home. At the same time he kept a record of his voyage on a piece of cord in the form of knots. The size, type and distances between the knots enabled him to recall certain sightings as well as to mark the distances between islands.     
- Tiki was our first ancestor, who led us out of the darkness into the light. 
- In the land of the Dead it is the women who are supreme, with their strong wisdom, their deep intelligence, and their understanding of emotion.  It is a place where infinity and eternity mingle and there is time to ponder the puzzles of the world. The men there are lost for a time, having to come to terms with their spiritual feelings, while the women have already spent a lifetime doing doing just that and are already prepared for death. 

Voir aussi :
Le Temps des guerriers / The Princely Flower ICI

Titre original : The Roof of Voyaging
Titre français : Le Manteau des Étoiles
Volume 1 de la trilogie des Rois Navigateurs (The Navigator Kings)
Auteur : Garry Kilworth
Première publication : 1996