samedi 29 janvier 2022
Régression de Fabrice Papillon
mercredi 15 décembre 2021
État de terreur / State of Terror de Hillary Rodham Clinton et Louise Penny
samedi 13 novembre 2021
Le mur, le kabyle et le marin de Antonin Varenne
jeudi 4 novembre 2021
The Good Sister de Morgan Jones
lundi 14 juin 2021
Paz de Caryl Férey
Saga maorie (Haka et Utu) [Nouvelle-Zélande]
Condor [Chili]
Mapuche [Argentine]
mercredi 10 mars 2021
Le dernier Hyver de Fabrice Papillon
Le livre commence par l'évocation d'Hypatie, philosophe et mathématicienne sauvagement assassinée à Alexandrie en 415 après JC par des fanatiques chrétiens. Mais avant de mourir, la savante a eut le temps de protéger un précieux manuscrit, fruit de ses recherches, qui servira de fil rouge au roman dont il tisse la trame en se faufilant à travers les siècles et l'alternance des chapitres, oscillants entre passé et présent.
Été 2018, Paris. Brillante étudiante en biologie, Marie commence un stage à la police scientifique et se retrouve, dès le premier jour, mélée à une enquête placée sous la responsabilité de Marc Brunier, commandant à la brigade criminelle, vieux de la vieille qui s'accroche encore au légendaire quai des Orfèvres en train de fermer ses portes. Les voilà liés par le meurtre épouvantable d'une très jeune femme dont les restes ont été mis en scène dans une boutique Hermès où ils ont été retrouvés, placés au coeur d'une scène de crime soigneusement aseptisée, sans le moindre indice. D'autres assassinats pareillement ritualisés suivront avec leurs lots d'indices qui prennent, pour Marie, au delà de leur part de mystère scientifique à élucider, une dimension de plus en plus ésotérique et personnelle...
vendredi 24 janvier 2020
La frontière / The Border de Don Winslow
Alors que le mystère subsiste sur le sort d'Adan Barrera, une trève précaire est établie entre les trafiquants de drogues, un statu quo durant lequel chacun évalue ses chances de prendre le dessus au cas où le baron ne réapparaitrait pas. Pour la population, "Adan vive" : l'homme "vit" tellement qu'il en est sanctifié ; pour "los hijos"-la nouvelle génération des "fils de narcotrafiquants"- le vent de la relève commence à souffler et les affaires n'ont jamais été aussi bonnes. Et puis la drogue n'étant finalement qu'un business, il faut sans cesse innover pour garder ses parts de marché avec l'introduction du fentanyl, de l'héroïne pas chère, produite chimiquement, à l'origine d'une véritable "épidémie d'overdoses".
Dans ce contexte, Art Keller accepte de reprendre du service à la direction de la DEA (Drug Enforcement Agency) avec l'espoir de véritablement impacter la guerre contre la drogue même si ce n'est pas évident dans le contexte très politique de Washington : son objectif est de démonter toute la filière, jusqu'à l'argent sale et le blanchiment qui en est fait dans les plus hautes sphères des milieux financiers, des affaires et du pouvoir. Il va devoir avancer dans l'ombre en s'associant secrètement avec deux policiers de New York.
Ce roman s'inspire encore une fois librement d'une foultitude d'éléments piochés dans l'actualité avec des transpositions parfois un peu osées qui permettent de comprendre les avis très divisés portés sur ce livre par les lecteurs outre Atlantique, notamment au regard des deux personnages de Dennisson- candidat originaire de New York, puis nouveau président qui veut construire un mur et est un forcené de twitter- et de Jason Lerner, son gendre (Dans le livre, la question de l'enquête sur les intérêts Russes est remplacée par une association aux cartels de la drogue... évidemment, ça peut déranger une opinion publique très divisée même s'il ne faut pas perdre de vue que tout cela n'est qu'une fiction).
La trame de ce dernier volet est encore plus ambitieuse que les deux volumes précédents mais du coup, elle se disperse beaucoup plus, que ce soit géographiquement--le Mexique, les États-Unis, d'autres pays d'Amérique du Sud- ou qu'il s'agisse de la narration, des personnages et des sujets traités- la guerre des cartels au Mexique, la question des gangs et des Migrants, celle des consommateurs / junkies, les aspects politiques et financiers, le système carcéral américain, le traitement judiciaire du problème de la drogue, les clivages raciaux, etc.
Pour s'y retrouver, l'auteur fait pas mal de retours en arrière et de résumés des tomes précédents, pas inutiles si on a laissé passer un peu de temps entre deux livres ou si on ne les a pas lu mais un peu redondants si on les enchaine.
On suit les personnages récurrents, Marisol, Anna, Eddie Ruiz, Caro, etc ; certains ont grandi et deviennent acteurs (Los "hijos" mais aussi Hugo Hidalgo, le fils d'Ernie, l'adjoint d'Art Keller torturé et exécuté par les trafiquants dans le premier tome) ; on en retrouve d'autres avec plaisir, Nora et Sean Callan disparus à la fin du premier tome et on en découvre de nouveaux, Jaquie la junkie, Mullen et Cirello les policiers New-Yorkais, Nico et Flor les petits Migrants guatemaltèques qui s'embarquent sur "la Bestia", etc.
Un "pavé" édifiant sur ce problème complexe de drogue dont on ne voit finalement pas trop l'issue même si l'auteur offre ses pistes, très politiques, en soulèvant surtout de vraies questions de société. (Avec au passage un autre effet clivant auprès d'une partie du lectorat américains en désaccord avec les positions jugées politiquement trop "gauchisantes" du personnage d'Art Keller... On n'est pas obligé d'être d'accord ! ).
En bonus en postface, Don Winslow donne quelques éléments sur cette saga, ce qui l'a amené à vivre et à faire vivre son personnage de Art Keller pendant plus de vingt ans, l'addiction " qui l'a saisi pour ce qui ne devait être qu'un simple sujet de livre : à l'exception de sa femme et de son fils, il explique avoir" passé plus de temps avec Art Keller qu'avec n'importe quel véritable être humain" et précise que la trilogie est "l'œuvre de sa vie". Il indique encore "Je suis d'abord entré dans ce monde comme simple touriste, pour une simple visite, et il m'a fallu 6 ans pour écrire La Griffe du Chien. Plus j'en apprenais, plus j'étais en colère ; et plus je creusais, plus je voulais raconter cette histoire de la guerre américaine contre les drogues et l'impact réel qu'elle a sur la vie des gens."
Un objectif ambitieux et pour ma part réussi car cette trilogie m'a non seulement passionné, elle a aussi aiguisé ma curiosité que j'essaye d'assouvir par des recherches complémentaires, articles de presse, reportages et autres informations qui ne manquent pas. Le contexte européen n'est sans doute pas tout à fait le même mais la menace est bien réelle, nécessitant une vraie réflexion sur les politiques à adopter en termes de santé publique, sur le plan judiciaire, la légalisation ou pas de certaines drogues, les salles de shoot, etc.
Une trilogie en coup de massue, brillantissime.
Tirés du texte :
When it was black and Porto Ricans, it wasn't an illness, it was a crime.
The war on drugs is big business.
The war on drugs has become a self-sustaining economic machine. Towns that once competed for factories now vie to build prisons. In " prison privatisation" - one of the ugliest combination of words I can imagine - we have capitalised corrections; corporations now make profits keeping human beings behind bars. Courts, lawyers, police, prisons - we are now addicted to the war on drugs.
La griffe du chien / Power of the dog (tome 1)
Cartel / The Cartel (tome 2)
Titre original : The border
Titre français : La frontière
Série The Power of the dog (3) / La griffe du chien (3)
Auteur : Don Winslow
Première édition : 2019
lundi 16 décembre 2019
Cartel / The cartel de Don Winslow
2004-2012, Mexique.
Après la Griffe du chien/The Power of the dog, nous retrouvons Art Keller cherchant la sérénité dans un monastère et Adan Barrera servant son temps dans une prison américaine. À la mort de sa fille chérie, le trafiquant obtient son extradition vers une prison fédérale mexicaine en "échange" de quelques informations choisies sur ses rivaux, désormais bien décidé à reprendre le contrôle de son empire. Le jeu du chat et de la souris peut reprendre entre les deux ennemis jurés alors que de nouveaux protagonistes (Les Zetas, les frères Tapia, Magda, Crazy Eddie Ruiz, Chuy, Pablo, etc), font leur apparition en apportant dans leur sillage une vague de violence sans précédent, dépassant l'imaginable, n'épargnant rien, ni personne. Le trafic de drogue n'est plus que le rouage presque anecdotique d'une machine infernale et totalement folle entraînant dans son mécanisme chantage, extorsions, kidnappings, prostitution, meurtres, tortures, viols, terreur, etc.: seul un pacte avec le diable pourra peut-être arrêter son emballement.
Le deuxiėme tome de cette trilogie de la griffe du chien nous emporte dans un rythme encore plus endiablé que le premier volume qui paraîtrait presque fade à la lecture de ce nouvel opus. Certaines scènes sont d'une violence tellement insoutenable et incroyable que je me suis parfois interrogée sur l'imagination de l'auteur et la "vérité" de certains épisodes. Quelques recherches rapides montrent qu'elles ne sont malheureusement souvent que le reflet de la réalité, la reprise de faits débordants sur le quotidien de "civils" mexicains innocents, les plus pauvres, les plus démunis, des victimes collatérales au service des intérêts de l'argent et du pouvoir. Ainsi, et pour ne donner que quelques exemples, ont véritablement existés :
- les redoutables "Zetas" (anciens des troupes d'élite reconvertis dans les trafics en tous genres),
- la guerre sanguinaire des gangs pour le contrôle de Juarez,
- l'attentat du casino Royale de Monterrey et ses 53 morts,
- ou encore le blog dénonçant les atrocités des narcotrafiquants ("Blog del Narco" dans la réalité).
Certains éléments historiques mis en scène dans le livre, comme l'élection présidentielle de Calderon sont également facilement vérifiables : un président issu d'un scrutin controversé qui a amené la population à manifester et à demander un recomptage des voix.
L'auteur a donc su composer avec la réalité pour nous livrer ce thriller d'une intensité rare, une véritable plongée dans l'univers absolu du mal. Il nous donne quelques indications sur ses sources dans ses remerciements et dédie ce "roman" aux journalistes assassinés pour avoir voulu dénoncer les crimes liés à cette guerre des gangs sans merci : trois pages non exhaustives de noms, un hommage bien troublant... Et un livre tout aussi troublant au regard d'une certaine actualité, sueurs froides garanties.
Extraits du texte :
Voir aussi :
La griffe du chien / The Power of the Dog
Titre original : The Cartel
Titre français : Cartel
Deuxième volume de la trilogie "La griffe du chien"
Auteur : Don Winslow
Première édition : 2015
dimanche 1 décembre 2019
La griffe du chien / The power of the dog de Don Wislow
Premier volume d'une trilogie, Dan Winslow ne nous laisse pas un seul moment de répit avec ce thriller détonant. Côté narcotrafficants, Tio Barrera puis ses neveux Adan et Raul qui règnent en maîtres sur le Mexique, plaque tournante ou "trempoline" de la drogue venue d'Amérique latine pour alimenter le marché américain.
Côté américain, le vengeur solitaire /"seigneur de la frontière", Art Keller, ancien du Vietnam qui a un compte à régler avec les Barrera et ne lâchera pas le morceau avant de les avoir fait tomber, c'est une question personnelle. Il lui faut composer avec les services secrets de son pays qui interviennent dans les pays d'Amérique Latine sans états d'âmes et un certain cynisme, peu importe les moyens, pour lutter contre l'avancée des "rouges" plus que contre la drogue, un moyen d'influence et de contrôle plus qu'un fléau.
Une toile absolument démoniaque avec une foultitude de personnages charismatiques aux personnalités complexes comme la belle Nora, call girl de luxe qui partage une amitié improbable avec un évêque ou Callan, gangster irlandais des bas fonds new yorkais embrigadé comme homme de main des services secrets lorsqu'il lui faut se mettre au vert.
Une tension constante, des rebondissement, du machiavélisme, des mensonges, de la corruption à tous les niveaux, des morts, beaucoup de morts souvent pas très propres... Trahisons, vengeances, guerre des gangs, clergé, politiques, gangsters... C'est dense, rythmé, enlevé... On ne sait plus toujours où est le bien et le mal, on tourne les pages à perdre haleine du début à la fin, bref, du grand thriller qui satisfera tous les amateurs du genre, même les plus difficiles.
Just “woaw“!
Titre original : The Power of the dog
Titre français : La griffe du chien
Premier volet de la trilogie de la griffe du chien
Auteur : Don Winslow
Première édition : 2006
samedi 2 novembre 2019
Zulu de Caryl Ferey
Début des années 2000.
À Cape Town, le corps d'une jeune femme, méconnaissable, est retrouvé dans le jardin botanique de Kirstenbosch et c'est Ali Neumann, le chef de la police criminelle d'origine Zulu qui est en charge de l'enquête. La victime est vraisemblablement la fille d'un ancien champion du monde de rugby et les investigations particulièrement sensibles alors que l'Afrique du Sud post-apartheid se prépare à accueillir la coupe du monde de football.
Avec sa touche personnelle si particulière, Caryl Férey nous emmène avec ce nouveau thriller ébouriffant à la découverte de l'Afrique du Sud en nous offrant un panorama complet couvrant son histoire et sa sociologie, ses ethnies, ses townships ; le pays à beau être passé dans le camp des démocraties, les fantômes du passés et les clivages sociaux et raciaux restent présents et la violence est partout, alimentée par la drogue, gangrenée par le sida.
Peut-être pas le meilleur des Caryl Férey à mon goût mais l'auteur possède un don véritable et rare, celui de construire des intrigues prenantes et rythmées auxquelles il mèle subtilement les données historico-socio-culturelle du pays ainsi placé au cœur du scénario si bien que chacun de ses romans est une invitation au voyage et une plongée dans la réalité d'un pays, loin des clichés touristiques.
Des romans noirs, ultra violents mais ultra documentés et au final, ultra-instructifs... On ressort plus intelligent à chaque fois, je suis devenue une inconditionnelle !
Du même auteur, voir aussi :
Saga maorie (Haka et Utu) [Nouvelle-Zélande]
Condor [Chili]
Mapuche [Argentine]
Titre : Zulu
Auteur : Caryl Ferey
Première: 2008
mardi 8 octobre 2019
Mapuche de Caryl Férey
Buenos Aires / Argentine, début des années 2000.
Jana est une jeune femme indépendante et secrète, artiste sculpteur d'origine Mapuche encore marquée par des traumatismes d'enfance. Une nuit, Paula, sa seule/meilleure amie, travesti /prostituée, l'appelle à l'aide après la disparition de Luz, un autre travesti qu'elle a pris sous aile et dont le cadavre sera retrouvé quelques heures plus tard.
Lui aussi fracassé de la vie, dans les années 1970, Ruben fut l'un des rares survivants des cachots sordides de l'école Mécanique de la Marine où furent engloutis sa petite sœur et son père, poète de renom : un épisode qui le ronge toujours, trente ans après, mais dont il ne parle jamais, pas même à sa mère qui espère toujours le retour de tous les siens. Aujourd'hui, il est détective privé et se consacre aux Mères de la Place de Mai qui réclament la vérité sur les enfants disparus et adoptés sous la dictature. C'est ainsi qu'il vient à enquêter sur la disparition de Maria Victoria Campallo, fille du promoteur le plus influent du pays.
Deux rescapés dont les chemins se rejoignent pour mener une enquête qui tourne à l'opération survie tant sont fortes les menaces du passé car si l'Argentine est redevenue une démocratie, elle n'en a pas pour autant fini avec ses démons et les compromissions de ceux qui en tiennent encore les rouages.
Un thriller à la dimension historico-socio-culturelle remarquable, encore une fois extrêmement bien documenté. Caryl Férey a l'art de donner voix aux laissés pour compte brisés par les rouages d'un système tout en nous faisant découvrir un pays dans toutes ses dimensions. Des personnages résilients, à la fois forts et sensibles, humbles et fidèles, profondément humains.
Une plume sans concession, désormais bien maîtrisée, épurée de ses anciennes lourdeurs, pour nous faire découvrir peuples et paysages au rythme d'un scénario ébouriffant, digne des plus grands studios hollywoodiens.
Une lecture qui égratigne mais dont on a l'impression de ressortir plus intelligent, je recommande sans restriction !
Du même auteur, voir :
Condor
Saga Maorie - Haka / Utu
Extraits du texte :
c'était redonner à ses tortionnaires le pouvoir de l'écraser.
Titre : Mapuche
Auteur : Caryl Férey
Première édition : 2012
lundi 7 octobre 2019
Phrom Thep de Marc Lasnier
(Anasua Sengupta)
Plusieurs fois divorcé, sortant d'une période de galère, Alain quitte Paris pour Phukhet en Thaïlande, bien décidé à prendre du bon temps en s'adonnant à sa passion, la photographie. Grâce à Vincent, son logeur, il découvre de bons coins et se sort de chausses trappes dans lesquelles il tombe comme bien des farangs (étrangers) un peu trop naïfs.
Un soir, il fait la connaissance de Wanapa, la quarantaine, indépendante, coiffeuse et alors qu'il ne croyait plus à l'amour, se met à filer le parfait cocon, prêt à tout pour protéger sa belle menacée par un mystérieux prédateur. Alors que les ombres du passé et la vengeance d'un ancien mari-narco-traficant tout puissant menacent d'engloutir sa nouvelle conquête, Alain ne manque ni de ressources ni de relations dans ce qui tourne en thriller infernal.
Émaillé de sa part d'invraissemblances indispensables au scénario, Phrom Thep est un thriller intense plutôt bien enlevé qui a le mérite de nous faire voyager entre la France et la Thaïlande, raison pour laquelle j'avais sélectionné ce livre. Côté carte postale, pas de déception, on y trouve une jolie évocation du pays du sourire et de ses habitants auprès desquels l'auteur est d'ailleurs lui même installé.
Sans doute pas un roman inoubliable mais un bon livre d'évasion avec une touche d'exotisme, à prendre pour ce qu'il est.
Titre : Phrom Thep
Auteur : Marc Lasnier
Première édition : 2017
lundi 29 juillet 2019
La cage dorée de Camilla Läckberg
Faye a décidé de réussir à tout prix après avoir tourné la page d'une enfance douloureuse qui sera son secret mais lorsqu'elle rencontre Jack, c'est l'amour fou, plus rien d'autre ne compte, elle se dévoue à lui corps et âme : elle renonce à terminer ses études pour aider le jeune homme à monter son entreprise, ils se marient, elle lui donne une fille, elle s'efface pour lui laisser la vedette et se consacrer à leur foyer.
Lorsque Jack la met dehors et la remplace par sa nouvelle assistante, Faye touche le fond avant de rebondir et d'imaginer une redoutable vengeance faisant appel à son sens des affaires et à l'association avec d'autres femmes baffouées par les hommes.
J'avais été un peu déçue par le dernier roman de Camilla Läckberg, la sorcière, mais j'étais prête à lui laisser le bénéfice du doute en achetant ce nouveau livre d'autant que l'histoire rompt complètement avec les repères habituels de l'auteur : nous abandonnons Erica/patrick et la région de Fjällbäcka à laquelle elle était fidèle jusque là pour Stockholm et un nouvel univers.
Si le plaisir à lire et à tourner les pages est bien là, l'intrigue me laisse totalement perplexe. Le roman a un côté très "féministe" mais je ne suis pas certaine qu'il serve la cause des femmes par son côté excessif un peu abracadabrant. Les personnages ne sont par ailleurs pas particulièrement sympathiques, très caricaturaux pour les hommes, totalement machiavéliques et manipalateurs d'un côté ou tom-boys sans aucune substance de l'autre, et assez incohérent pour ce qui est de Faye dont les qualités intellectuelles exceptionnelles vont et viennent, totalement anihilées ou exacerbées par ses sentiments pour Jack.
Avec cette lecture, Patricia Läckberg perd pour moi sa qualité de valeur sûre ; elle ne m'a pas convaincue avec La cage dorée, premier volume d'un dyptique dont je n'attends avec aucune impatience le deuxième volume ... que je ne suis d'ailleurs pas même sûre de vouloir lire !
Déçue.
Du même auteur :
La sorcière
Titre français : la cage dorée
Auteur : Camilla Läckberg
Première édition : 2019
lundi 8 avril 2019
My absolute darling / My absolute darling de Gabriel Tallent
Turtle (Julia), quatorze ans, est élevée par un père survivaliste qui la tient entièrement sous sa coupe : ils vivent dans une vieille baraque isolée au bord de la mer et au milieu des bois et rien ne filtre de ce qui se passe chez eux. On plonge dans leur univers avec le regard de Turtle alors que l'adolescente est tiraillée entre l'amour et la loyauté qu'elle ressent pour ce père lui vouant un "amour absolu" et les sentiments d'enfermement et d'étouffement qui l'envahissent de plus en plus, la poussant à des escapades solitaires au fond des bois pour échapper à cette emprise et libérer son âme.
Un véritable parcours iniatique dans le contexte de ce huit-clos familial progressivement sapé grace à quelques fenêtres entrebaillées sur un autre monde par un grand-père, une enseignante, une amitié accidentelle née une nuit d'orage au fond des bois et l'arrivée d'une petite fille dans la maison.
Une tension, une emprise et une violence aussi bien physique que psychologique portées à leur comble pour cette jeune fille charismatique à l'esprit de survie particulièrement aiguisé qui ne cherche qu'à sauver son âme.
Ce premier roman a fait une forte impression aux Etats-Unis et on comprend pourquoi en découvrant cette histoire à classer dans le même registre que La vraie vie d'Adeline Dieudonné. Impuissants et incrédules lecteurs découvrant l'horreur du monde de Turtle - qui n'est pour elle que sa "normalité"-, on tourne les pages, magnétisés, en se demandant comment tout cela va bien pouvoir finir. Au dela de Turtle, un récit intense et admirablement ficelé jouant admirablement sur l'ambiguité et la complexité du personnage du père, sur l'inaction de ceux qui se doutent mais ne font rien et préfèrent détourner le regard. Au passage, on aborde l'Amérique des armes, celle des survivalistes tout en découvrant une nature sauvage de ce coin de Californie, magnifiquement évoquée.
Haletant, brutal et troublant.
Titre original : My absolute darling
Titre français : My absolute darling
Auteur : Gabriel Tallent
Première édition : 2017
mercredi 12 septembre 2018
Un frère de trop de Sébastien Theveny
Pendant l'été 1986, la sortie en mer de Pierre-Hugues, Édouard et Marie-Caroline tourne au drame lorsque l'aîné de la fratrie Lacassagne passe par dessus bord et disparaît.
Trente ans plus tard, alors que le patriarche s'apprête à passer la main de son empire immobilier de la côte d'Azur à ses enfants survivants, il fait appel à un jeune journaliste pour qu'il rédige ses mémoires afin de laisser une trace écrite de son parcours exceptionnel. Au cours de ses entretiens avec les différents membres de la famille et du personnel qui lui est proche, le journaliste en vient à approfondir la question du fils aîné fauché trop jeune au cours d'un été où les tensions familiales, les rivalités et les secrets étaient particulierement vifs si bien qu'il finit par se demander si ce qui a été qualifié d'accident ne cache en réalité pas quelque chose de plus sombre ...
Un livre publié en auto-édition qui avait attiré mon attention pour ses excellentes revues. Pas mal construit, facile à lire et offrant un bon moment d'évasion dans le cadre niçois contemporain - période des attentats inclus - c'est un thriller à rebondissements qui n'a toutefois rien de véritablement exceptionnel et qui sera par conséquence sans doute assez vite oublié !
Titre : un frère de trop
Auteur : Sébastien Theveny
Autoédition
Première édition : 2017












