lundi 31 juillet 2017

Chanson Douce de Leïla Slimani


Le livre commence par un drame, celui de deux enfants tués par leur nounou ...
Retour en arrière : Myriam se consacre à ses enfants Mila et d'Adam qui absorbent son temps et son énergie. Mais après la naissance du petit garçon, une opportunité professionnelle s'ouvre pour Myriam qui décide avec Paul, son mari, de confier la garde des enfants à une nourice employée à domicile. Louise entre alors dans leur foyer et dans leur vie telle Mary Poppins. Une perfectionniste un peu trouble qui semble combler et compenser ainsi une vie personnelle terne et morose ...

Le prétexte de départ est tiré d'un fait divers américain qui a inspiré l'auteur affichant la couleur dès le début du livre. Un moyen sans doute de pousser à l'extrême le flou et l'ambiguïté de la relation nourrice-employée-amie-personne de confiance qui se noue avec les parents confiant leurs jeunes enfants. Beaucoup d'éléments propres à ces relations parents-nounous sont très bien décrits, les doutes, le déni, la culpabilité de laisser les enfants, la jalousie de la relation qui nait avec une personne extérieure, le confort de mettre les pieds sous la table en rentrant sans chercher à en savoir plus sur la personne employée ... Le lien est un curseur à dimension variable qui oscille entre le recul nécessaire aux rapports employé-patron et la satisfaction/chaleur/intimité d'une relation plus amicale-de confiance. On sent que tous ces éléments ont été finements analysés et ils sont fidèlement et finement présentés dans l'histoire. 

Par contre, par rapport au drame qui ouvre le livre, l'histoire ne m'a pas convaincue et reste frustrante : on sait ou ça va mais on ne sent pas la violence monter, celle qui va pousser Louise et justifier le passage à l'acte; on ne tremble pas et au final on ne comprend pas vraiment ce qui mène à cet acte irrémédiable. Je n'ai par ailleurs pas développé d'attachement particulier pour l'un ou l'autre des personnages tous pris par leurs activités, qui se fondent tous dans une grande banalité sans que l'on ressente la force des liens qui pourraient les unir, aussi bien du côté des adultes que des enfants. Une famille moyenne lambda qui n'est peut-être là que pour servir de pretexte ... Un livre qui laisse au final un certain sentiment d'indifférence et de banalité alors que le fond de l'histoire est terrible, j'aurais aimé en savoir un peu plus, d'autant plus dommage que c'est bien écrit.         

Titre : Chanson douce
Auteur : Leïla Slimani
Première édition : 2016
Prix Goncourt 2016

mercredi 26 juillet 2017

New Boy de Tracy Chevalier


Dans les années 1970. Fils d'un diplomate Ghanéen, Osei Kokote arrive dans une nouvelle école à Washington, la quatrième en six ans. Seul enfant noir, nouveau et étranger, il sait d'expérience que la cour peut être un monde impitoyable. Mais cette fois, il est pris sous l'aile de Dee, la fille la plus populaire de l'école, avec qui la connexion et la fascination est immédiate. Cela n'est pas du goût de Ian, garçon malsain et dominateur qui va manigancer pour séparer les nouveaux amis...

Tracy Chevalier explore ici le thème de la "différence" sous ses différentes facettes. Un drame au cours duquel se déploient une vaste palette de sentiments des uns pour les autres sous la supervision pas toujours bienveillante des adultes : amour, jalousie, manipulation, trahison, racisme latent ...
Une tragédie courte en cinq actes qui est en fait une transposition d'Othello dans une cour d'école à l'époque du "Black Power", rythmée par les temps de récréation sur une journée. Cet exercice de "réécriture" d'une pièce de Shakespeare ainsi revue et corrigée fait partie d'une série confiée à divers auteurs par l'éditeur londonien Hogarth Press.

Essai plus ou moins réussi, le livre de Tracy Chevalier se lit facilement et rapidement. L'histoire est dynamique et cruelle, relativement plausible même si on s'interroge parfois sur la maturité donnée à ces enfants de 11/12 ans qui en sont les héros. Mis à la portée de tous, y compris du jeune public, ce n'est pas shakespeare mais cela donne envie de le relire et d'explorer un peu plus l'expérience lancée par l'éditeur anglais pour le 400ème anniversaire de la mort du dramaturge.

Tracy Chevalier est une auteure que j'apprécie et dont je suis les publications. J'avais adoré Prodigieuses créatures, apprécié La dernière fugitive mais j'avais trouvé L'orée du verger un peu sordide et inégal. Avec New Boy, l'auteur s'adonne à un exercice totalement différent en phase toutefois avec un certain éclectisme dans le choix des sujets historiques dont elle sait habituellement nous régaler. 

Titre original : New Boy
Pas encore de traduction française.
Auteur : Tracy Chevalier
Première édition : 2017

En savoir plus :
Site de Tracy Chevalier  ICI
Why rewrite Shakespeare ? - The New Yorker 17/10/2016  ICI

samedi 22 juillet 2017

Confiteor de Jaume Cabré



Alors que l'esprit brillant d'Adria Ardevol commence lentement à décliner, érodé par l'impitoyable maladie d'Alzheimer, l'érudit se lance dans l'écriture d'une longue lettre de confession à Sarah, l'amour de sa vie, dans laquelle il consigne son histoire. Une enfance dans l'Espagne franquiste et un foyer où le jeune Adria, enfant docile et doué, en manque d'amour, se plie aux désiderata de ses parents, entre un père féru de langues anciennes qui souhaite que son fils suive ses traces en multipliant et cumulant l'apprentissage des langues et une mère qui veut en faire un virtuose du violon.
Une vie ombragée des péchés originels du père "antiquaire", collectionneur avide et habile traffiquant surfant sur les horreurs des époques pour escroquer des victimes et/ou des bourreaux en fuite...
Une vie marquée par quelques personnages seulement et aussi, des objets en forme de trait-d'union, des tableaux, un violon ancien ou une médaille qui servent de liens avec d'autres époques, d'autres lieux, d'autres personnages alors que tout se fond et se mélange parfois dans l'esprit de celui qui raconte...

Un livre prenant et déroutant, porté par une écriture non linéaire, au premier abord difficile avec des phrases qui parfois s'interrompent sans se finir en laissant un mot en suspens, des paragraphes qui commencent à la première personne et se finissent à la troisième, ou inversement, et dans lesquels les bourreaux de l'inquisition se mélangent à ceux des camps d'extermination nazis...
La confusion et le chaos de l'esprit de celui qui se confie n'empêche toutefois pas la compréhension de ce qu'il souhaite transmettre, comme une esquisse un peu désespérée tracée à coup de crayon de laquelle émerge finalement une grande fresque romanesque traversant le temps, du 16ème siècle à l'époque contemporaine, de l'Espagne à l'Afrique en passant par l'Allemagne ou les Pays-Bas, avec en filigramme, des thèmes forts : le mal et la rédemption, le déni et la cuplabilité, l'amitié et la trahison, l'admiration et l'envie, l'amour et le mensonge, l'horreur et la beauté, la connaissance et l'ignorance  ... 
Une lecture qui se mérite mais puissante, riche, dense et marquante.

Tout simplement époustouflant !

Titre original (Catalan) : Jo Confeso
Titre français : Confiteor
Auteur : Jaume Cabré
Première édition : 2011

lundi 17 juillet 2017

La mémoire retrouvée / The Hare with Amber Eyes d'Edmund de Waal



Edmund de Waal est un céramiste anglais connu. C'est aussi un descendant Ephrussi, une famille de banquiers juifs originaires d'Odessa qui avait fait fortune dans le commerce de grains avant d'étendre son empire financier et son influence à Vienne et à Paris, à l'égal des Rotschild et des Camondo.
Quand il hérite d'une collection de 264 Netsuke* léguée par son grand oncle au début des années 2'000, Edmund de Waal va mener une enquête quasi-obsessionnelle pendant laquelle il délaisse son métier afin de reconstituer le parcours suivi par ces objets avant qu'ils n'arrivent jusqu'à lui. En se basant sur des documents de famille, des archives, des publications d'époque, des livres, des témoignages, des voyages pour retourner aux sources, Edmund de Waal retrace non seulement l'histoire de ces objets au sein de sa famille mais aussi et surtout celle de ses ascendants dans le contexte historique des époques traversées ... à Paris, Vienne et au Japon ... de celui qui a acheté la collection - Charles le mondain parisien amoureux des arts et ami des artistes, modèle probable du personnage de Charles Swann créé par Proust - jusqu'au grand-oncle Iggie qui l'a lui a léguée après un sauvetage miraculeux par la fidèle servante, Anna, au moment de la déferlante nazie ...

Ce livre est né de la recherche personnelle d'Edmund de Waal pour en savoir plus sur une collection particulière d'objets. Une histoire tellement passionnante que ceux à qui il la confiait lui ont conseillé de l'écrire. Dans sa démarche, on sent que l'auteur est scrupuleux, ses recherches très approfondies, si bien qu'il donne beaucoup de détails en essayant de rendre une image aussi fidèle que possible de ses personnages tout en laissant parfois libre cours à son imagination.
Un livre très intéressant pour l'aspect témoignage et sa remise en contexte qui couvre un siècle et demi d'histoire.

* Nota :
Avant l'ère Meiji, le Netsuke était un objet vestimentaire traditionnel japonais : de petits objets qui pendaient à la ceinture, finement sculptés, en matériaux divers, plus ou moins précieux, qui constituaient de véritables œuvres d'art miniatures.

Citations du livre :
- Yanagi [Soetsu], a philosopher, art historian and poet, had evolved a theory of why some objects - pots, baskets, cloth made by unknown craftsmen - were so beautiful. In his view, they expressed unconscious beauty because they had been made in such numbers that the craftsman had been liberated from his ego.
- With languages, you are at home anywhere.
- Great patronage comes through the astute use of money and is not hereditary.
- It is an interesting question for any artist: how long must you go on feeling grateful once someone has bought your work ?
- Losing things can sometimes gain you space in which to live. 
- Objects have always been carried, sold, bartered, stolen, retrieved and lost. People have always given gifts. It is how you tell their stories that matters. (...) It is not just things that carry stories with them. Stories are a kind of thing, too. Stories and objects share something, a patina.(...) Perhaps patina is a process of rubbing back so that the essential is revealed.

Titre original : The Hare with Amber Eyes, a hidden inheritance
Titre français (titre initial) : La mémoire retrouvée, l'incroyable destin de la collection Ephrussi
Titre français (éditions plus récentes) : Le Lièvre aux yeux d'Ambre, une collection mythique, un siècle d'histoire : splendeur et déclin de la famille Ephrussi
Auteur : Edmund de Waal
Première édition : 2010

jeudi 13 juillet 2017

Des Chauves-souris, des singes et des hommes de Paule Constant


En Afrique. Une forêt. Des montagnes. Une rivière.
Dans un village, une fillette adopte une chauve-souris alors que les garçons et les hommes rapportent un grand singe de la forêt.
Ailleurs, les sœurs d'une mission offrent tant bien que mal leurs services dans l'isolement et le dénuement et accueillent une femme médecin bénévole en transit, chargée de mener à bien une campagne de vaccination.
Un vendeur ambulant passe de village en village en apportant sa gouaille et une touche cocasse.
D'autres personnages encore viennent étoffer une fresque africaine aux multiples facettes dans laquelle les chemins se croisent et se décroisent en drainant dans leur sillage l'ombre de la mort.

Dans ce roman, Paule Constant laisse libre court à son imagination afin de nous présenter sa version d'Ebola, la façon dont cette maladie a pu se transmettre de l'animal à l'homme avant de se répandre plus largement. Elle nous dresse le portrait d'une Afrique profonde et traditionnelle, à la frange du monde moderne, à la fois lointaine et très proche.

Une théorie intéressante et une histoire qui se lit bien, pas gaie-gaie mais ne manquant pas de couleurs pour découvrir cette auteure que je ne connaissais pas, pourtant membre de l'académie Goncourt depuis 2013, prix de l'Académie Française 1990 pour White Spirit et prix Goncourt 1998 pour Confidence pour confidence.

Titre : Des chauves-souris, des singes et des hommes
Auteur : Paule Constant
Première édition : 2016

mercredi 12 juillet 2017

La vengeance des mères de Jim Fergus



L'armée américaine a dévasté le camp d'hiver de Little Wolf en massacrant indifféremment hommes, femmes et enfants. La plupart des femmes blanches du camp, épouses de guerriers, envoyées dans le cadre d'un accord pour favoriser l'intégration culturelle des peuples, ont elles aussi été exterminées avec leurs enfants. Parmi les survivants, les jumelles Margaret et Susan Kelly sont bien décidées à venger la mort de leurs amies et de leurs bébés alors que débarque un nouveau convoi de femmes blanches. Toutes finissent par trouver refuge auprès de Sitting Bull alors qu'il ressemble autour de lui de nombreuses tribus prêtent à combattre l'homme blanc afin de préserver un mode de vie menacé de disparition ...

J'avais beaucoup aimé l'histoire des Mille Femmes Blanches, racontée au travers du journal d'une des femmes blanches volontaires pour épouser des guerriers indiens. C'est donc avec grand plaisir que j'ai entamé la lecture de la suite qui adopte le même procédé narratif, celui du journal. Cette fois, l'auteur donne une version à deux voix qui se chevauchent avec des styles et des observations à diapasons variables : celui des jumelles d'une part, peu éduquées et avides de vengeance, qui suivent l'exemple de leur ancienne amie, et celui d'une nouvelle venue particulièrement volontariste qui découvre la vie indienne.

L'histoire se lit aussi facilement que le premier opus même si je trouve le résultat inégal, parfois décevant du fait de quelques longueurs et de personnages sans doute moins attachants. Le soin apporté par l'auteur aux descriptions du mode de vie des indiens et la montée en puissance de l'histoire culminant dans la bataille de Little Big Horn compensent toutefois ces réserves. Une lecture somme toute édifiante et relativement brutale mais qui rend une image vraisemblable des retranchements dans lesquels ont été poussés les peuples amérindiens victimes d'une colonisation aveugle.

Un troisième volume serait en préparation pour conclure cette trilogie indienne, à suivre donc !

Titre original : La vengeance des mères
Auteur : Jim Fergus
Première édition : 2016

dimanche 9 juillet 2017

Libellules de Joël Egloff


Un recueil de nouvelles rythmé par les questions d'un enfant à son père, sur la vie et la mort, et l'observation de petites choses de la vie de tous les jours, faites de tout et de rien : une femme qui secoue son linge, les bavardages chez le coiffeur, le souvenir d'une carabine à patate, le repêchage d'une lettre perdue au fond de la boîte, une collection des surprises d'œufs Kinder, un moineau qui s'écrase sur une vitre, etc.    

Ca virevolte de-ci, de-là ...

Une écriture poétique et légère dans laquelle l'auteur se met en scène et qui ravira les adeptes de ce genre littéraire. Mais aussi joliment écrit et facile à lire que ce recueil peut l'être, je n'arrive toujours pas à me laisser séduire et convaincre par ces concentrés d'histoires livrées au compte-gouttes, sans queue ni tête.

Titre : Libellules
Auteur : Joël Egloff
Première édition : 2012

dimanche 2 juillet 2017

Homo Deus de Yuval Noah Harari



Après Sapiens, une brève histoire de l'humanité, Yuval Noah Harari nous propose un essai plus prospectif sur le devenir de l'humanité dans lequel il explique comment l'Homo Sapiens pourrait bien devenir Homo Deus : parce qu'aujourd'hui, les trois fléaux qui affligeaient l'humanité - famines, maladies et guerres - sont quasiment maitrisés ou qu'en tout cas, ils sont devenus mineurs par rapport aux problématiques actuelles de l'humanité dans sa globalité, quel pourrait bien être le nouvel "agenda humain" dans un monde en pleine mutation ?
L'auteur s'interroge et nous interpelle : sur quoi l'homme va-t-il s'investir dans les siècles à venir ? comment la société va-t-elle se réinventer ? en se fondant sur quelles valeurs ? de quoi le monde de demain sera-t-il fait ?

Un livre très documenté avec beaucoup d'informations, des questions soigneusement analysées,  nombreuses, pertinentes, parfois dérangeantes quant aux conséquences qu'il faut en tirer et une démonstration confondante organisées autour de trois grands développements :
1 - La domination du monde par l'homme et les questions qu'elle soulève :
Quelle est la différence entre l'homme et les autres animaux ?
Comment notre espèce a-t-elle conquis le monde ?
Homo Sapiens : une forme de vie supérieure ou juste un tyran dominateur ?
2 - La recherche de sens par l'homme :
Quel type de monde l'homme créé-t-il ?
Comment les hommes sont convaincus qu'ils contrôlent non seulement le monde mais aussi son sens ?
Comment l'humanisme - le culte de l'humain - est devenu la plus importante des religions ?
3 - La perte de contrôle par l'homme :
Les hommes peuvent-ils continuer à gérer le monde et lui donner du sens ?
Biotechnologies et l'intelligence artificielle, comment menacent-elles l'humanisme ?
Qui peut hériter de l'humanité et quelle religion pour remplacer l'humanisme ?

Des capacités d'analyse et de synthèse absolument fascinantes, un jeune historien israélien qui embrasse le monde et l'humanité dans leur ensemble, en prenant un recul suffisant et une approche globale transversale mêlant histoire, philosophie, sciences, arts et toutes autres disciplines qui permettent une réflexion hors cadre.
Une étude à la fois abordable et puissante : "de la nourriture pour l'esprit" comme disent les anglo-saxons !

Citations :
- For the first time in history, more people die today from eating too much than from eating too little; more people die from old age than from infectious diseases; and more people commit suicide than are killed by soldiers, terrorists and criminals combined.
- No clear line separates healing from upgrading (...). Medicine almost always begins by saving people from falling below the norm, but the same tools and know-how can be used to surpass the norm. 
- The study of history aims above all to make us aware of possibilities we don't normally consider.(...) Historians study the past not in order to repeat it, but in order to be liberated from it (...) Studying history will not tell us what to choose, but at least it gives us more options.(...) Movements seeking to change the world often begin by rewriting history, thereby enabling people to reimagine the future. 
- People are usually afraid of change because they fear the unknown. But the single greatest constant of history is that everything changes.
- Emotions are biochemical algorithms that are vital for the survival and reproduction of all mammals.
- Homo sapiens is the only species on earth capable of co-operating flexibly in large numbers.(...) All large scale human cooperation is ultimately based on our belief in imagined orders. (...) Sapiens rule the world because only they can weave an intersubjective web of meaning : a web of laws, forces, entities and places that exist purely in their common imagination.
- Religion is a deal, whereas spirituality is a journey.(...) Religion seek to cement the wordly order whereas spirituality seeks to escape it. 
- Meaning and authority always go hand in hand. Whoever determines the meaning of our actions - whether they are good or evil, right or wrong, beautiful or ugly - also gains the authority to tell us what to think and how to behave. 
- Soon, books will read you while you are reading them.
- 20th century medicine aimed to heal the sick. 21st century medicine is increasingly aiming to upgrade the healthy. 
- Technological revolutions now outpace political processes.
- Data-ism is the first movement since 1789 that created a really novel value : freedom of information.

Titre original : Homo Deus, a brief history of Tomorrow
Titre français : Homo Deus, une brève histoire de l'avenir (à paraitre, septembre 2017)
Auteur : Yuval Noah Harari
Première édition : 2017