lundi 27 février 2023
The Joy and Light Bus Company de Alexander McCall Smith
vendredi 26 novembre 2021
Près de la mer / By the Sea de Abdulrazak Gurnah
mardi 23 novembre 2021
Le verger des âmes perdues / The Orchard of Lost Souls de Nadifa Mohamed
samedi 20 novembre 2021
Afterlives de Abdulrazak Gurnah
dimanche 7 novembre 2021
Silence is a Sense de Layla Alammar
jeudi 4 novembre 2021
The Good Sister de Morgan Jones
lundi 16 août 2021
L'enfant du train / While Paris Slept de Ruth Druart
dimanche 27 juin 2021
La soeur disparue / The Missing Sister de Lucinda Riley
La soeur de la lune / The moon sister
Les sept soeurs / The seven sisters
mercredi 2 juin 2021
Fille, Femme, Autre / Girl, Woman, Other de Bernardine Evaristo
mercredi 30 septembre 2020
L'apiculteur d'Alep / The Beekeeper of Aleppo de Christy Lefteri
vendredi 11 septembre 2020
Il était une lettre / The Letter de Kathryn Hughes
samedi 1 février 2020
The house between tides de Sarah Maine
Comme le va et vient des marées, on va ainsi passer des années 1910-1911 à l'époque actuelle, de Théo et Béatrice Blake à Hetty, d'un peintre tourmenté collectionneur d'oiseaux à une jeune femme projetant de transformer une maison héritée en hotel de luxe avec toujours, au centre, Muirlan House, ses fantômes et ses secrets. Il faut dire que les choses ne sont pas telles qu'Hetty se les était imaginées : son héritage n'est qu'une ruine irrécupérable, la source ancienne et amère de ressentiments pour la population locale et pour couronner le tout, le sondage des fondations mettent à jour un cadavre... Dans une communauté où tout se sait et qui ne compte aucun disparu, qui cela peut-il bien être ? ... Ne reste alors plus qu'à déméler les fils du passé pour tricoter le futur...
Un roman et des personnages qui battent véritablement autour d'un lieu dans toute sa beauté sauvage soumise aux éléments, sans cesse renouvelée. Un endroit qui semble réduire les hommes au second plan ou comme simples figurants d'un tableau qui les absorbe et les engloutit, d'abord subjugués puis anéantis. Amours, modes de vies, rapports entre riches et pauvres / puissants et subalternes / hommes et femmes, les thèmes abordés ne manquent pas et on se laisse facilement emporter dans le sillage de cette fresque romanesque même si elle est parfois un peu prédictible et/ou simpliste.
Un livre toutefois très évocateur qui fait (re) naître l'envie d'aller découvrir ces îles lointaines d'Écosse, comme avait déjà su le faire Peter May dans sa trilogie écossaise.
La trilogie écossaise de Peter May, voir :
L'île des chasseurs d'oiseaux / The Black house
L'homme de Lewis / Lewis Man
Le braconnier du lac perdu / The Chess Man
Titre original : The House Between Tides
Pas encore de traduction française
Auteur : Sarah Maine
Première édition : 2014
jeudi 9 janvier 2020
Kintu / Kintu de Jennifer Nansubuga Makumbi
L'histoire commence dans la violence, par le lynchage du jeune Kamu sur un marché. Elle nous emmène ensuite au 18ème siècle, au royaume du Bunganda, sur les traces de Kintu Kidda, l'ancêtre qui, à la suite d'une gifle mortelle malheureuse et malgré les précautions prises, attira une redoutable malédiction sur toute sa descendance.
Au fil des "cinq livres" qui constituent ce roman et qui démarrent tous le 5 janvier 2004 avant de repartir dans le passé, nous découvrirons le destin tragique des héritiers infortunés de Kintu Kidda : Suubi Nnakintu, Kanani Kintu, Isaac Newton Kintu et Miisi Kintu. Enfant abandonné et livré à lui-même, inceste, folie, suicide, sida, guerre, les maux s'abattent comme la normalité dans les différentes branches plus ou moins éduquées, plus ou moins religieuses, de cette famille maudite caractérisée par la jumelité. Alors, pour essayer de surmonter toute cette fatalité, les "anciens" du clan dispersé vont tenter de le reconstituer et de le rassembler sur les terres ancestrales afin d'acomplir les cérémonies rituelles- superstitions pour certains- seules capables de vaincre le mal.
Pas toujours facile à suivre avec les changements temporels et patronimiques mais un roman dépaysant qui nous mène en Ouganda, au cœur du continent africain. Une sorte de saga familiale aux ramifications multiples et indépendantes au départ et une approche d'écriture originale pour brasser ces histoires personnelles à un passé historique post-colonial douloureux et trouble. La partie pré-coloniale évoquant un monde traditionnel disparu est quant à elle particulièrement intéressante et bien mise en scène.
Entre drames, résilience et espoirs, un premier roman original qui compte et qui vient enrichir cette jeune littérature africaine, ougandaise en l'occurence.
D'origine Ougandaise, l'auteur vit aujourd'hui en Angleterre ; une voix/plume pour le moins ensorcelante qui apporte un nouveau souffle à la littérature mondiale.
À suivre.
Tiré du texte :
Titre français : Kintu
Titre anglais : Kintu
Auteur : Jennifer Nansubuga Makumbi
Première édition : 2014
vendredi 16 août 2019
Mrs Hemingway/ Mrs Hemingway de Naomi Wood
Sous le titre de Mrs Hemingway se cachent non pas une mais quatre femmes : Hadley Richardson, Pauline Pfeiffer, Martha Gellhorn et Mary Welsh, les quatre épouses qui se sont succédées auprès du célèbre écrivain prix Nobel américain, des années 1920 jusqu'à sa mort en 1961.
Dans ce roman, Naomi Wood imagine la façon dont ces femmes se sont croisées et succédées. L'auteur construit le récit autour des moments de transition de l'une à l'autre pour en faire des héroïnes qui semblent se passer le relais : Hadley à Fife, Fife à Martha, Martha à Mary. Ces périodes clés sont entrecoupées de retour dans le temps permettant d'évoquer les circonstances des rencontres d'Hemingway avec chacune d'entre elle.
À travers les époques, des années folles à l'après seconde guerre mondiale, l'auteur nous promène à Paris, Antibes, Key West, Cuba, Londres. Elle fait revivre avec force et crédibilité non seulement les lieux et les époques mais aussi le personnage d'Hemingway qui est le pivot du livre sans en être le héro ... même si on apprend beaucoup de choses sur lui !
On le voit briller puis veillir et se transformer, du jeune homme flamboyant à l'homme mûr dépressif, jamais seul, toujours accompagné et soutenu par l'amour de sa femme du moment. Des portraits qui rendent hommage et humanité à ses quatre épouses aux personnalités et sensibilités très différentes, l'une musicienne, les trois autres journalistes.
Une fiction bien montée et une lecture plaisante pour faire le plein d'émotions : amours, passions, tromperies, fêtes, voyages, alcool ... tout y est, il n'y a qu'à tourner les pages et apprécier ... et après, sous le charme comme ses femmes, nait comme une petite envie de (re)lire Mr Hemingway !
Extraits du livre :
Titre français : Mrs Hemingway
Titre original : Mrs Hemingway
Auteur : Naomi Wood
Première édition : 2014
jeudi 31 janvier 2019
The colours of all the cattle d'Alexander McCall Smith
Et de dix-neuf !
Dans la série Mma Ramotswe, nous voici plongés dans une nouvelle enquête commandité à notre grande détective afin de retrouver un chauffard coupable d'un déli de fuite. Nous sommes également et surtout associés aux problèmes de conscience de notre chère enquêtrice, solicitée par Mma Motokwane - celle qui dirige d'une main de fer l'orphelinat et à laquelle on ne résiste pas - pour se présenter aux élections contre l'ambitieuse Violet Sepotho, unique candidate d'un siège à pourvoir au sein du conseil municipal de Gaborone. Une élection cruciale, compte tenu d'un projet contreversé d'hotel à batir en limite du cimetière.
Entourée de son équipe de choc désormais élargie à trois autres détectives (aux divers titres d'associé-apprenti-assistant-détectives), on se régale toujours autant en suivant les réflexions et l'évolution de chacun des personnages comme par exemple celui de Charlie, le bourreau des coeurs qui commence un peu plus sérieusement à mûrir.
Sans aucune prétention, un petit rendez-vous annuel de lecture, incontournable et toujours apprécié. Fan je suis, fan je reste !
Titre original : The Colours of all the Cattle
samedi 8 décembre 2018
Les mots entre mes mains / The words in my hands de Guinevere Glasfurd
Jeune fille intelligente sans moyens, Héléna est placée comme servante dans la maison d'un libraire-logeur d'Amsterdam chez lequel elle va rencontrer René Descartes. Une relation va naître entre le mathématicien-philosophe proche de la quarantaine en recherche d'anonymat et la jeune fille auto-éduquée à la lecture et à l'écriture ...
Entièrement romancée et racontée au travers des yeux d'Héléna, l'histoire n'en est pas moins basée sur des faits réels récapitulés à la fin du livre pour permettre au lecteur de faire la part des choses. Un premier roman très réussi, plein de sensibilité qui permet de donner vie et humanité à ce que la relation entre Héléna et Descartes a pu être. Un roman dans lequel Descartes n'est que le personnage secondaire pour laisser le devant de la scène à Héléna , personnage apparaissant très moderne pour son époque dans son désir d'éducation et sa volonté d'émancipation. Une histoire d'amour avérée mais méconnue et cachée à une époque charnière entre obscurantisme et lumières où pèse le poids de la religion et du qu'en dira-t-on tant sur le plan social que celui des idées.
On se laisse séduire et emporter par ce personnage féminin relégué par l'histoire dans l'ombre de l'illustre penseur mais qui prend ici une dimension d'héroïne. La lecture est facile et fluide, les personnages secondaires intéressants tout comme la remise en contexte de l'époque, bref, un p'tit coup de coeur de fin d'année !
Titre original : The words in my hand
Titre français : Les mots entre mes mains
Auteur : Guinevere Glasfurd
Première édition : 2016
lundi 21 mai 2018
The house of Unexpected Sisters d'Alexander McCall Smith
Cette fois, l'équipe va enquêter sur le cas d'un licenciement pour faute grave qui parait au premier abord abusif, celui d'une employée d'un marchand de mobilier de bureau qui aurait insulté un client après huit ans de bons et loyaux services sans aucune faute. Évidemment les choses ne sont pas aussi évidentes qu'elles le semblent et notre équipe finit par découvrir que ce renvoi cache un complot plus complexe qui menace indirectement Mme Makutsi et dans lequel est impliqué l'impitoyable et ambitieuse Violet Sephotho.
Dans le même temps, Mma Ramotswe va mener une enquête qui la perturbe, sur une infirmière qui porte le même nom qu'elle ...
Toujours autant de légèreté et de fraîcheur portées par ce vent venu d'Afrique ... Une évocation attendrissante du Botswana au travers de ces personnages pittoresques emprunts de tradition dans un monde qui se modernise alors que se poursuit le cours de leur vie.
Une petite parenthèse de lecture sans prétention que j'attends et me réserve chaque année afin de retrouver ma bonne Mma Ramotswe, fille d'Obe et première femme détective privé du Botswana !
Voir aussi :
Precious and Grace
Titre anglais : The House of Unexpected Sisters
Série No 1 Ladies' Detective Agency - 18ème volume
Pas encore de traduction française
Auteur : Alexander McCall Smith
Première édition : 2018
dimanche 11 février 2018
La salle de bal / Ballroom de Anna Hope
Angleterre, 1911.
Pour avoir cassé une vitre dans l'usine qui l'emploie depuis qu'elle est enfant, Ella est internée à l'asile d'aliéné de Sharston où elle n'aspire qu'à une seule chose : s'échapper. Elle y fait la connaissance de Clem que son père et son frère ont fait enfermer suite à une grève de la faim entamée pour marquer son refus d'être mariée à un ami de son père. D'abord nourrie de force, Clem s'est résolue à se soumettre à la routine de l'asile en s'investissant dans le travail et en s'évadant dans les livres. Du côté des pensionnaires masculins, John Mulligan est arrivé dans l'établissement pour "mélancolie" où l'irlandais déprimé fait la paire avec Dan, un personnage pittoresque qui a navigué sur toutes les mers.
Dans cette institution comptant les patients par centaines, les pensionnaires des deux sexes sont assignés à des zones et des taches différentes mais une fois par semaine, le vendredi, ceux qui ont le privilège d'être sélectionnés se mélangent dans une immense salle de bal pour danser le temps d'une soirée organisée à des fins thérapeutiques. L'orchestre est mené par Charles (Dr Fuller), "consultant médical chef" qui semble avoir trouvé sa voie dans cet emploi le libérant de l'emprise familiale en combinant sa passion de la musique et les connaissances médicales glanées au cours d'études qui lui ont été imposées. Personnalité ambigue, il est captivé par les questions d'eugénisme abordées pendant sa formation, et en vient à s'intéresser de façon quasi-obsessionnelle au cas de John qui lui sert de référent pour une étude dans laquelle il a décidé de s'investir ...
À cheval sur trois saisons, le roman est organisé comme une valse à trois temps, tournant autour des trois personnages principaux, Ella, John, Charles, qui donnent le tempo avec des chapitres passants de l'un à l'autre. L'asile donne une unité de lieu entrecoupée de quelques ouvertures sur l'extérieur et le contexte de l'époque. Une histoire d'amour forçant le désespoir qui a le mérite de laisser entrevoir le quotidien d'un asile d'aliénés tel qu'il pouvait exister au début du 20ème siècle, un établissement auto-suffisant avec sa propre ferme et ses services pour assurer le loger-nourrir-blanchir du personnel et des pensionnaires mis au travail pour en assurer le bon fonctionnement. Centrée sur le vécu des trois protagonistes principaux, l'histoire ne cherche pas à explorer tous les recoins de l'asile qui garde ses zones de mystères.
En fin de livre, l'auteur précise qu'il s'agit avant tout d'un roman, surtout pour ce qui est de ses personnages entièrement fictifs, mais qu'elle s'est inspirée de l'histoire de l'un de ses grands-pères et de ces salles de bal qui ont réellement existées et l'ont incitée à se documenter sur les asiles de l'époque. Outre la découverte du système d'enfermement parfois aléatoire et désormais anachronique, ce qui fait le plus froid dans le dos, ce sont sans doute les questions d'eugénisme traitées dans le livre et un peu oubliées en Angleterre où elles ont pourtant été très sérieusement d'actualité et débatues avant la première guerre mondiale sachant qu'à l'époque, le terme "d'aliéné" était souvent assimilé à celui de "pauvreté".
On tourne facilement les pages et le fond de l'histoire est d'autant plus intéressant qu'il permet de mesurer le chemin parcouru dans le domaine de la psychiatrie. On ressent souvent les frustrations des personnages et l'état proche de la folie de celui qui les soigne, on se demande parfois ce qu'est la normalité et ce qui la différencie de l'état d'aliénation ... Je ne peux pas pour autant dire que je me suis laissée complètement emportée par les personnages et leur histoire si bien qu'au bout du compte, le roman vaut pour moi surtout pour ce qu'on y apprend ... ce qui est déjà pas mal !
Titre original : The Ballroom
Titre français : La salle de bal
Auteur : Anna Hope
Première édition : 2016
Extrait du livre :
- Do we not take more care in breeding our animals than we do in breeding our men ?
- The Eugenics movement was split between those who believed in sterilization and those who argued for the merits of segregation (...) (N.B. The root of the word Eugenics comes from the Greek, meaning of noble birth. Is it not most noble, indeed, to work towards the highest good for all ?).
- Unlike music, excessive reading has been shown to be dangerous for the female. It was taught in our earliest lectures : the male cell is essentially katabolic: active and energetic; and female cells are anabolic: there to conserve energy and support life. While a little light reading is fine, breakdown follows when woman goes against her nature.
- It is the view of the Eugenics Society that destitution, so far as it is represented by pauperism (and there is no other standard), is to a large extent confined to a special and degenerate class. A defective and dependent class known as the pauper class. Lack of initiative, lack of control, and the entire absence of a right perception are far more important causes of pauperism than any of the alleged economic causes.

















