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lundi 30 décembre 2019

La femme en vert / Silence of the Grave d'Arnaldur Indridason

Alors que la ville de Reykjavik s'étend, des ossements sont découverts sur un chantier à l'arrêt. Ils datent de l'époque de la seconde guerre mondiale, entourés d'un mystère que l'inspecteur Erlandur et ses deux assistants vont tenter d'élucider. À cette époque, l'endroit était isolé, une colline avec un chalet aujourd'hui disparu et quelques barraquements d'une base battant pavillon anglais puis américain. Les pistes se brouillent autour d'un amoureux épleuré après la disparition de sa fiancée et d'une famille de 3 enfants subissant la violence domestique du père...
Sur le plan personnel, Erlandur est préoccupé par l'état de sa fille Eva Lind à qui il se confie lors de visites quotidiennes à l'hopital alors que la guérison de la jeune toxicomane plongée dans le coma est incertaine.

La réputation d'Arnaldur Indridason n'est pas à faire ; une plongée dans ses polars est la garantie d'un bon moment d'évasion dans une ambiance islandaise. Un scénario bien ficelé tant sur le plan de l'enquête que des personnages récurrents dont on suit l'évolution d'un épisode à l'autre.

La femme en vert/Silence of the grave est une valeur sûre.

Du même auteur, voir aussi :
La cité des Jarres / Jar City (1)
Les nuits de Reykjavik / Reykjavik Nights

Titre français : La femme en vert
Titre anglais : Silence of the Grave
Série Enquête du commissaire Erlendur Sveinsson / A Reykjavik Murder Mystery (2)  
Auteur : Arnuldur Indridason
Première édition : 2002

dimanche 27 janvier 2019

Mémoires de Hongrie de Sandor Marai

Petite plongée dans d'autres temps avec ces mémoires de Hongrie, réminiscences et analyses de l'auteur sur la seconde guerre mondiale, l'invasion Russe et la mise en place du communisme  dans son pays. Dans ce contexte de pillage, de destruction et de disparition d'un monde et d'une société, il évoque la liberté, la place de la littérature et celle d'un écrivain d'une langue minoritaire comme la sienne, celle d'un antifasciste avant guerre qui devient un "ennemi de classe" à l'ère sociétique.

Rédigées par l'auteur près de vingt ans après son exil vers les États-Unis, c'est à la fois un témoignage sur l'absurdité et la déliquescence d'une société broyée par des forces extérieures implacables et le cheminement intérieur de l'écrivain qui, inexorablement, transforme la volonté de rester dans son pays en nécessité de s'exiler. 

Ce fut le moment où je compris qu'il me fallait quitter ce pays, non seulement parce qu'on ne me permettait pas d'y écrire librement, mais surtout parce que je n'avais même plus le droit de me taire librement. 

La liberté n'est pas un état permanent, mais une aspiration continue, que le lavage de cerveau cherche précisement à annihiler.  

C'est un peu par hasard, après avoir lu le dernier gardien d'Ellis Island dans lequel était évoqué un écrivain Hongrois qui avait transité par le centre d'immigration à la fin des années 1950 que j'ai fait quelques recherches et que je suis tombée sur ce livre. Aucun lien entre les deux ouvrages (Sandor Marai n'est sans doute pas passé par Ellis Island), juste un drôle de prétexte pour découvrir une plume que je ne connaissais pas, intéressante, riche d'une vraie réflexion humaniste. Un discours authentique sur la douleur et le prix de l'exil, qui apporte avec lui un vent surané, venu d'une autre époque et d'un monde désormais perdu d'Europe centrale. 

Titre : Mémoires de Hongrie
Auteur : Sandor Marai
Première édition : 1972