dimanche 19 septembre 2021
Et vous, comment vivrez-vous ? / How do you live? De Yoshino Genzaburô
mardi 14 septembre 2021
Âme brisée de Akira Mizubayashi
samedi 22 mai 2021
La république du bonheur de Ogawa Ito
lundi 3 mai 2021
La fille de la supérette (Konbini) / Convenience Store Woman de Sayaka Murata
samedi 10 avril 2021
Le crépuscule de Shigezo / The twilight years de Sawako Ariyoshi
Tokyo / années 1970.
À la mort de son épouse, Shigezo doit être pris en charge par la famille de son fils Nobotushi qui vit dans la maison voisine du pavillon occupé jusqu'alors par les deux anciens. Malgré cette proximité spatiale, Nobotushi, sa femme Akiko et leur fils Satochi, n'avaient aucune idée de la dégénérescence psychique de Shigezo et de sa dépendance, un état qu'ils découvrent, qu'il va leur falloir gérer et qui va bousculer leur quotidien bien rodé et sans temps mort : Notobushi, aux idées et au comportement des plus traditionnels travaille dans une grande entreprise qui occupe tout son temps ; Satochi est lycéen et prépare de façon intensive ses examens d'entrée à l'université ; Akiko jongle entre un travail auquel elle tient et les tâches ménagères qui lui incombent... Mais c'est tout de même sur les épaules de cette dernière que va reposer la responsabilité des soins au vieil homme d'autant plus que celui-ci, après lui avoir mené la vie dure pendant des années, ne semble plus jurer que par elle, il ne reconnait qu'elle.
Entre fugues, réveils au milieu de la nuit, incontinence, isolement et problèmes de garde en journée ou encore un appétit jamais rassasié alors que Shigezo avait l'estomac plutôt délicat autrefois, la vie semble tout d'abord devenir un enfer. Mais Akiko, malgré sa modernité, a le sens du devoir et va se consacrer à l'accompagnement du crépuscule de ce beau-père, l'occasion de comprendre que son problème n'est pas isolé, de s'interroger sur la place de chacun dans la famille et sur sa propre et ineluctable vieillesse tout en développant une certaine tendresse pour celui qui ne semblait pas trop la mériter.
La famille Tachibana nous plonge dans les problématiques de la fin de vie et Sawako Ariyoshi nous dresse encore une fois un magnifique portrait de femme coincée entre tradition et modernité, ainsi qu'une chronique familiale finement observée et rendue, pleine d'humanité et de valeurs universelles. Bien que l'histoire se déroule au Japon dans les années 1970, beaucoup des réflexions et des observations du livre restent intemporelles et totalement d'actualité, me renvoyant à ma propre expérience. J'ai beaucoup aimé ce livre sur un thème difficile et pas franchement rigolo mais traité de main de maître, une valeur sûre, une auteure "classique" qui ne m'a jamais déçue.
dimanche 13 décembre 2020
Kaé ou les deux rivales / The Doctor's Wife de Sawako Ariyoshi
mercredi 9 septembre 2020
Les dames de Kimoto / The River Ki de Sawako Ariyoshi
Japon, fin du XIXè siècle aux années 1950
Hana a 20 ans lorsqu'elle quitte sa grand-mère Toyono qui l'a élevée, pour se marier. Après les derniers rituels au temple, elle descend la rivière Ki en grande pompe pour rejoindre la famille du mari qui a été choisi pour elle, un propriétaire terrien, l'aîné d'une famille, un bon parti. Nous sommes à la fin du XIXè siècle à une époque charnière car le Japon est entré dans l'ère Meiji en faisant le choix de la modernité et Hana, une enfant de son temps, a tout à la fois fréquenté l'école secondaire et reçu une éducation classique pour maitriser les arts ménagers et artistiques - littérature, musique, cérémonie du thé, etc. Calme, diplomate, respectueuse des traditions, Hana se met au service de sa nouvelle famille, de la carrière de son mari, moins cultivé qu'elle mais prometteur et dévoué à sa région.
jeudi 28 mai 2020
La papeterie Tsubaki de Ogawa Ito
Japon, époque contemporaine.
À Kamakura, Amemiya Hatoko a repris la papeterie de celle qu'elle appelait "l'aînée" et qui l'avait initiée dès son plus jeune âge à la calligraphie et au métier d'écrivain public ; une grand-mère très rigoureuse contre laquelle elle s'était révoltée adolescente avant de partir explorer le monde sans jamais la revoir avant son décès.
Été, Automne, hiver, printemps,
au fil des saisons,
dans sa petite boutique traditionnelle ombragée d'un camélia géant,
la jeune femme reprend le flambeau et l'exercice du seul métier auquel elle a été préparée,
celui de “femme à tout faire du pinceau" :
Cartes de vœux, lettre de condoléances, billets doux, missive "banale", lettre de refus, lettre du paradis, etc., chaque commande est unique et fait l'objet d'un travail chaque fois renouvelé : il faut trouver le bon texte, la bonne formulation mais aussi les bons outils, les supports appropriés, l'écriture qui convient pour traduire parfaitement la pensée, le coeur, la personnalité et l'objectif de celui qui la passe. Ces exercices amènent la jeune femme à mieux comprendre l'héritage qu'elle a reçu, qui elle est en se réconciliant avec elle-même, alors que se tisse progressivement, autour d'elle, une nouvelle vie, de nouvelles relations.
Un livre plein de douceur qui m'a rappelé "les délices de Tokyo" de Durian Sukegawa. que j'avais tout autant adoré. Ce roman soulève avec délicatesse un bout de voile sur le monde inattendu du métier d'écrivain public, son rapport à l'écriture, la psychologie qu'il recèle. Je me suis attachée aux personnages, tant principal que secondaires et à leur petit monde de Kamakura, balisé au fil des saisons par des rituels qui semblent immuables et indifférents au monde touristique drainé par les sanctuaires de cette station japonaise réputée.
Une plongée hors temps avec ce livre en forme de friandise qui fond doucement sous la langue comme un délicieux bonbon dont on garde encore longtemps après l'avoir fini le goût avec soi. ♥️♥️♥️
Tirés du livres :
Voir aussi :
Les délices de Tokyo de Durian Sukegawa
Titre : la papeterie Tsubaki
Auteur : Ogawa Ito
Première édition : 2016
dimanche 21 janvier 2018
Les délices de Tokyo de Durian Sukegawa
Chez Doraharu on prépare et on vend des dorayaki, des confiseries japonaises confectionées avec deux petites crêpes fourrées de an, de la pâte de haricot rouge. À proximité d'un cerisier qui rythme les saisons, l'échoppe vivote, tenue et gérée sans grande passion par un Sentaro qui se rêvait écrivain mais qui travaille là pour payer une dette à la suite d'errements de jeunesse.
Un jour, Tokue, une vieille femme aux mains toutes tordues lui propose ses services pour confectionner la pâte de haricot rouge afin de remplacer la version industrielle "sans âme" qu'il utilise. Il refuse mais la vieille dame est persévérante, elle sait "écouter les haricots" pour préparer une pâte sans pareil et puis s'il pouvait augmenter son chiffre d'affaires, Sentaro pourrait peut-être rembourser plus rapidement ses dettes. Commence alors une collaboration "sous condition" dans laquelle chacun trouve son compte tout en gardant ses secrets même si des liens plus profond finissent par se développer avec en corollaire, des transformations personnelles et la levée des mystères ...
Une douce histoire d'amitié et de solidarité, pas forcément très gaie, avec ses leçons de vie intergénérationnelles et un thème sous-jacent, celui de la maladie et de l'ostracisme qui, à une époque pas si lointaine, pouvait signifier une exclusion totale de la société, une situation qui a pu perdurer "de fait" alors qu'elle n'avait plus lieu d'être, portée par l'habitude, la peur et l'ignorance.
Une histoire à la douceur toute simple, facile à lire, rythmée par le cycle des saisons du cerisier. Un livre que j'ai ouvert au bon moment et une ambiance que j'ai appréciée parce qu'elle constituait une bonne transition, sans prise de tête, après un roman particulièrement dur (Le moine aux yeux verts).
Un petit délice sans prétention, à déguster comme tel !
[Nota : je n'ai pas vu l'adaptation cinématographique qui en a été faite - 8 nomination à Cannes 2015 - mais en lisant le livre, j'avais en tête des images du film "printemps, été, automne, hiver, printemps..." du Coréen Kim Ki-duk, magnifique esthétiquement mais qui m'avait finalement pas mal ennuyé par sa lenteur ... Du coup, même si j'ai relativement apprécié le livre, je ne suis pas certaine d'avoir envie d'en voir le film.]
Titre : Les délices de Tokyo
Auteur : Durian Sukegawa
Première édition : 2013
Prix des lecteurs Poche 2017







