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samedi 19 octobre 2019

Serving Crazy with Curry d'Amulya Malladi

 

Californie.

Après sa rupture avec son dernier petit ami en date, un homme marié, Devi est seule. Elle a en outre perdu un bébé au cours d'une grossesse gardée secrète et elle vient d'être licenciée... la jeune femme est au fond du trou et tout va si mal qu'elle ne voit pas d'autre issue que le suicide.
Elle est sauvée in extremis par sa mère Saroj, la personne qui l'exaspère le plus au monde.

Après sa sortie de l'hôpital, elle n'a pas le choix et doit réintégrer le foyer de ses parents qui ne comprennent pas le geste de leur fille, d'autant moins que Devi se tait et se terre dans le silence. Elle va toutefois prendre le pouvoir dans le domaine jusqu'alors entièrement réservé de sa mère, la cuisine, pour concocter des plats plus succulents les uns que les autres, reflets de son état d'esprit du moment, alors qu'autour d'elle, la famille pourtant disfonctionnelle fait corps... En se régalant !
Un cercle composé de :
Saroj, mère au foyer qui voudrait que tout soit toujours si parfait qu'elle en est insupportable pour tout son entourage et s'en oublie, nostalgique de son Inde natale quittée pour suivre son mari quand ses filles étaient petites.
Avi, le père, archétype de l'entrepreneur qui a réussi ; il illustre le rêve américain mais a renoncé à l'harmonie de son couple et "tient" grâce à des lettres à cœur ouvert qu'il garde pour lui.
La grand-mère maternelle en visite, ancienne complice de Devi et en conflit quasi permanent avec sa fille ; elle vit habituellement en Inde où elle a eut un parcours singulier de médecin, femme indépendante qui divorça dʼun homme violent pourtant idéalisé par Saroj qui a mal supporté de grandir comme une "enfant de divorcés" stigmatisée.
La sœur, Shobba, la "fille parfaite“ au parcours professionnel sans faute, mariée selon la tradition par présentation ; contre les apparences, elle est en réalité coincée dans un couple en souffrance et sans perspectives d'enfant du fait de sa stérilité.
Le beau-frère, Girish, professeur à Stanford, sérieux et un peu froid, il semble jouer les témoins dans cette drôle de famille.

Une sorte de huis clos à six personnages au cours duquel bien des abscès vont être crevés, la tentative de suicide agissant comme catalyseur d'une thérapie familiale jusqu'aux rebondissements finaux plutôt inattendus.

Une auteur que j'aime bien, qui commence seulement à être traduite en français pour ses deux derniers livres alors que ses romans plus anciens, comme celui-ci, peut-être plus limités à la sphère familiale, dénotent déjà d'une belle qualité d'écriture.
Une histoire à découvrir en se léchant les babines !

Du même auteur, voir aussi :
Song of the Cuckoo bird
The Mango season
Le foyer des mères heureuses / A House for Happy Mothers
Une bouffée d'air pur / A breath of fresh air

Titre original : Serving crazy with curry
Pas (encore) de traduction française. 
Auteur : Amulya Malladi
Première édition : 2004

mercredi 24 avril 2019

Compartiment pour dames / Ladies Coupé d'Anita Nair

Inde. 

Très jeune, Akhila a du s'occuper des autres sans que ceux-ci se préoccupent de ses besoins ou de ses aspirations. Ainsi, à la mort de son père, elle a du assumer seule la charge de famille, s'occuper de sa mère, de ses jeunes frères et de sa soeur pour assurer leur éducation et les marier. Le temps a beau passer, sa condition de femme célibataire et ses obligations ne lui laissent toujours aucune liberté. Un jour, elle ment à sa famille et prend pour la première fois le train seule pour se rendre dans une station balnéaire afin de réfléchir, le temps d'un week-end. Dans le compartiment de nuit réservé aux dames, les autres femmes, d'âges et de condition variés, vont partager avec elle leur histoire et alimenter sa réflexion.

Le portrait d'Akhita est celui d'une femme aux aspirations intrinsèquement et résolument modernes. Ses compagnes de voyage donnent un panorama plus panaché et nuancé d'une société indienne encore très archaïque dans laquelle les femmes restent très dépendantes des hommes et des conventions sociales.

Ce n'est peut-être pas un "très grand" roman mais c'est un bon livre, agréable à lire, un huis-clos féminin intimiste porteur d'une certaine dose d'universalité par une auteur indienne vivant dans son pays. 

Titre original : Ladies Coupé
Titre français : Compartiment pour dames
Auteur : Anita Nair
Première édition : 2001

mercredi 16 janvier 2019

The sandalwood tree d'Elle Newmark


En Inde. Deux périodes, 1947 et 1857.
En 1947, un jeune couple américain - Martin et Evie - s'installe en Inde avec leur fils. Vétéran de la seconde guerre mondiale, Martin est historien et il a reçu une bourse pour suivre et documenter la mise en place de l'indépendance du pays. Evie s'est imposée avec leur petit garçon pour l'accompagner en espérant que ce changement de cadre sera propice au couple qui bat sérieusement de l'aile depuis la fin de la guerre.

La relation du couple est tendue, les époux ne communiquent plus et le contexte de partition qui attise la violence entre hindous et musulmans ne favorise pas les choses. Un jour, Evie découvre des lettres cachées derrière une brique descellée de sa cuisine. Intriguée, elle va chercher à en savoir plus sur leurs auteurs, deux femmes non conventionnelles qui ont vécu dans la même maison qu'elle quatre-vingt dix ans plus tôt, en 1857 et qui vont la renvoyer à une autre époque d'instabilité, celle de la révolte des cipayes considérée par les indiens comme la première marche vers l'indépendance.  

Un couple et une famille dans la tourmante, deux périodes en mirroir, des histoires d'amours non conformistes, un traumatisme profond dont on finira par saisir le pourquoi et une magnifique évocation de l'Inde et de son peuple dans toute leur complexité.

Une lecture facile et agréable, combinant intelligemment romance et aspects géographiques et historiques, tout ce que j'aime ! 

Titre original : The sandalwood tree
Titre français : pas encore de traduction française
Auteur : Elle Newmark
Première édition : 2011

mardi 29 mai 2018

Song of the cuckoo bird d'Amulya Malladi

Dans la baie du Bengale, l'ashram de Tella Meda forme une communauté religieuse vivante autour de son gourou, une femme que les fidèles viennent consulter et solliciter quotidiennement. Les offrandes laissées par les adeptes permettent de faire vivre la collectivité de laissés-pour-compte qui a trouvé refuge auprès d'elle, une orpheline, la fille d'une prostituée, un père qui porte la culpabilité du suicide de sa fille, une veuve, une femme battue qui s'est enfuie, etc. Des personnages pour la plupart considérés par les gens de l'extérieur comme tout en bas de l'échelle sociale, acculés au fond d'une voie sans issue et dont on va suivre l'histoire du début des années 1960 jusqu'au virage du siècle alors que les rapports des uns avec les autres vont évoluer et que chacun porte ses propres rêves et ses espérances dans une Inde qui se transforme.

Ce roman offre une chronique intéressante de l'Inde moderne avec un rappel à chaque début de chapitre des événements historiques marquants de la nouvelle période qui s'ouvre, guerres, élections, assassinats, etc. Beaucoup de personnages féminins variés avec des aspirations différentes, celle qui aurait pu partir mais refuse de quitter les murs de la communauté et le regrettera, celle qui intrigue pour partir mais se retrouve prise au piège de ses manipulations, une gourou qui n'a pas choisi son destin et aurait pu être une simple femme, etc. Des femmes de différentes origines qui changent, murissent, intriguent, aiment, vieillissent et un roman couvrant de nombreux sujets, l'évolution de la condition des femmes, la question des castes, du mariage, de l'autorité, de l'éducation.      

Au final toutefois, j'ai eu plus de mal avec cette histoire qu'avec les trois autres de cet auteur lues et appréciées précédemment. Le rythme et l'écriture m'ont paru moins fluides, sans doute du fait d'un nombre important de personnages auxquels on a parfois du mal à s'attacher. Le livre n'en reste pas moins enrichisssant pour l'éclairage donné à un aspect particulier de la société indienne, cette vie d'exclues dans un ashram, une communauté aux dimensions très humaines.

Du même auteur, voir aussi :
The Mango Season
Une bouffée d'air pur / A breath of Fresh Air
Le foyer des mères heureuses / A House for Happy Mothers

Titre anglais : Song of the cuckoo bird
Pas encore de traduction française
Première édition : 2005

dimanche 13 mai 2018

The Mango Season d'Amulya Malladi


Priya a quitté l'Inde à l'âge de 20 ans pour aller étudier aux États-Unis. Sept ans plus tard, elle retourne pour la première fois dans son pays d'origine avec l'intention d'annoncer à sa famille ses fiançailles avec Nick, un jeune américain avec lequel elle partage déjà sa vie. Elle ne sait comment présenter les choses et sait qu'elle va terriblement décevoir ses proches.
De son côté, la famille attendait son retour avec impatience et voudrait profiter de l'opportunité de cette visite pour faire des présentations dans l'espoir de lui trouver un mari ...

Une histoire à dévorer comme les mangues qui sont prétexte à une tradition annuelle, la préparation de conserves par tous les membres de la famille qui se réunissent à cet effet. Alors que rien ne semble avoir changé, il faut que Priya se réadapte aux conditions locales, à la chaleur, à la saleté, au chaos ambiant et aussi et surtout au poids des conventions sociales et familiales.
Malgré ses bonnes intentions, les frictions anciennes refont rapidement surface, notamment dans la relation qu'entretient Priya avec sa mère et puis l'entourage ne semble préoccupé que par une seule chose, le mariage des uns et des autres préalable à l'émergence d'une nouvelle génération. Il y a par exemple celui de l'oncle Arnand qui s'est marié sans l'accord de ses parents à une jeune femme d'une autre région, par amour. Malgré ses efforts pour essayer de s'intégrer, sa jeune épouse en paye les conséquences, ostracisée dans sa belle-famille qui n'a pas apprécié d'avoir été mise devant le fait accompli.
Dans ces conditions, comment Priya, va-t-elle pouvoir faire part de son intention d'épouser un étranger ? Comment choisir entre l'amour de son fiancé et celle de sa famille ?    

Un roman pour plonger au coeur d'une famille indienne contemporaine avec ses problématiques générationnelles, au travers de la vision d'une jeune indienne moderne, éduquée et indépendante qui doit confronter les siens et affirmer sa position. Une jeune femme qui fait le choix d'assumer seule et pleinement l'annonce de cette nouvelle avec une alternance au niveau du récit entre ce qui se passe dans la famille et les échanges téléphoniques et mail avec son fiancé resté aux États-Unis.

Une troisième livre d'Amulya Malladi que j'ai encore une fois beaucoup apprécié, bien écrit et sonnant juste.

Du même auteur, voir aussi :
Une bouffée d'air pur / A Breath of Fresh Air
Le Foyer des mères heureuses / A House for Happy Mother

Titre anglais : The Mango Season
Pas encore de traduction française
Auteur : Amulya Malladi
Première édition : 2004

mercredi 25 avril 2018

Une bouffée d'air pur / A breath of fresh air d'Amulya Malladi


En Inde.
La jeune Anjali est prête à se marier quand on lui présente Prakash, le beau et jeune sous-officier de l'armée qui devient son époux. Mais son mariage de conte de fées ne tourne pas comme elle l'avait prévu et lorsque, au retour d'une visite à ses parents, son mari oublie de venir la chercher à la gare de Bhopal, sa vie est bouleversée par l'explosion de l'usine chimique d'Union Carbide. Anjali va survivre mais exige de divorcer malgré les stigmates des conventions sociales associées à une telle procédure.
Des années plus tard, Anjali a refait sa vie avec Sandeep mais elle va de nouveau croiser la route de son ancien mari lorsqu'il est posté dans la ville où elle enseigne, une rencontre qui fait ressurgir, pour les uns et les autres, les démons du passés alors que Amar, le fils d'Anjali et Sandeep est gravement malade ... 

Un roman qui nous plonge dans une société indienne encore profondemment traditionaliste où la place des femmes est bien marquée mais dans laquelle l'héroïne a, à un moment donné, plus ou moins réussi à briser les conventions en préservant les apparences. Ce livre est marqué par deux événements de 1984 qui ont ébranlé l'Inde : l'assassinat d'Indira Gandhi par ses gardes Sikhs avec les représailles et la division religieuse qui en ont suivis et bien sûr, l'épouvantable tragédie de l'explosion de l'usine chimique de Bophal portée par Anjali. L'histoire est la sienne mais le point de vue change parfois pour donner voix à Sandeep et à Prakash.

Je me suis laissée emporter par le récit et sa galerie de portraits, le personnage fort d'Anjali qui ne cesse de se heurter aux préjugés et à la tradition règlant la vie indienne en pesant jusqu'au coeur de l'intimité, mais aussi les hommes aux profils parfois totalement opposés sans être pour autant figés, la belle-soeur acariâtre condamnée par sa condition de veuve sans enfant, les parents coincés par le quand dira-t-on, la nouvelle femme de Prakash et le garçon malade.
Une grande finesse et une justesse d'écriture qui nous permettent de bien saisir les carcans de cette société avec des scènes frappantes et très fortes comme celle de la nuit de noce ou celle des parents qui continuent à faire porter "la faute" sur leur fille même après les confessions du gendre qui veut la dédouanner ou encore, celle de l'échange des deux femmes de Prakash sur le marché, la seconde épouse en venant à excuser son mari auprès de la première qui, incroyablement, y trouve alors la libération, etc. 
Il y est question de haine et d'amour, d'apparences, de compassion, de pardon et de rédemption avec au coeur de toute cette histoire, celle d'un enfant malade qui focalise tous ces sentiments et qu'on accompagne en espérant, avec des larmes lorsqu'il réclame une simple bouffée d'air frais.

Après deux livres, je suis vraiment séduite par cet auteur qui combine ce que j'aime dans les livres, un aspect romanesque combiné à la découverte d'éléments d'une culture et/ou de l'Histoire et/ou de questions sociétales. Une bibliographie à suivre.

Voir aussi :
Le foyer des mères heureuses / A House for happy Mothers
 
Titre anglais : A Breath of Fresh Air
Titre français : Une bouffée d'air pur
Auteur : Amulya Malladi
Première édition : 2002

Extraits du livre :
-My parents had been quite clear about that. I had to at least be "BA pass" to get a decent husband, and if I didn't get married a year after I finished the three-year course, I would have to do a master's in a subject of my choice. "Your chances will be better with an MA" Mummy would say. "Better the education, better the husband."
- We both knew why I was dressing up for the birthday party of a two-year-old, but we didn't say anything. It was understood that these things were better left unsaid, in case the match didn't work out. 
- I knew the basics of sex and my mother, despite my protests, had explained the process. Her rules were simple : lie down and let him do whatever he wants to do. "A woman doesn't have to enjoy sex. There is nothing to enjoy really. It is the means to have a baby and men like it," she had said.
- She was a widow, a pariah in society. She was going to live like this for the rest of her life. Nothing was going to change. She was forever going to be a burden to someone. (...) Society forgave widows for their husbands' deaths, but they didn't forgive women like me, who let their husbands go on purpose.    
- It was the curse of the society. The woman was to blame. Always ! If she was raped, it was her fault. If she was beaten, it was her fault. If her husband cheated on her, it was her fault.

vendredi 13 avril 2018

Le foyer des mères heureuses / A House for Happy Mothers d'Amulya Malladi


Priya est américano-indienne, mariée à Madhu avec lequel elle partage une vie confortable en Californie. Après plusieurs fausses couches et l'échec des féconditions in-vitro, la jeune femme se désespère de devenir mère. Il ne lui reste qu'un espoir, le recours à la GPA (Gestion pour Autrui). Une fois son mari convaincu, ils lancent le processus en ayant recours aux services d'une clinique spécialisée située en Inde, dans la région d'où son mari est originaire.

Asha est indienne. Elle est mariée et maman de deux jeunes enfants dont un garçon surdoué à qui elle voudrait pouvoir offrir une éducation et des perspectives que sa pauvreté laissent difficilement entrevoir. Elle-même déjà mère de plusieurs enfants, sa belle-soeur a loué son ventre et gagné suffisamment d'argent pour acheter un appartemment moderne à sa famille et elle convainc Asha de faire de même : après tout, il ne s'agit que de louer son ventre le temps d'une grossesse, de gagner une grosse somme d'argent et de profiter pendant le dernier trimestre des avantages du "foyer des mères heureuses" où les jeunes femmes sont prises en charge, exemptées de toutes tâches ménagères en bénéficiant d'un temps pour elles, de cours, de massages et d'un suivi médical jusqu'à l'accouchement.

D'un chapitre à l'autre et le temps d'une grossesse très particulière, de la conception à la naissance, on va suivre la vie et le parcours émotionnel de ces deux femmes aux personnalités attachantes, reliées par ce bébé attendu par l'une, porté par l'autre. On y appréhende, pour chacune, les implications pour le couple, vis à vis des amis, de la famille et de l'extérieur en général.           

La GPA est interdite en France mais il ne faut pas leurrer, elle n'en existe pas moins à l'échelle de la planète alors ce livre est une bonne introduction pour en saisir toutes les dimensions, médicales, morales, économiques et humaines. Un sujet abordé du point de vue de chacune des deux femmes (et aussi, de celles du foyer), une épreuve et des espoirs vécus différemment d'un côté comme de l'autre mais tout aussi intensément et humainement. Même si le ton est parfois inégal, c'est fort, on souffre, on comprend, on compatit, on partage le ressenti de chacune de ces deux femmes, on pourrait être l'une, on pourrait être l'autre.

J'ai aimé ce livre qui sonne juste, sans jugements de valeurs, écrit en anglais par une auteur indienne éduquée aux États-Unis, mariée à un Danois et installée dans le pays de son mari. Amulya Malladi a déjà plus de six ouvrages à son actif dont plusieurs traduits en français, une découverte intéressante, à poursuivre.

Titre original : A house for happy mothers
Titre français : Le foyer des mères heureuses
Auteur : Amulya Malladi
Première édition : 2016

Extraits du livre :
- Priya l'avait inondé de mails pour le convaincre que la maternité de substitution était une méthode sûre, qui s'était révélée d'une grande efficacité pour beaucoup de couples comme eux, et, plus important, que l'argent qu'ils verseraient à la mère porteuse aiderait sa famille et améliorerait sa qualité de vie. 
- Ils ne voyaient pas cette méthode comme une forme d'exploitation des pauvres, mais comme le moyen pour eux d'avoir un petit-fils ou une petite-fille tout en offrant à une autre famille la possibilité de vivre mieux. 
- "On a signé un contrat ; c'est notre boulot d'être intelligente et de ne pas s'attacher à ce qui ne nous appartient pas" (...) Mais alors elle posait la main sur son ventre, elle se demanda comment une femme pouvait être indifférente à la vie qui se développait en elle. (...) "Ce bébé n'est pas à toi. On te l'a mis dans ton ventre et tu es juste une machine qui le fait grandir. Tu n'es pas une mère pour lui."
- Sa philosophie était simple : puisqu'elle ne gagnerait jamais à la loterie, le gestation pour autrui était sa loterie. Elle avait juste à fournir un petit effort pour remporter le gros lot ; mais le jeu en valait la chandelle. 
- Leurs familles leur manquaient, l'humiliation de devoir mentir à tout le monde au sujet de leur grossesse, l'ambiguïté de porter un bébé avec lequel elles n'avaient aucun lien - non, vraiment, elles n'étaient pas heureuses dans ce foyer des mères heureuses. 
- Ils sont peut-être pauvres, mais j'imagine qu'ils ont les mêmes émotions que nous.
- On est comme des coolies, on porte la valise de quelqu'un pendant un moment (...) et une fois arrivées à destination, on la remet à son propriétaire et c'est terminé.  
- Sush comprenait ce qu'éprouvait Priya - un mélange de culpabilité, de responsabilité et de volonté de prouver qu'elle était une bonne personne.