mercredi 31 mai 2017

L'art d'écouter les battements du coeur / The Art of Reading Heartbeats de Jan-Philipp Sendker


Le lendemain de la remise du diplôme de droit de sa fille, le père de Julia, Tin Win, part en voyage et disparait. Quatre ans plus tard, après la découverte de lettres d'amour non envoyées à une certaine Mi-mi à Kalaw, ville d'origine de son père en Birmanie, Julia décide de partir à sa recherche, munie de ces seuls indices.
Quant elle débarque à Kalaw, U-ba l'aborde. Dans un café, ce vieux birman l'attendait. Elle ne l'a jamais vu mais il semble tout savoir d'elle. Il veut lui raconter l'incroyable histoire de Tin Win. La jeune femme doit brider son impatience et sa méfiance pour prendre le temps de l'écouter. Est-il possible que le personnage dont U-ba lui dresse le portrait soit reconciliable avec le père qu'elle croyait connaitre ? Où est-il et quand va-t-elle pouvoir le revoir ?

C'est un livre que j'avais repéré parce qu'il faisait l'objet d'une sélection pour discussion dans un bookclub* et qui m'a tout de suite tentée parce que l'histoire se passe en Birmanie, un pays que j'affectionne. Ce livre est avant tout l'histoire d'un amour inconditionnel qui transcende le temps et l'espace avec pour décor principal cette petite ville birmane de Kalaw, avant la seconde guerre mondiale. L'écriture est agréable, parfois assez poétique, avec beaucoup de sensations faisant appel aux sens "annexes" à la vue, en particulier les sons, bref, il se lit très vite et bien ...
MAIS
... en le terminant, je ne suis pas satisfaite et je reste finalement sur ma faim.
Alors oui, c'est une belle histoire, un peu trop belle sans doute, presque un conte. Oui, on appréhende le décalage culturel entre le monde occidental et l'oriental, et encore .... Oui c'est plutôt bien écrit.
Pour le reste, non, non, non, certains éléments de l'histoire sont absurdes que ce soit la connaissance aussi détaillée de son sujet par le narrateur, les périodes de la guerre et de l'après-guerre balayées en quelques lignes seulement ou les non-réponses pour la famille américaine quand on met dans la balance cet amour inconditionnel et le sens exarcerbé du devoir de son personnage ... et je ne parle pas de l'adresse de Mi-mi...   

Bref, c'est un peu comme du Levy ou du Musso qui peuvent vous embarquer dans une histoire qu'on ne lache pas mais dont il ne reste au final, absolument rien si bien que j'ai délibérement et depuis longtemps choisi de ne plus les lire. Du coup, je m'interroge sur les suites à donner à cet auteur sachant qu'il a écrit deux autres livres, une suite au personnage de Julia avec un retour en Birmanie et un roman se déroulant à Hong Kong... 

Titre anglais : The Art of Hearing Heartbeats
Titre français : L'art d'écouter les battements du coeur
Auteur (allemand) : Jan-Philipp Sendker
Première édition : 2012

 * Nota : à la différence de mes groupes d'échanges de livres, dans ces bookclubs anglophones, les participants lisent tous le même livre pour en discuter ensemble lors de la rencontre. 

lundi 29 mai 2017

Ma grand-mère vous passe le bonjour / My grandmother asked me to tell you she's sorry de Fredrik Backman


Elsa est une petite fille solitaire de 7 ans, presque 8. Particulièrement éveillée, sensible et curieuse, elle est souvent persécutée par ses camarades d'école. Sa seule amie est sa grand-mère, personnage excentrique et non-conformiste qui sait toujours l'apaiser en l'emmenant dans un monde de contes construit pour elle. Quand sa grand-mère meurt d'un cancer, Elsa est lancée dans une sorte de course au trésor qui lui ouvre de nouvelles perspectives sur les personnages qui vivent dans son entourage, sur le sens des histoires qui l'ont bercée jusque là et la frontière bien mince qui peut exister entre le fantastique et la réalité ...

Au départ, du fait des longs développements sur le monde des contes partagé par Elsa et sa grand-mère, j'ai eu un peu de mal à entrer dans le livre. Au fil des pages, je me suis finalement laissée porter et entrainer. On s'attache à cette petite fille, à sa spontanéité, à ses peurs, aux personnages qui se dévoilent et tissent autour d'elle un filet relationnel protecteur où chacun laisse tomber les apparences pour révéler sa fragilité dans une sorte de conte des temps modernes.

Dans la lignée des livres de la littérature scandinave contemporaine tels que Le mec de la tombe d'à côté de K.Mazzeti que j'avais adoré ou Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire de J.Jonasson, plus déjanté, agréable à lire mais qui m'avait moins enchantée.

Titre français : Ma grand-mère vous passe le bonjour
Titre anglais : My grandmother asked me to tell you she's sorry  
En anglais, publié aussi sous le titre : My grandmother sends her regards and apologies
Auteur (suédois) : Fredrick Backman
Première édition : 2013
(Titre original : Min mormor hälsar och säger förlåt)

samedi 27 mai 2017

Le braconnier du lac perdu / Chess Man de Peter May




Quand on aime, on ne compte pas ....

Et hop, dans ce troisième volume de la trilogie écossaise, Peter May nous emmène une dernière fois sur l'île de Lewis en mêlant intimement les dessous d'une enquête à la vie de son personnage, Fin McLeod. Celui-ci s'est retiré de la police pour vivre sur l'île où il est désormais employé par un grand domaine de pêche pour faire la chasse aux braconniers dont le plus habile est Whistler, son meilleur ami d'enfance, un anticonformiste. Ils sont ensemble lorsqu'ils retrouvent l'épave d'un avion échoué au fond d'un loch dans lequel repose un corps, sans doute assassiné, a priori celui d'un autre ami d'enfance, le musicien d'un groupe célèbre disparu sans laisser de traces 17 ans en arrière  ... Au fil des réminiscences, Fin va finir de confronter les démons de son passé, en particulier ses relations avec les trois femmes de sa vie.

Et puis bien sûr, au passage, un peu d'histoire avec l'évocation de la catastrophe du HMY Lolaire. Ce  navire ramenait chez eux des soldats démobilisés à la fin de la première guerre mondiale quand il éperonna, le soir du réveillon du 1er janvier 1919, des rochers et coula à quelques encablures du port en faisant 205 morts et seulement 40 rescapés. Un épisode douloureux et particulièrement traumatisant pour la population de cette île ...   

Nota : Peter May est écossais, il vit en France. Au départ, les éditeurs anglais refusèrent son manuscrit de la trilogie écossaise et la traduction française fut donc publiée en premier, avant l'édition anglaise.
 
Titre original : Chess Man (Lewis trilogy #3)
Titre français : Le braconnier du lac perdu (Trilogie Écossaise - Tome 3)
Auteur : Peter May 
Traduction : Jean-René Dastugue
Première publication : 2013

Voir aussi :
L'île des chasseurs d'oiseaux /Blackhouse de Peter May
L'Homme de Lewis / Lewis Man de Peter May

mercredi 24 mai 2017

L'homme de Lewis / Lewis Man de Peter May



Toujours hanté par la mort tragique de son fils de 8 ans, Fin Mcleod a démissionné de la police pour revenir s'installer sur l'île de Lewis où il veut essayer de se reconstruire. Mais rapidement ses talents d'enquêteur sont de nouveau sollicités quand un corps parfaitement préservé est retrouvé dans une tourbière et qu'un lien de parenté formel est établi avec le père sénile de Marsaili, son amour d'enfance. Suspect principal, le vieil homme n'est plus capable de communiquer, coincé dans son monde et habité par un passé dont sa famille n'a aucune idée. Quelques indices ténus permettront à Fin de tirer les fils pour tenter de déméler l'écheveau de ce passé douloureux ...  

Aussi passionnant que le premier volume et une évocation de l'île de Lewis toujours aussi magistrale. Cette fois, l'auteur nous fait découvrir une autre facette historique, celle des "homers", orphelins et enfants abandonnés que l'église catholique envoyait sur ces îles perdues de l'Écosse, totalement livrés au bon vouloir des familles qui les prenaient en charge. 

Titre original : The Lewis Man (Lewis trilogy #2)
Titre français : L'Homme de Lewis (Trilogie Écossaise - Tome 2)
Auteur : Peter May 
Traduction : Jean-René Dastugue
Première publication : 2011

Voir aussi :
L'île des chasseurs d'oiseaux /Blackhouse de Peter May
Le braconnier du lac perdu / Chess Man de Peter May

dimanche 21 mai 2017

L'île des chasseurs d'oiseaux / Blackhouse de Peter May


Dix-huit ans que Fin Mcleod n'est pas revenu sur l'île de Lewis, la plus grande île des Hébrides extérieures au nord de l'Écosse où il a grandit. Mais l'inspecteur n'a pas le choix, après un mois d'arrêt suite au décès de son fils de 8 ans, fauché par une voiture, il doit reprendre le travail et se mettre à disposition d'une équipe enquêtant dans l'île pour un meurtre dont le mode opératoire ressemble à celui d'un autre crime commis à Édimbourg dont il s'occupait avant que le destin l'accable.

Plus qu'une enquête, commence alors un véritable retour aux sources de l'histoire personnelle de l'inspecteur sur une terre rude et austère aux traditions qui le sont tout autant. Tout y passe : amours, parents, amis, langues, école, église, traditions, rivalités, solidarité et au coeur de tout ça, un terrible secret ...

Je n'ai tout simplement pas lâché le livre !
L'histoire est bien construite et nous tient en haleine jusqu'au dénouement final. Mais plus que ça, j'ai aimé la façon dont l'auteur nous fait découvrir toutes les facettes de cette île où la vie est/était particulièrement difficile que ce soit du fait de la terre, du climat ou des hommes qui pourtant y restent profondément attachés. On comprend et on apprend aussi beaucoup de choses comme cette tradition ancestrale des "chasseurs d'oiseaux", douze hommes qui chaque année se rendent pendant quinze jour sur An Sgeir, une île-rocher perdue au milieu de l'Atlantique, pour "récolter" des oisillons des fous de Bassan qui y nichent. À une époque, c'était une question de survie, aujourd'hui c'est un met d'exception pour les habitants et aussi une sorte de rite de passage, une tradition cruelle mais qui, au grand dam des écologistes, est maintenue dans un cadre réglementé parce qu'elle garde un sens.

Une belle évocation qui a fait glisser Lewis sur ma liste d'envie, un lieu à voir, un jour, peut-être...

Titre original : The Black House (Lewis trilogy #1)
Titre français : L'île des chasseurs d'oiseaux (Trilogie Écossaise - Tome 1)
Traduction : Jean-René Dastugue
Auteur : Peter May
Première publication : 2009

Voir aussi :
L'homme de Lewis / Lewis Man de Peter May
Le braconnier du lac perdu / Chess Man de Peter May  
 
 

lundi 15 mai 2017

Hadji Mourad et autres contes de Léon Tolstoï


J'ai lu ce livre à la suite d'une constellation de phénomènes vitaux d'Antony Marra parce qu'un des personnages y avait fait allusion et qu'il m'avait donné envie de le découvrir. Je ne suis pas sûre que la traduction dans la version que j'ai lue soit très moderne et serve entièrement le texte du fait de tournures parfois désuètes et quelques coquilles.

Inspirée du personnel réel, chef et guerrier redoutable et redouté surnommé "le diable rouge", l'histoire est celle des derniers mois de Hadji Mourad (ou Murad) tels que les a imaginés Tolstoï, à partir du moment où le chef caucasien donne son allégeance aux Russes jusqu'à sa mort.
L'histoire raconte, sans concession, la rencontre de deux sociétés et cultures qui n'arrivent pas à se comprendre du fait notamment de la méfiance qu'inspire aux russes la soumission d'Hadji Mourad....

Une lecture intéressante qui éclaire des problématiques actuelles, non seulement en Tchétchénie mais aussi, de façon plus universelle.

Les autres contes ne m'ont pas particulièrement marquée. 

Nota : Hadji Mourad m'a rappelé le livre la dernière nuit du Raïs dans lequel Yasmina Khadra imagine la dernière nuit de Mouammar Kadhafi. 

Hadji Mourad et autres contes 
Auteur : Léon Tolstoï
Traduction française : Jean Fontenoy
Première édition : 1912

samedi 13 mai 2017

Anatomie de l'esprit / Anatomy of the spirit de Caroline Myss


Dotée de capacités exceptionnelles de perception et d'intuition relevant de la médecine des énergies, l'américaine Caroline Myss est capable de diagnostiquer, même à distance, les causes émotionnelles et psychologiques des maladies. Depuis des dizaines d'années, elle exerce, pratique avec des médecins et organise formations, cours et colloques considérant que chacun a la capacité de développer sa propre intuition.

Dans cet ouvrage elle donne des clés pour comprendre de quoi il relève afin que chacun puisse prendre en charge sa santé émotionnelle, énergétique et physique qui forment un seul et même tout.
Elle y montre que les sept forces spirituelles et physiques du corps humain sont connues depuis longtemps et qu'elles existent dans trois des grandes traditions spirituelles, que ce soit les sept chakras de l'hindousime, les sept sacrements du christianisme ou encore les sept branches de l'arbre de vie de la Kabbale. Une présentation globale et la synthèse en sont faite en première partie du livre.

Viennent ensuite des éléments plus détaillés et plus pratiques où elle reprend chacune de ces sept forces, une par une, afin de les identifier précisemment en indiquant la façon dont elles peuvent agir sur nous. Caroline Myss illustre ses propos de nombreux exemples issus de sa pratique en terminant chaque chapitre par des questions, celles qu'on a pas toujours envie de se poser mais par lesquelles il faut parfois passer pour débloquer ce qui l'est afin de permettre au corps et à l'esprit de retrouver santé et plénitude.

Ce n'est pas un roman ... une lecture que je n'ai donc pas faite d'une traite mais en prenant mon temps. Un ouvrage de référence que je garde comme tel, intéressant dans le domaine du développement personnel et qui met en avant la capacité de chacun à se régénérer par l'harmonie de l'esprit et du corps. 

Titre original : Anatomy of the spirit, the seven stages of Power and Healing
Titre français : Anatomie de l'esprit, le sens psychologique et énergétique des maladies
Auteur : Caroline Myss
Première édition : 1996

Plus d'infos :
Site de Caroline Myss  ICI

mercredi 10 mai 2017

Precious and Grace d'Alexander McCall Smith



Dans cette dix-septième enquête, les truculentes Precious Ramotswe et Grace Makutsi sont chargées par une cliente canadienne de retrouver une ancienne nounou et une maison qu'elle n'a pas revues depuis trente ans, depuis qu'elle a quitté le Botswana où elle a passé ses premières années  ...
L'occasion de retrouver tous les personnages qui accompagnent ces deux héroines depuis le début de la série - M.Matekoni le mari garagiste de Mma Ramotswe, leurs enfants adoptés Motholeli et Puso, etc. - avec bien sûr l'incontournable Mma Potokwane, l'amie directrice de l'orphelinat et un coup de projecteur sur l'honnête M.Polopetsi, enlisé dans de sombres combines de commerce triangulaire, l'apprenti mécanicien Fanwell adopté par un chien errant sans oublier l'incontournable et ambitieuse Violet Sephoto.

Fan inconditionnelle de Mma Ramotswe depuis le début de la série, je ne manque jamais la sortie d'un nouvel opus pour retrouver et suivre ses personnages parfois caricaturaux mais combien attachants. Un rendez-vous qui est toujours un petit plaisir même si les épisodes sont inégaux et qu'il faut toujours passer par les rappels de mise en situation, nécessaires, mais à la longue un peu répétitifs.
Je ne me lasse pas encore de ma bonne Mma Ramotswe, de son bon sens reposant sur des valeurs simples et traditionnelles dans un monde qui change avec un côté parfois plus ou moins discrètement moralisateur qu'on appréciera ...ou pas.

Titre original : Precious & Grace
Titre français : Precious et Grace (à paraître, septembre 2017)
17ème volume de la série Nº1 Ladies' Detective Agency (Mma Ramotswe)
Auteur : Alexander McCall Smith
Première édition : 2016

Note : 
1 - Je lis cette série en V.O., une lecture facile en anglais qui est toujours une petite parenthèse légère. Pour faire partager cette série avec l'un de mes anciens groupes de lecture, j'ai eu l'occasion d'acheter et de lire un exemplaire en version française. J'avais trouvé la traduction un peu décevante, certains mots ou éléments n'apportant pas la même richesse sur l'ambiance propre à l'Afrique et au Botswana si bien que je recommande, lorsque c'est possible, de préférer la lecture en version originale.
[Par exemple le "busch tea" de la version anglaise que Mma Ramotswe consomme sans modération évoque bien la brousse et la savane alors que la traduction par "thé rouge" n'a pas tout à fait la même capacité d'évocation en version française.]
2 - Compte tenu du côté un peu "addictif" de cette série, je résiste encore et toujours aux autres livres et séries de cet auteur-professeur de droit-auteur écossais pour le moins prolixe et prolifique ...

lundi 8 mai 2017

Je dirai malgré tout que cette vie fut belle de Jean d'Ormesson








Je dirai malgré tout que cette vie fut belle
Auteur : Jean d'Ormesson
Première édition : 2016



Touchée !

Même si le nom de Jean d'Ormesson est familier et plutôt porteur de sympathie, c'est la première fois que j'ouvre un de ses livres. Non sans dérision, il y consigne un procès qui se déroule entre son Moi (sur-Moi) et son Moi, entre le juge et l'accusé. L'occasion pour l'auteur de se dévoiler, "né avec une cuillère en or dans la bouche", il raconte sa famille, son éducation, son milieu, son enfance à Munich au moment de la montée du nazisme, puis en Roumanie et au Brésil avant le retour en France, le château de famille, le lycée, les études, normalien parce qu'il ne sait pas ce qu'il veut faire sinon ne rien faire, écrivain, journaliste, à l'UNESCO, au Figaro, à l'académie française. Une vie comme une bulle de savon, faite de multiples rencontres avec un parti pris certain pour le bonheur et la joie de vivre.
Mais l'auteur finit par minimiser ce parcours qui n'est rien d'autre qu'une tranche de vie sans grande importance face aux mystères de l'univers dont celui du temps qui nous défini mais qu'on ne peut pas définir. Il nous livre alors une réflexion plus profonde sur les choses simples et importantes de sa vie, l'eau, la lumière, qui l'amènent, en conclusion d'un livre et d'une vie, à partager ses trois seules certitudes ...   

J'ai aimé ce livre pour ce qu'il nous apprend de l'auteur et pour le message qu'il partage avec nous, l'air de rien, en toute sincérité et humilité, sous l'éclairage d'une vie riche passée très vite.
L'écriture est belle, légère, pleine d'humour avec l'impression parfois de saisir l'oeil pétillant de l'auteur qui s'amuse et qui, à plus de 90 ans* reste un homme heureux, croquant la vie jusqu'au bout, pour le temps qui lui est donné.

Note :
* Jean d'Ormesson est né en 1925.

Quelques citations du livre :
- Ma mémoire est pleine de trous et, si beaucoup de mes romans sont en fait des souvenirs, mes souvenirs, à leur tour, ne sont guère que du roman. 
- Les hommes ne sont grands que par leurs rêves et leurs convictions. 
- La durée intérieure est un oiseau sauvage. Le temps de l'ennui passe beaucoup plus lentement que le temps de la joie. Le temps de l'amour comme une flèche; le temps du chagrin, un escargot.
- Le temps est tout. Mais il n'est rien. C'est un autre nom de l'univers. L'espace existe, et il peut être dominé. Le temps n'existe pas, et il est invincible. 
- Les gens sont plus heureux aujourd'hui qu'ils ne l'étaient hier. Mais ils ne le savent pas. Ce n'est jamais mieux avant. Ni pire. C'est sans fin la même chose. 
- Je me désole de mon absence à mes propres funérailles. Un peu de gaieté fera défaut.

mardi 2 mai 2017

No Home / Homegoing de Yaa Gyasi ♥♥♥






Titre original anglais : Homegoing
Titre édition française : No Home
Auteur : Yaa Gyasi
Traduction française : Anne Damour
Première édition : 2016



Magistral !

Au départ, Maama l'africaine, deux vies, deux filles qui lui sont arrachées dont on va suivre la descendance sur 7 générations en Afrique et aux Etats-Unis : la première, Effia la belle, aura une vie confortable de concubine du gouverneur anglais avec lequel "commercent" les tribus locales Fantis et Ashanti qui s'enrichissent en fournissant des esclaves; la seconde, Esi, arrachée à sa tribu lors d'un raid est une "pièce" de ce commerce envoyée par delà l'océan ...

Les chapitres s'enchaînent en alternance et en parallèle, on passe d'une branche à l'autre, d'une génération à la suivante, de l'Afrique à l'Amérique en abordant au travers du destin de chacun des personnages des éléments du contexte propre à chaque époque. Chaque chapitre est comme une capsule, un tout, le maillon d'une chaîne qui avance. Des portraits de personnages forts, bien étudiés et bien rendus, intégrés à leur époque et soumis à un destin qu'ils ne peuvent pas maitriser et qui les malmène. C'est par le vécu qu'on partage ces ballotements du temps.
Une vaste fresque familiale et historique sur trois siècles, absolument remarquable sur tous les plans, bien écrit et agréable à lire.

Une jeune auteur américaine d'origine ghanéenne pleine de talent, à suivre !

Citations du livre:
- The family is like the forest : if you are outside it is dense ; if you are inside you see that each tree has its own position. 
- Weakness is treating someone as though they belong to you. Strength is knowing that everyone belongs to themselves.
- The Ruin of a Nation Begins in the Homes of Its People, (...) from an old Asante proverb.
- History is storytelling.

Nota :
1- Le choix du titre français est un peu étrange (No Home soit "Pas de maison") ... Pourquoi garder l'anglais en changeant le titre alors que ça ne rend plus le même sens ???   (Homegoing a plutôt le sens de "rentrer à la maison").
2 - J'ai lu le livre dans sa version originale alors je me demande ce que vaut sa traduction en français compte tenu de ma remarque précédente ...